Unai Emery, victime de son savoir

Ce que certains pensaient ou espéraient a eu lieu. Cette remontada était attendue par bien des professionnels de l’information de l’hexagone, mais laissons de côté cet aspect et analysons ce qui n’a pas marché durant cette soirée, que nos meilleures plumes ont qualifiée d’historique.

Unai Emery

Suite à la prestation du match aller, il est logique de se poser certaines questions sur le coach basque du club parisien. Son plan de bataille à échoué, pourquoi ?

Unai Emery est un entraineur dogmatique, il n’est pas du genre à ranger ses certitudes au placard, c’est un coach qui à une longue expérience du jeu, il connait les moindres uses et coutumes du football ibérique, et c’est là que se trouve la faille d’Emery. Après avoir brillamment réussi à mettre en pratique son plan de jeu lors de la première confrontation entre les deux clubs – les Barcelonais n’étaient pas venu pour faire du tourisme -, Emery savait que rien n’était encore joué, rien de définitif. Emery connait la musique, une rencontre dure 90 minutes et un tas de choses peut arriver en fonction du contexte du à l’adversaire.

Emery a deux options à sa disposition. La première est d’occuper le milieu de terrain, mettre le pied sur le ballon et empêcher les Catalans d’approcher des dix-huit mètres parisiens ce qui permet de ne pas trop s’exposer aux coups de pied arrêtés. La deuxième consiste à laisser l’initiative aux joueurs blaugrana et de défendre dans les trente derniers mètres tout en opérant en contrattaque, c’est l’option que choisit le coach basque.

Emery commet une erreur que l’ont peut qualifier de presque logique, il est persuadé que le Barca va être féroce et qu’il vaut mieux garder la tête froide, d’éviter les accrochages et les multiples provocations au milieu de terrain et ainsi jouer toute la partie à onze. Emery a peur de l’arbitrage, il sait par expérience que son équipe n’a rien à attendre en terme de parité venant du corps arbitral durant cette soirée.

Emery n’a qu’un seul souci, il veut éviter à son équipe de rentrer dans l’engrenage d’un match haché, ce que les joueurs de Barcelone attendent. Emery choisit la mauvaise solution, en étant trop précautionneux, il transmet sa peur à ses joueurs, l’ensemble de l’effectif parisien est tétanisé incapable de la moindre initiative positive, la formation parisienne ne rentre pas dans le match, elle se contracte et sombre en douceur.

Le premier pénalty est une sorte de mise au pas. Le moindre contact est sifflé, le PSG joue à onze contre douze, malgré le but de Cavani qui assomme certains joueurs catalans, le Barca s’accroche, car une fois de plus Emery hésite à lancer ses remplaçants dont Javier Pastore pour porter le cuir, il reste sur la défensive et refuse de se projeter dans la bataille pour tuer le match quitte à s’exposer à des contres meurtriers.

La fin de la rencontre donne raison à Emery, l’arbitre remet les joueurs catalans dans le sens du but et achève le PSG. Emery n’a pas préparé ses joueurs à la guerre, à rendre coup pour coup. Le pénalty accordé à Suarez doit entrainer un pugilat, peu importe les expulsés et non de simple protestation. Le club parisien est tellement soucieux de son image qu’il en est ridicule dans des moments clés. Par cette apathie, le PSG a donné l’occasion à son adversaire du soir de lui marcher dessus.

Emery a commis une lourde erreur sur le plan tactique, mais son choix était guidé par ce qu’il savait de ce type de rencontre face à l’adversaire du soir, il fallait coûte que coûte une première, Emery victime de son propre savoir…

L’arbitrage

Il a joué un rôle prépondérant dans cette rencontre, car il fallait une première. L’ensemble des médias européens à l’exception de la presse tricolore a pointé du doigt Monsieur Deniz Aytekin et ses assesseurs pour ses décisions en faveur du club catalan. Certains pensent à juste titre que le fait de voler une rencontre ou pratiquer l’intimidation physique sur un terrain de football est un art, un savoir-faire dur à acquérir.

Nous sommes loin de cet acquis du côté du Camp Nou, la vulgarité et la rapine se confondent avec l’histoire du club blaugrana depuis toujours, et puis cette entité politico-sportive fleuron de l’oligarchie des clubs européens, n’a que faire des bonnes manières, ou plus simplement des lois du jeu les plus élémentaires.

L’environnement

Comme c’était attendu, beaucoup de supporteurs de l’hexagone ont cru bon célébrer la victoire du FC Barcelone du fait de leur haine envers le club de la capitale ou bien en fonction de la sacrosainte rivalité. La stupidité n’a pas de frontière, bien que marseillais, je ne peux me réjouir d’une telle débâcle, car je sais par expérience que n’importe quel autre club de l’hexagone aurait été traité de la même manière !

Le plus inquiétant demeure le niveau des médias dans son ensemble, on peut  se réjouir de l’élimination du club parisien pour certaines raisons, si c’est dans les règles, mais d’encensé l’adversaire pour sa performance du soir résume cette presse à l’image du seul grand quotidien national qui traite de l’actualité sportive.

Yves Alvarez

Yves Alvarez

31 Comments

  1. Au niveau de l’arbitrage, je pense qu’Emery a bien résumé les choses lors de sa conférence de presse avant Lorient : « Le PSG manque de respect en Europe. » Dans les compétitions nationales, c’est plutôt le PSG qui est avantagé par l’arbitrage. Dans les compétitions européennes, il est plutôt désavantagé. Comme disait Tapie après la fameuse main de Vata : « Maintenant, je sais comment on gagne une coupe d’Europe. » L’UEFA et ses arbitres sont plus enclins (pour le moment) à protéger des Bayern, des Barça, des Real que le PSG…

    Concernant les réactions françaises, Paris est assez peu aimé dans ce que les Parisiens appellent « la province ». Et puis le PSG est contrôlé par des étrangers. Quant aux journalistes sportifs, ils sont largement acquis à la cause du Barça. Comme, je crois, ils étaient largement acquis à la cause du Real des « Galactiques » ou celle du Manchester de « Sir Alex »… Ils vont là où la vague les porte, cherchant à se convaincre qu’ils influencent ce qu’ils appellent « l’opinion ». De manière générale, les journalistes (et pas seulement sportifs) sont convaincus d’avoir un rôle majeur dans la formation de « l’opinion publique ». J’en doute de plus en plus fortement. Mais à force de méthode Coué ils ont non seulement réussi à s’en convaincre, mais à en convaincre beaucoup de monde !

    • Je connais ce discours de « pas assez respecté ». Je n’y adhère pas, car il sous-entend qu’il existe une hiérarchie et donc…

      Le problème ne vient pas des clubs moyens ou petits, mais bel et bien de quelques clubs qui pensent pouvoir tout se permettre, le tout sous la tutelle de l’Uefa. C’est une façon de signifier à l’ensemble,  » très bien vous participer aux compètes, mais l’élite concerne un nombre restreint de clubs ».
      Il faut reformer l’Uefa en totalité, les gros clubs peuvent hurler, menacer de faire leur super league, personne ne suivra, ils sont atteints par un narcissisme, une arrogance et une prétention qui a plus que duré.
      Tout club qui participe à une compétition européenne se doit d’être arbitré dans les règles, peu importe l’importance supposée de l’adversaire.
      Un point important, il faudra mettre en place une autre grande réforme concernant l’arbitrage, mais on sent bien qu’il n’y a aucune volonté à l’Uefa de faire quoi que ce soit.
      Il ne faut pas se tromper, Leicester par son comportement n’est pas un problème, ses opposants, hum hum…

      • Je n’adhère pas forcément à son discours, qui est assez cynique, mais il résume bien le problème. D’autant plus que le PSG a l’habitude d’être avantagé en Ligue 1 : contre Nancy, le penalty était assez généreux…

  2. Je comprend ton ressenti Yves, et même si je ne cache pas que l’élimination de Doha m’a fait assez plaisir, je n’ai moi-même pas compris tout ce tintamarre médiatique autour du Barça, « club légendaire », »qui rentre encore plus dans l’histoire », « plus grande équipe de l’histoire… »

    Je crois qu’on a touché le summum de la connerie et de la bêtise crasse dans l’Emission de l’Equipe21 lorsqu’un des « consultants », supporters avéré et totalement impartiale du Barça est parti défiler à poil dans les rues de Paris le soir de la « remuntada » historique, arrivé à ce niveau de stupidité, mon Dieu…

    • Je n’ai pas compris sur le coup de quel zozo tu parlais……Je ne regarde pas toujours l’Équipe 21, mais ça va, j’ai vu, bon c’est comme ça, c’est une grande gueule, il joue les animateurs parce que en matière d’analyse, hum hum…

      • Autant Eric Blanc peut être excellent pour parler rugby, autant il est pitoyable dès que l’on parle foot, à fortiori du Barça.
        C’est vrai que « L’équipe du soir », et son succédané « L’équipe-type » , c’est l’inculture portée à son paroxisme.

  3. Haine du club de la capitale, pour expliquer la joie de nombreux Français? C’est fort probable, je ne suis pas français…mais j’en dirais de ne pas négliger la passion qu’inspire à beaucoup le FCB, et chez bon nombre d’entre eux la mauvaise foi!

    De génération en génération, ce club tend à passer entre les gouttes malgré, effectivement, des casseroles invraisemblables et répétées en la matière… Idem du reste concernant les autres clubs-oligarques ; en sus des affinités électives, la conformité sociale fait loi, si bien qu’il y aura toujours, je le crains, du monde pour défendre l’indéfendable.

    « Parti défiler à poil », mon dieu mon dieu… C’est quoi, cette émulation du pire?

    Et tiens, Carbo, puisque tu en causais ailleurs : je viens d’entendre Pauwels évoquer une remuntada pour Monaco, lol… Le sensationnel est donc désormais de remonter deux buts ; ils ne savent plus quoi inventer, tout de ce football est désormais bradé…

    Pauwels, donc? Je crois que tu le surestimes, ce bête type ne doit sa place à l’écran qu’à son caractère de beauf (le supp vulgaire se retrouvera en lui) et à son réel quoiqu’incompréhensible entregent… Je ne le regarde jamais, mais sur le coup j’ai observé à quel point ce pauvre type (qui fait aussi de la télé-réalité marshmallow) passait son temps, tandis que ses acolytes lui répondaient, à les nier, préférant constamment fixer la caméra de son regard le plus bovin… C’est pathétique mais le mot d’ordre de sa chaîne privée (la RTBF ne vaut désormais guère mieux, note…) étant de flatter les plus bas-instincts – confessions recueillies auprès de deux employés de cette chaîne : « je sais qu’on donne de la merde aux gens, mais que veux-tu : y a que ça qui marche »… Voilà d’ailleurs une doctrine que je ne partage pas, j’ai bon souvenir du…rejet! massif de la tv-reality et de la trash-tv, quand ces logos ont fait leur apparition courant 90’s… Le discours médiatique a tiré les masses vers le bas, non point s’est abaissé à elles!

    Pauwels, ce qui me fait marrer sinon : c’est qu’à l’écouter il connaît tout l’Eurofoot, aurait un carnet d’adresse invraisemblable…alors que son expérience, c’est quoi? Scout/recruteur douteux pour des clubs belges de faible envergure, puis fugacement à Monaco… Jean Carmet avait plus de classe, quand il jouait sur le pathos pour refiler ses vieux coucous et sa gnôle, dans je ne sais plus quel film français si typique des 70’s (« Comment réussir quand on est vieux, moche et con », bazar du style?? »)…

    Ce post-football et ses relais misent sur la bêtise crasse, champ dans lequel ce barnum me paraît d’ailleurs inégalable? Ben raison de plus pour leur laisser ce choix, et miser sur autre chose ; la roue finit toujours par tourner (même si, pour l’instant, on n’en finit plus de sombrer…)…

    • Tiens Alex, j’espère que t’a le cœur bien accroché:
      https://www.youtube.com/watch?v=JKBt-gnqBqQ

      Émulation du pire ? Je crois que ton message ici rejoint également ceux que tu a posté sur le papier d’Yves sur le formatage télévisuelle en Espagne et ce qu’apporte l’adoption de ultra-libéralisme par les élites à leurs sociétés, en plus de la peur, de la démoralisation et du repli sur soit: l’abrutissement de masse…
      Ben oui, un peuple d’idiots ne se rend pas compte que la doctrine de sa « démocratie » qui régit sa vie publique et politique est bien plus fachiste que n’importe quel régime dictatoriale, ou la propagande en défilés militaire est laissé à la publicité télévisuelle…

      Tu parle dans l’article précédant de « guerre culturelle » et de changement spectaculaire du spectateur européen, en étudiant un peu plus profondément votre histoire d’après guerre via quelques auteurs et sociologue comme Clouscard, Lefebvre et Debord (je te rejoint Alex, moi aussi je devait me forcer de lire du Bourdieu et du McLuhan à la Fac, quel calvaire, heureusement que mon instinct m’a vite détournée vers d’autres « pistes », quoique McLuhan avait une certain talent…).

      Bref, tout ça pour dire que j’aime beaucoup la piste post-war qui veut que le Plan Marshall ne fut pas sans conséquence culturel et idéologique pour vous… Que ce soit en terme d’identité culturel que de génie propre aux peuples européens.
      Cela fait 70 ans que les peuples d’Europe sont envahie d’impérialisme culturel US: codes vestimentaires, séries TV (Ah si l’URSS avait eu Hollywood…), gastronomie, moeurs, musique (j’adore le swing et le cool-jazz ainsi que le bebop et Iggy Pop, mais me faire avaler qu’Eminem, Britney Spears ou Beyoncé, ce serait du génie, on va pas me la faire a moi, c’est pourtant ce genre de « modelés » qui sont imposés chez vous depuis 70 ans…).

      Ben je pense tour simplement que cette culture du spectacle et du résultat qui vous a été imposé vient de cette colonisation idéologique et est la cause de cette transformation du spectateur européen.

      Enfin, je dit chez vous, mais nous ne sommes pas tellement mieux loties en Amérique du Sud, chaque pays soumis idéologiquement à l’oncle Sam en paye aujourd’hui les conséquences culturelles et identitaire, les deux exemples les plus tragiques étant bien évidemment la Colombie et le Brésil, et ce dans tout les domaines de la sociétés: telenovelas a deux balles suivie par des millions de ménagères prolétaires fantasmant sur des personnages tous plus grotesques et débiles les uns que les autres qui ne font que chialer dans leurs immenses villas, que jamais ces bonnes femmes ne pourront se payer; interventions chirurgicales à base d’injections de botox dans les fesses et la tronche, gonflage des seins pour ressembler aux vulgaires grognasse de ses telenovelas, petite criminalités professionnalisé et largement institué à partir des années 60 (dois-je rappeler les chiffres de la criminalités au Brésil et en Colombie ?), peur de la vie dans tout les sens du terme (se faire tuer, spéculer, déclasser, enlever, rançonner, déloger…). Bref, on n’a pas de leçons à vous donner, je crois…

      Et pareil avec l’Argentine de la fin 90’s-début 00’s, quand ce pays est brutalement entrer dans une phase néo-libérale et néo-conservatrice totalement expérimentale ou le paraître et la superficialité étaient devenus les maître mots d’une société qu’on avait habitué à un (trop ?) haut mode de vie, la chute n’en fut que plus brutal, et l’Argentine n’est toujours pas prête de s’en remettre…

      J’adore cette anecdote par contre, lors de la première élection de Chavez en 2002 au Venezuela (oui, il me manque, le Commandante…), alors que le Vénézuela avait été envahie depuis bien plus longtemps que sa voisine colombienne d’impérialisme culturelle yankee via les chaines TV, radio, journaux, infos, pub (et l’idéologie qui allait avec, d’ou le fort taux de criminalité toujours présent las-bas…) 1ére décision de Chavez; promotion des arts et cultures vénézuélienne dans la TV et les lieux publique, ça donnait parfois des moments absolument mythique, ou après plus d’une heure de débat sur la société, la politique intérieur, l’économie ou l’éducation nationale, il finissait toujours ses discours télévisuelles par une petite musique llanera. Me souviens que l’Uruguay avait lié pas mal de liens avec le Venezuela à cet époque la, et l’on recevait grâce à ça les chaines bolivariennes de Caracas à Monevideo. J’avais donc eu la chance d’assister à cette scéne mythique en direct ou Chavez chantait une chanson pour sa fille Maria (avant de cliquer, imagine toi par exemple si Elio Di Rupo ou François Hollande se mettait à reprendre en cœur une chanson d’un chanteur populaire locale type Brel ou Ferré aprés un discours politique pour promouvoir les artistes locaux…): https://www.youtube.com/watch?v=z90T2qVqHKs

      • Alex ? Tu oublie que Pauwels a ramené Ferreira-Carrasco a Monaco ! Ça fait 5 ans qu’il s’en targue et nous fais croire qu’il a du nez grâce à cette « prise », personnage assez pathétique, je suis assez d’accord avec toi..

        • Ah, Le Corbusier…

          Les marseillais n’ont toujours pas digéré la cité radieuse, Yves ? ^^

      • Carbo, si « impérialisme culturel US » il y a, on peut même le faire remonter avant 45. Un exemple : la propagande communiste a violemment critiqué les accords Blum-Byrnes de 1946, mais le cinéma étasunien tenait déjà une place écrasante dans les années 1920 en France. A tel point que des quotas avaient été introduits. Et puis lorsque Zay valide la création du festival de Cannes en décembre 1938, c’est aussi (et peut-être surtout) pour satisfaire les studios américains qui ne peuvent plus présenter leurs films à la Mostra.

        • D’accord avec ça, Nicolas.

          En fait, j’aurais une espèce de position médiane entre vous tous ; car pour vous compléter peut-être, rayon propagande par les arts, il y a en Europe un affermissement spectaculaire de ces biais dès la fin de WW2, le Congrès pour la Liberté de la Culture (officine de la CIA) est par exemple institué à Paris en 1950, date à laquelle il entreprend aussitôt d’orienter voire de remodeler toute la vie intellectuelle sur le continent. Parallèlement, le Plan Marshall était conditionné, entre autres choses, à une ouverture des salles européennes au cinéma hollywoodien.

          Rayon TV européennes, je garde de mon adolescence le sentiment d’un glissement spectaculaire dans les 80’s (rien que ces jeux-TV vantant le consumérisme, d’origine US, qui envahirent soudain le créneau horaire de midi)…puis d’un basculement total à compter de la chute du Mur.

          Yves évoque un avant et un après Nixon?? Là j’ai besoin que tu m’éclaires, Yves : que visais-tu?

          L’impérialisme culturel US a sa part de responsabilité bien sûr, on ne peut le contester. Mais il y eut des raisons plus endogènes aussi ; après tout et sur un plan plus politique, le visage qu’a aujourd’hui pris l’intégration européenne existait déjà en germes, entre-deux-guerres, dans les écrits de l’un ou l’autre idéologues européens.

          • Et merci d’avoir anticipé ma question pour le continent sud-am, Carbo!

            Irruption des tele-novelas, création de toutes pièces des liens factices et improbables d’entre certain « American way of life », d’une part, et solde du monde de l’autre… : on retrouve ces biais partout ainsi donc…et ça marche, terrible!

            Dans ces histoires et pour l’Europe, je crois décidémzent que les US ont trouvé matière à s’entendre avec certain fond de commerce européen… Marketing socio-culturel, manipulation de masse, psychologie des foules… : il y a l’US (quoique né en Autriche) Bernays, certes…mais avant lui il y eut le Français Le Bon aussi! Ou, dans l’Allemagne de Bismarck, ce Kulturkampf mobilisé notamment pour tuer dans l’œuf socialisme et syndicalisme… Post-war, la pax americana en Europe ne manquait pas de cordes européennes à ajouter à son arc ; nous autres, Européens, ne manquons hélas de démons endogènes.

          • « L’impérialisme culturel US a sa part de responsabilité bien sûr, on ne peut le contester » : merci Alexandre d’avoir rappelé que nous sommes des sujets agissants, j’ai eu l’impression pendant 10 minutes d’être un de ces Noirs-Africains soi-disant victimes passives du « néo-colonialisme ».

            • Citation tronquée, pardon. Et c’est la fin qui est utile : « L’impérialisme culturel US a sa part de responsabilité bien sûr, on ne peut le contester. Mais il y eut des raisons plus endogènes aussi »

        • Impérialisme US ? Vous tirez trop rapidement des conclusions en fonctions des positions de X ou Y. évidemment, les US sont un empire et de culture anglo-saxonne de surcroit, mais quand est-il de la machine hollywoodienne ?

          Lors de l’avènement du parlant, un studio émerge et domine le ciné US durant plus de trente ans, le studio MGM. Les films ? La grosse majorité des productions s’adressent à un public urbain US imprégné par la culture européenne = immigration.

          Le studio Universal de par 80% de ses prods s‘adressait à un public yankee, fin 60’s début 70’s, les choses basculent, la MGM glisse à la dernière place des majors et Universal et sa prod yankee à la sauce Spielberg prend le leadership.

          Période Nixon ? Ca coïncide, c’est un fait, avec Nixon, les US sont rentrés dans une ligne directrice, du temps des Truman, Eisenhower, Kennedy et même Johnson, on n’est dans la politique, la vraie, un pas en avant , un pas en arrière, un pas à gauche, un pas à droite, etc etc…..Avec Nixon, finit le pragmatisme, c’est linéaire et depuis les US n’en sont pas sortis…

          Quand est-il du sport US ? la NFL est un exemple que le pragmatisme existe toujours tant bien que mal aux US……Football pur et glamour cohabite au pays du roi dollar, Dallas et Green-Bay sont le meilleur exemple, alors que chez nous ? Nous sommes passé à un football ou le moindre espace culturel doit disparaitre, uniformisation totale, comme quoi…

          • Merci pour ces précisions, très intéressant ce que tu rapportes de ce glissement opéré au sein de l’industrie cinématographique US!

            Ton dernier paragraphe (ta dernière phrase, tout particulièrement)? Ben, pour moi, la tentation totalitaire est malheureusement une vieille passion européenne – « démons endogènes », proposais-je.

            « culture anglo-saxonne de surcroit »? J’évoquais plus haut le Kulturkampf de Bismarck, lequel était précisément aussi (voire surtout?) une affirmation de cette pensée contre celle dominant dans les terres catholiques du Sud, fraîchement intégrées au Reich ; avec le Kulturkampf, les Cathos devinrent d’ailleurs peu ou prou des citoyens de seconde zone.

      • « Rio Blanco de la Plata », mon dieu mon dieu mon dieu…

        Tu vois, Carbo, pourquoi j’ai honte parfois d’être européen, d' »appartenir » (brrr…) à ça?

        Avec ce « de la Plata », c’est comme si ces crétins n’étaient pas même foutus d’assumer leur part endogène de crasses vulgarité et stupidité ; se foutre à poil sur un scooter en portant les couleurs d’un club (dont d’ailleurs aucun d’entre eux ne sait rien), il faut d’une manière ou d’une autre que ce soit là le comportement d’un sauvage « de la Plata »…

        • Perso, je n’ai rien contre ce type de comportement et l’info alimentaire placée sous le signe de l’humour, le problème vient de la propension sous couvert d’humour et de grande gueule d’orienté et d’instrumentalisé la pensée du supp de base…

          La plupart se plaignent d’être l’objet d’insulte, je comprends, mais eux passent leur temps à insulter les autres, attention à celui qui n’est pas d’accord avec moi…même un Roustan est dans ce trip…

          • Pas faux ce que tu dit, c’est d’ailleurs ce qui tend à me rendre parfois Roustan un brin antipathique. Dommage, il est l’un des seul a avoir une réele ouverture d’esprit…

        • Orf Alex, tu n’a pas à avoir honte voyons, si ce type bosse à l’Equipe, c’est qu’il a le profil de l’emploi, n’en fait pas une généralités 😉

      • Tu vas me haïr, Carbo! :o) Mais en voyant Chavez chantant pour sa fille, parmi ce que j’imagine être la signature de l’un ou l’autre décrets, me sont spontanément revenues les images de Berlusconi Premier Ministre poussant publiquement la chansonnette lui aussi!… ;o)

        • Oh la ! On se calme :p

          Non ne t’en fais pas, et je crois l’avoir déja dit, je suis un fan absolu de Chavez, mais je suis également le 1er à pointé du doigts certaines de ses erreurs et/ou négligeances lors de ses différents mandats.

          Malgrés tout, et quoi qu’on l’en pense, si l’Amérique du Sud n’a pas totalement basculé dans le Neo-liberalisme à la fin de 90’s, nous le lui devons en immense partie, et rien que ça…

          Quand à ta comparaison avec Berlusconi, bon…… 🙂
          On va tout de même reconnaitre un certain charisme à Berlu, seul point commun qu’il soit autoriser d’avoir avec le Commandante, je te l’accorde 😉

    • Alexandre, j’avais noté défiance à l’égard de Paris (la ville) et mépris à l’égard du PSG (le club) mais aussi amour de nombreux journalistes sportifs français pour le FCB.

      Et la ville de Barcelone est appréciée de nombreux Français qui y vivent et y travaillent, ou y passent des séjours plus ou moins prolongés. La ville bénéficie aussi d’une légende dorée en lien avec la Guerre d’Espagne. Au-delà même du club, la ville a très bonne réputation dans de nombreux coins de France. Et on sait combien l’amour d’une ville conditionne aussi l’amour pour son club-phare.

      Pour finir, le FCB a beaucoup plus de partisans aujourd’hui qu’en 2003 ! Les équipes qui gagnent ont souvent de nombreux supporteurs…

  4. Post-war, ne faut pas tout voir en noir….
    Le monde avait besoin de nouvelles institutions après-guerre, les US ont joué un rôle considérable, mais il y avait un certain équilibre, même si l’Italie est devenu un laboratoire du fait d’une menace rouge plus que fantasmé, c’est par la suite que tout s’est gâté…quand Nixon est arrivée au pouvoir, et depuis, on en paye les conséquences…

    Le Corbusier ? Oui, il y a les fanatiques, faut pas croire, lol…

    Je regarde Roma-OL, le stade est bien remplit, mais que c’est tristounet tout ça….
    Au fait, que pensent-ils les grands promoteurs du football spectacle ? Que pensent-ils de voir un volcan éteint ?

    • Grève ? Oui, les deux virages, Roma et Lazio sont en grève, c’est dû au fait que les virages ont été divisés en section avec des grillages un peu partout, d’où la protestation des deux camps envers les autorités qui gère le stade, le CIO local possède le Stadio Olimpico…

    • Peut-être faut-il voir dans cet eurofoot contemporain, Yves, comme l’expression culturelle d’un marmot qui, avec le temps, aurait développé surtout les pires travers de chacun de ses parents (maman tutélaire US pour le glamour, et papa Europe pour les pulsions totalitaires)?

      En tout cas on n’est pas sortis de l’auberge!

  5. Laissons les US, le problème est bien en nous…

    Bien aimé le tirage……Ça devient trop voyant, ils n’ont pas osé, le Real, Bayern, Barca contre Leicester ou Monaco, non, non…Tout le monde va hurler, on ne peut plus les gars….

    • Ouai, comme une impression que tout à été fait pour mieux se retrouver en finale line de rien…

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