Joaquim Löw et le dopage

« Je voudrais voir tous les noms dans les journaux, qu’ils soient rendus publics. Je voudrais que l’AMA (Agence mondiale antidopage) et la Fifa où quiconque diligente les contrôles nomment Pierre, Paul ou Jacques ».

Récemment, le sélectionneur de la mannschaft Joaquim Löw, s’est exprimé sur les propos du juriste canadien Richard McLaren tenus sur la chaine allemande ARD. McLaren soupçonne les footballeurs russes d’être tous dopés. Samedi 24 juin, le Guardian et le Mail on Sunday ont affirmé communément que la sélection russe était dopé lors du dernier mondial disputé au Brésil.

Joaquim Löw s’est cru en situation de pouvoir utiliser une tribune pour proclamer  l’impérieuse nécessité d’en finir avec le dopage qui sévit dans le monde du football, tout en réclamant que les noms des joueurs russes supposément incriminés soient révélés en place publique. En termes de foutage de gueule, on ne fait pas mieux. Löw a tenu ses propos en Russie alors que la sélection allemande dispute la Coupe des Confédérations.

Les propos de McLaren ne sont que des suppositions, le Canadien n’a aucune preuve formelle de ce qui l’avance, peu importe, Löw poussé par sa fédération et la diplomatie de son pays en arrière-plan a revêtu les habits de procureur général.

La Fifa a tenu à préciser que tous les joueurs ayant participé à la Coupe du monde 2014 ainsi que tous les membres de l’équipe russe avaient subi des tests avant la compétition et après les matches qui se sont tous révélés négatifs.

Évidemment, la détection et la mise au ban d’équipe qui utilise des produits dopants interdits par le règlement ne sont pas la priorité de la Fifa, tout va dans le meilleur des mondes.

La sortie de Löw à quelque chose de déjà vu, le sélectionneur de la mannschaft fait penser à Yannick Noah qui se posait des questions au sujet des sportifs espagnols, mais c’est son fils qui s’est fait attraper par la patrouille pour absorption de  LGD-4033…

Il faut être irréprochable quand on commence à accuser les autres. Löw et tout le football allemand sont mal placés pour exiger des noms, une pratique que certains ont du mal perdre de l’autre côté du Rhin.

Le football allemand n’a aucune leçon à donner aux autres nations, car le dopage fait partie intégrante de son histoire, d’hier à aujourd’hui, c’est culturel !

En attendant, la sélection espoirs a disposé de son homologue espagnol sur le score d’un but à zéro en finale du Championnat d’Europe espoir. La mannschaft à défaut d’avoir été meilleure dans le jeu a démontré des dispositions supérieures sur le plan physique face à ses adversaires, une habitude…

La suite au prochain épisode…

Yves Alvarez

7 Comments

  1. Je crois surtout que, lorsqu’il s’agit d’accabler la Russie – ou tout autre pays émargeant à certain axe du mal -, l’on ne s’embarrasse plus guère du moindre scrupule discursif ou élément factuel, que du contraire…

    Dernier avatar du genre, tiens : la Russie finance et soutient le djihadisme, ça ne manque pas de sel mais, oui, ça vient de sortir! (je n’ai par contre rien lu pour l’étayer, mais puisque cela relève du discours d’autorité…)

    MacLaren, « indépendant »? Ah le beau cache-sexe que voilà…!

    Ceci étant dit, que la Russie poursuive un programme de doping est évidemment probable ; il est même à peu près certain qu’ils y mettent les bouchées doubles vu leur manifeste souci de reprendre place sur la scène sportive internationale……………..mais, question : que diable ne fut aussi disert ledit MacLaren, à l’heure par exemple des soudains exploits du cyclisme britannique? Que faisait-il de son « indépendance »?

    Voici sa carte de visite : https://www.mckenzielake.com/our-people/richard-mclaren

    Löw? C’est un apparatchik…

    • Et ce n’est pas la victoire sans panache (équipe B, la belle affaire), en Coupe des Confédérations, qui amenuisera d’un peu les leçons de l’immaculé Joachim Löw…

      J’attends avec impatience cette WC russe ; l’impression qu’on va y atteindre le pompon en matière de para-discours à oeillères…

  2. Politisation extrême de ses dossiers, d’où la riposte du groupe de hackers russes « Fancy Bears » qui à dévoiler que plus d’un sportif US ou Brit, en athlé notamment, étaient dopés….

    • Fancy Bears… Un ours avec un masque « Anonymous » (je viens de regarder), quel logo… :o)

      Et l’impression qu’on trouve vraiment de tout derrière ces histoires/nébuleuses d' »Anonymous », ça part dans tous les sens ce truc : couvertures étatiques, pseudo-subversifs, artisans rigolards, cyber-pirates idéologisés ou non, pro-x aussi bien que pro-y…

      M’enfin, tant que ça fait ressortir des trucs des poubelles : ça me plaît! Car s’il fallait compter sur un Löw ou sur l’agence internationale du dopage pour avoir vision intelligible et équilibrée des choses……………..

  3. Oui jeu de dupe pour naifs : le sport pro c’est le dopage industriel. Tous les discours venant de sportifs est à prendre avec humour et dérision.

    « il faut plus de contrôles »
    « on est trop contrôlé »
     » il y a beaucoup de dopage »
    « il n’y a pas de dopage »

    Finalement le grotesque rencontre le réel et tout devient illisible. Le débat est faussé. A part pour certains défenseurs acharnés d’une certaine morale ( je pense à un certain docteur..) tout le reste n’est que politique et petits arrangements. l’Allemagne ( du moins l’une de ses chaines) parle du dopage des footballeurs brésiliens : c’est bien mais quand on connait le pédigrée teuton…

    Après Yves l’Espagne en matière de dopage… ne nous fâchons pas mais voilà quoi… ( cela ne veut pas dire que les autres nations sont clean , elles tolèrent plus ou moins la chose mais là on a de l’obstruction étatique… cela dit il n’y a pas que des sportifs espagnols de concernés… bref…)

  4. Faudrait par contre que nos amis russes pensent à sérieusement augmenter la quantité ou la qualité de leurs produits d’ici à l’année prochaine, et même avec ça, pas sur qu’ils passent le 1er tour, d’autant que rien ne sera fait au niveau de la FIFA pour leur faciliter la tâche, et certainement pas l’arbitrage…

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