Animosité

Longue est la liste de fait occulté à travers l’histoire du football. Un fait occulté est le fruit d’une multitude de personnes au service d’un sentiment qu’il faut dissimuler et travestir.

Été 82, Platini quitte l’AS Saint-Etienne et s’engage pour le club de la Juventus de Turin. Il françese rejoint une équipe titrée qui aligne plusieurs champions du Monde. Zbigniew Boniek meilleur joueur polonais rejoint la capitale du piémont.

Le club turinois parait sans adversaire, avec un tel effectif, la vecchia signora est hors de portée, les clubs milanais sont hors sujet, Naples reste à distance, la Fiorentina est incapable d’aligner deux saisons au plus haut niveau, reste la Roma qui sur les deux dernières années à jouer le titre avec le club de la casa Agnelli. La Roma est une bonne équipe qui pratique un jeu évolué au pays du catenaccio et pourvue de quelques joueurs de grande classe, dont sa vedette brésilienne Roberto Falcao.

Falcao colle trait pour trait avec son club. Élégant, technique et romantique, l’Italie du football vit sous le charme de ce dandy, souriant et avenant à la dialectique châtiée. Le brésilien est initié à certains rites de la capitale, il fait la connaissance du célèbre Massimo Gargia qui l’introduit dans la jet set romaine, s’ensuit une liaison avec la star de cinéma Ursula Andress. À peine arrivé en Italie, Platini prend rapidement ombrage de ce brésilien qui capte toute la lumière.

Platini & Falcao, ainsi commence une rivalité particulière. Étrange duel entre les deux hommes, les deux joueurs n’ont pas grand-chose en commun. Platini est un vrai numéro dix et buteur, Falcao est joueur hybride, défenseur, relayeur, meneur et buteur, comme le football brésilien était encore capable d’en produire à cette époque. Cerveau de la sélection de Télé Santana, il réalise un mondial de grande qualité, élu meilleur joueur de la sélection auriverde, le brésilien marche sur l’eau.

Le rapport de force plaide en faveur du Français, La Juve est l’équipe de l’entreprise Fiat, le pouvoir légal et de l’ombre, mais la formation piémontaise  pratique un jeu rétrograde. Tour à tour victorieux et perdant, Platini & Falcao font les titres de la presse transalpine, mais le brésilien a les faveurs de la foule.

Il francese agite ses réseaux, les faiseurs d’opinions les plus influents de l’hexagone se mettent à son service, certains distillent encore de nos jours leur  poison sur les plateaux radios et télé, suivez mon regard. Dans cette lutte inégale, le Français peut concourir pour l’obtention du Ballon d’Or ce qui lui donne une certaine reconnaissance et change la donne.

Après quatre saisons passées dans la capitale, Falcao passe sur la table d’opération pour subir une intervention au genou droit suite aux coups multiples subits durant la saison écoulée. Cette dualité prend fin avec le départ du brésilien pour son pays d’origine. Un malheur n’arrive jamais seul, alors que Platini semble avoir réglé son déficit d’image, une nouvelle étoile d’une puissance inégalée, Diego Maradona, débarque à Naples. C’est une tout autre adversité qui commence pour le français …

Après avoir raccroché tour à tour les crampons, les deux vedettes suivent des parcours similaires puis différents. Le brésilien ne s’est jamais éloigné de son club d’origine l’Inter de Porto Alegre et des micros en tant que consultant puis journaliste et comme chef d’orchestre d’émissions consacrées au football couplé à un verbiage d’une grande richesse.

Après avoir été sélectionneur et consultant, Platini fait carrière dans la bureaucratie, l’organisation de la Coupe du Monde 98 en France, président de l’Uefa et la tentative avortée de devenir président de la Fifa. Les deux anciennes gloires du football italien des années quatre-vingt ont souvent participé aux mêmes manifestations sportives depuis de longues années, mais point de retrouvailles, on dit que le temps est censé aplanir les différends, c’est à ce jour peine perdue, le brésilien a pris le pas du français, les deux prennent grand soin de s’ignorer !

 

Yves Alvarez

Yves Alvarez

80 Comments

  1. Intéressant. Je vais repasser plus tard.

    Cependant Platini même si c’est un 10 se considérait attaquant ou même 9 et demi…
    J’ai parcouru ( un peu distrait mais je vais le relire attentivement) le papier et oui cet homme ne peut vivre que par les honneurs… Pendant que d’autres joueurs sont véritablement populaires ( base populaire également) lui se complait dans la bureaucratie médiatique…

    Beaucoup à dire sur le personnage…

    • Lol, on dirait que ce papier a été écrit pour toi :o)

      Et je me range sans retenue aucune parmi ceux dont la préférence va au Brésilien ; respect pour le joueur Platini, quelle maîtrise technique…mais, Cosmo le sait : il ne m’a jamais enthousiasmé, transporté ; dans le jeu même on aurait dit un fonctionnaire (façon de parler, Nicolas! ;o) )… (précision : je n’ai à peu près jamais vu d’images de lui en France, mon com vise surtout le Platini juventino)

      • Pour être honnête je ne vais pas choisir. Le personnage est certes parfois détestable mais le joueur a quand même des qualités. A la limite je pense qu’il faudrait sans doute le comparer à Zico mais ce dernier n’a pas été heureux en sélection nationale ( titres j’entends)

        il a quand même une très grande influence sur le jeu français de son époque. Objectivement je vais avoir du mal à en dire du mal sur cet aspect là. Même si l’Euro 84 n’était pas ne grande compétition il a été phénoménal sur ce tournoi. Là où on peut le « critiquer » c’est sur un certain « totalitarisme » médiatique ( je ne vais pas citer de nom de journalistes français le mettant plus haut qu’il ne l’est vraiment..)

        Platini français était régulièrement dans les 10 , 5 premiers en étant à Nancy c’est la limite du personnage bon…
        Après vous êtes très sévères : faut être gracieux , limite virevoltant pour avoir vos grâces 🙂 Cela dit je peux comprendre mais il a été très efficace.

        Par contre pour le contexte Juventus là difficile de nier le réel… En effet tout était fait ( a été fait ?) pour qu’il puisse éclore… mais Zico bien qu’étant assez vieux et en fin de carrière a fait presque mieux que lui sur une saison marquant quasiment autant avec l’udinese…

        • Gracieux? Virevoltant?

          Ah non, en tout cas en ce qui me concerne c’est pas si simple :o) Exemples : j’adore Bremner, facile dans mes 10-12 joueurs préférés… Des artistes qui m’ont laissé de marbre, par contre, ben j’en ai vu quelques paquets (Van Himst par exemple, découvert en archives… superbe joueur, mais que je trouve à chaque fois toujours un peu fade, un peu transparent)

          Quand tu dis « 10, 5 premiers en étant à Nancy », j’imagine que tu évoques sa place au BO?

          • En 77 il est 3e et en 79 il est 5e… Tout en jouant à Nancy… On dira que c’est surprenant…

            Van Himst ce ne serait pas à cause de sa proximité avec l’establishment belge ? Il était quand même fort le bonhomme. Enfin encore une fois les voies du seigneur sont impénétrables…

            • Establishment? Oh, c’est une icône bourgeoise, là où Van Moer l’était plutôt pour les prolos. C’est sans doute par là, outre bien sûr de jouer à Anderlecht, qu’il a gagné ses 4 Souliers d’Or, ou d’être « élu » chez nous « joueur du siècle »… Pour le reste c’est quelqu’un de plutôt pépère, et je crois de franchement respectable.

              Fort? Il était vraiment très très fort, crack de chez crack ; sinon sur la fin il a toujours émargé à l’ultra-top européen…mais il manquait de chien je trouve, de caractère ; un petit côté « Jeannette » parfois… Ca n’engage que moi hein, je comprendrais tout-à-fait qu’on préfère Van Himst à Van Moer, question de focus et de sensibilité.

              • D’ailleurs en 80 Platini termine 3e devant Van Moer décidément il avait de très bons réseaux…

                Toujours bon à prendre les avis qui détonnent c’est très utile pour l’ouverture d’esprit à force de rester dans ses zones de confort à force on finit par se rouiller… Pour être honnête je ne connais pas trop le parcours de Van Himst.

                Platini idole de la bourgeoisie « jeu cérébral » dixit Barbier…

  2. Je n’ai fait que relater un fait, une dualité comme il en existe bien d’autres, sa particularité vient du fait qu’elle perdure……Idem avec Maradona.

    Alex parle de joueur fonctionnaire, je dirais que Platini par sa gestion humaine fait penser à un énarque du football, carriérisme extrême chez lui et besoin de servir les puissants.

    Sur le plan du jeu, les deux joueurs n’avaient pas grand-chose de commun, 10 ou 9 et demi pour le français, statut de « volante » chez le Brésilien, mais ils ont été opposé dans une dualité que je qualifie plus de malsaine que de bienfaitrice pour le football, idem avec Maradona.

    Platini n’a jamais pris ombrage de voir débarqué Rummenigge à l’Inter, il avait un problème avec certains joueurs.

    • « Volante »………….. On dirait que l’expression a été inventée pour lui, car ce goût des transmissions aériennes en une touche… Le jeu de Platini semble, dans tous les sens du terme, si posé à côté, si rationnalisé… C’en est presque dichotomique, comme opposition!

      Son jeu évolua-t-il beaucoup à compter de son arrivée dans le Calcio?

      Cosmo, tu m’as donné envie de revoir Bremner hier soir…………….et qu’est-ce que j’adore ce joueur, cette façon de rentrer de toutes ses forces dans le cuir dans ses frappes, cette prodigieuse force morale aussi malgré tout le mal qu’on lui a prêté… Quand bien même, un jour peut-être, je méconnaîtrais moins le foot sudam : il figurera toujours très, très haut dans mon cœur de footballiste, celui-là!

      • Volante ? Joueur libre au pays du football, défenseur-relayeur à la base, mais aussi créateur et buteur et le plus souvent cerveau de l’équipe. Ce type de joueur n’existe plus au pays du football et c’est tragique pour le brésil préoccupé à ne produire que des joueurs pour le reste du monde.

        Platini ? Je crois qu’il a affirmé qu’il était au top quand il était à Sainté, il n’a guère trop évolué en Italie, son problème fut d’éliminer Giuseppe Furino vieux cadre de la Juve qui ne voulait pas lui laisser les clés de la formation turinoise………Une affaire régler par l’Avocato

    • Mais du coup Yves tu penses que Falcao est un meilleur footballeur ?

      Peux-tu développer cette « dualité malsaine » entre les deux ? Je commence à saisir certains trucs. Platini avait un problème avec certains joueurs à cause d’une certaine jalousie ? Pourtant il dominait un peu son époque à la Juve… Je sais qu’il est un peu totalitaire dans sa manière de jouer ( et de gérer son « environnement »…). Platini aimait le football allemand je crois…

      Falcao je vais me plonger sur son « travail » car il n’a pas beaucoup été relayé. On parle rarement de lui quand on veut évoquer les meilleurs joueurs des années 80. Bon il y a bien 1982 mais…

      Alex : Bremmer je le connais de manière superficielle mais le bonhomme semble sympathique

      • Meilleur joueur ? C’est le genre de débat pour ados ou les pros plantés derrière un micro, car incapable de produire une réflexion.
        Les deux étaient vraiment différents……..Simple exemple, Platini et Zico bien qu’ils évoluaient dans le même registre étaient des joueurs fort différents…
        Rivalité malsaine, car d’un côté un joueur certes au contour de diva, mais rien de bien méchant ou d’arrogant chez le Brésilien de l’autre, un joueur désigné et porté par le système dominant et tout ce qui en découle, formatage de l’esprit, etc etc…

        Maintenant pour la question de meilleur joueur ? Falcao aurait fait la même chose à la Juve, Zico aussi et d’autre encore, Liam Brady qui avait précédé Platini dans un autre registre n’avait pas été ridicule loin de là…

        Par contre, Platini n’aurait jamais pu réaliser ce que le brésilien a produit à Rome. Ce n’est pas un sentiment, c’est une certitude, je n’ai jamais vu Platini tiré une équipe vers le haut, il était toujours le joyau d’une organisation, même à Nancy à ses débuts, il n’avait pas que des peintres autour de lui, Nancy possédait un des meilleurs effectifs du Championnat de France, le brésilien est arrivé dans une équipe et un club moyen, il en a fait une candidat au titre et à la victoire finale en C1, idem au brésil ou avec son club de l’Inter qui était loin d’être un ténor au Brésil, il avait réussi avec Elias Figueroa a mené cette formation à trois reprises au titre national.

        • Analyse très pertinente. Zico avait été stratosphérique à l’Udinese ( club très moyen encore une fois) bien qu’étant en fin de règne ( bon ça a duré une seule saison..)
          En 82 c’était Giresse le meilleur joueur de l’EDF.

          Oui c’est exactement ça : la dichotomie joueur sympa un poil chambreur/l’automate formatée pour gagner et la mauvaise arrogance ( médias..). Au départ je pensais surtout à la palette du joueur pas à un hypothétique « meilleur ».

          Maradona est sans doute la quintessence d’un talent non formaté face à Platini. Cependant il a également son lot de casseroles et le voir mendier à la Fifa le décrédibilise mais c’est un autre débat…

          Mais dans ce cas que penser de son euro 84 ? Difficile d’aller le chercher sur cette compétition… Je sais bien qu’il y a quelques éléments troubles mais là… en 81 le bonhomme est foutrement décisif avec son coup franc contre les Pays-Bas pour le mondial..

          On a coutume de dire que Maradona était seul avec l’Argentine en 86 et à Naples mais ce n’était pas vraiment le cas… Indépendamment du cas Falcao je me suis toujours méfié de la notion du « footballeur transcendant un groupe ». Je ne nie pas cette réalité bien au contraire mais par exemple cela équivaudrait à dire que le mérite d’un Pelé serait moindre car il jouait dans une très grande sélection… Bon je divague un peu même si je suis d’accord sur le fond.

  3. Cosmo

    Zico, énorme lors de sa première saison et l’Udinese possédait une équipe sympa avec Causio, Virdis et Edinho. Alors Zico plus fort que Platini ? J’ai eu ce type de débat au moins mille fois…

    Ses joueurs étaient différents, Platini aimait le jeu long, les ouvertures, Zico était un joueur d’espace, très fort aux abords des 18 mètres, de nos jours il aurait fait un carnage en Liga vu le jeu développé.

    Un fait significatif dans le parcours de Platini que l’on peut qualifier même de très important. En 80, Platini signe pour l’Inter et puis il refuse de s’engager définitivement.

    Je ne sais pas comment il aurait pu prendre la place d’Evaristo Beccalossi qui marchait sur l’eau ? Je crois qu’il s’est rétracté, car malgré le gros effectif de l’Inter, Bordon, Oriali, Altobeli, Baresi, Beccalossi, Muraro….Je pense qu’il avait compris que l’Inter ne représentait pas le « pouvoir »…

  4. Pour son Euro, c’est le lot des compétitions de ce genre, si certains gros adversaires n’étaient pas dans le coup on ne peut pas le reprocher aux bleus, une CM ou autre, ben faut être là le jour J….

    Alors après comment juger la perf du joueur sur le plan individuel ? Une fois de plus il était porté par son environnement…

    Pelé ? J’ai souvent entendu ce type de propos provenant de certains joueurs dont Cantona…….Pelé, c’est ceux qui ont joué avec lui qui en parle le mieux. Il me semble que la plupart ont témoigné dans le même sens, jouer avec lui, c’était élevé son propre niveau de jeu…

    • Vos échanges sur Platini me rappellent ce qu’en disait mon vieux, qui ne le supportait pas : Platini, c’est parce qu’il est bien entouré qu’il a l’air si fort, mais au fond…

      La dernière fois où je l’ai entendu dire ça, je pense que c’était pour France-Brésil 86, dans la foulée de son but – pour l’anecdote offert sur un plateau d’argent, il me semble.

      L’homme providentiel, Cosmo? Ou tout du moins celui qui sublime ses coéquipiers? Ah ben ça, je crois bien volontiers que ça existe pour ma part, oui! Les deux exemples, vintage, que je connaisse le mieux (et que je radote tout le temps :o) ) : Rensenbrink pour les Pays-Bas ; Van Moer pour les Belges! Zidane 2006, y a un truc quand même aussi, non? Quant à Maradona pour moi c’est inclassable, je ne vois rien d’équivalent ni même d’approchant dans l’Histoire du foot européen…et quant au sudam je sais pas…???

      • Ah ben d’ailleurs, en te relisant, tu dis ne pas nier que « ça existe, bien au contraire » ; au temps pour moi!

        Platini prêt de signer à l’Inter?? J’ignorais et relance d’un verre de chianti pour m’en remettre… (j’ai appris un autre truc en vous lisant, sais plus quoi mais merci!)

        • Ah oui, autre truc appris : le Nancy pré-Platoche, c’était si costaud que ça???

          (j’en pose question en gardant à l’esprit qu’un Nancéien rôde dans les parages…)

          Au fait, ça vient d’où, « Platoche »? Ce surnom a un je ne sais quoi de connotation/musicalité brin méprisante…?

  5. Sympathie particulière envers la Roma Yves ? 😉

    Pour l’Inter de la fin des 70’s, tu oublie de citer Valdomiro, rouage essentiel du secteur offensif du Colorado, super joueur décisif dans chacun des titres du club et de ses parcours en Libertadores.

    Petite question aux suiveurs ou admirateurs de la Roma du début 80’s, je viens de mater la finale de C2 1978 Anderlecht-Austria, (super match soit dit en passant, le trio Rensenbrink-Vercauteren-Nielsen, c’est du miel !), et je voulais donc vous demander quel fut le bilan des années italienne d’Herbert Prohaska ? Sublime joueur ma foi…

    Alex, je ne connait Bremner que de nom (dans le film damned United pour tout te dire, d’ailleurs, j’aimerais bien ton avis sur ce film, il me semble assez impartiale sur Leeds et Don Revie, ça m’interpelle un peu..), mais j’aimerais beaucoup découvrir cette équipe de Leeds de mes propres yeux, et ne pas me fier à l’image brutale qu’en font les médias européens de l’époque, tu aurais un lien d’un bon match à me proposer? Merci d’avance 😉

    • Anderlecht-Austria 78? Rensenbrink y est comme d’hab, rien de sensass’ pour lui : dans les grands matchs, ce mec était injouable, c’est là qu’il prenait son pied. Vercauteren, comme Yves : je ne suis pas vraiment (ni du tout, à dire vrai) fan, et j’en ai dit pourquoi à Nicolas : manque de folie, d’inspiration ; jeu trop sage à mon goût… Maintenant, attention : techniquement (frappe de balle en particulier), c’était du tout tout haut niveau. Nielsen pas mal, mais derrière l’intouchable Rensenbrink, le meilleur de tous était Coeck je crois.

      De tête, n’y avait-il un Uruguayen à l’Austria??? Côté belge, le wing-back droit Van Binst se signala de deux forts jolis buts (grand-pont sur le premier, puis frappe pleine lucarne de son mauvais pied)………………or il passait pour le moins doué de tous, pour situer le niveau! J’embraie là-dessus pour rappeler que cet Anderlecht-là, triple finaliste consécutif de C2 (et fort possiblement quadruple s’il n’y avait eu ces histoires douteuses face au Barca l’année suivante) n’en touchait néanmoins pas une face au grand Bruges de Happel – moins prestigieux en termes de noms alignés, mais alors pour ce qui était de la qualité du jeu d’ensemble, oulah………………… La Belgique des clubs n’a jamais produit mieux qu’à ce Bruges, Yves aura d’ailleurs peut-être souvenir de certain Mirko, supp mauve qui jadis et sans le moindre problème en convenait!

      Bremner, Leeds? Yves et moi en avons déjà glissé 2-3 mots, ces histoires de Dirty-Leeds sont à…vomir, une légende noire (entre les lignes, tu auras compris ce que je pense de « Damned United »… ;o) )… Equipe certes pas exempte de reproches, par contre si on fait l’effort élémentaire de contextualiser, hum : en fait ils n’étaient pas pires que les autres, mais tout bonnement à un tout autre niveau!…et puis que de coups tordus, surtout, ils auront dû affronter, essuyer…………………… Et enfin, surtout : la qualité du jeu!, moi je n’ai plus jamais rien revu de tel en Angleterre, ni peut-être même en Europe (à Liège, et plutôt que de parler de « Dirty Leeds » : « GRAND Leeds », ça oui!…et les Liégeois – Standard – connaissent ce club, puisque le Standard les a affrontés deux fois en CE). Un match en particulier? Oulalah………… Je pense que tout le monde te dirait certain match contre Southampton, où ils donnèrent l’impression de jouer contre des enfants… Moi, j’en dirais de regarder 5-6 matchs à compter de la fin des années 60…et de te faire idée par toi-même ; en tout cas c’était un jeu d’une extrême richesse et diversité. Quant à Bremner, attention : pas un esthète, ne t’attends pas à des dribbles chaloupés et tout le tralalas (quoique le bonhomme, techniquement…)…………………..mais quel footballeur dans la plus pure acception du terme, mon dieu mon dieu……………..

      • Coeck très bon effectivement, de même que VanBist et ses deux superbes buts,quelle diversités dans votre football à l’époque dis-donc…

        Truc qui m’a marqué sinon, à 5 minutes de la fin du matchs, les supps d’Anderlecht se mettent à demander l’entrée d’un certain Dockx,ce que leur accorde Goethals à la 87éme, ce joueur fut si marquant pour ce club?

        Exact, deux uruguayens à l’Austria: Julio Morales qui joue 75 minutes et Alberto Martinez qui rentre à l’heure de jeu.
        Je connaissait Morales surtout à travers l’ignoble prosélytisme de l’un de mes oncles maternel, hincha de Nacional (si,si, la seule brebis égarée de la famille fort heureusement…) lors de dîners familiales et je savais également qu’il avait fait une assez belles carrière en Autriche, c’est le premier match que j’ai vu de son séjour européen, il ne fut pas le plus mauvais de son équipe d’ailleurs…

        Beaucoup d’élégance et de toucher chez Prohaska et Gasselich (passé par l’Ajax, tiens… 🙂 ) coté Autrichien sinon…

        • On a probablement tous eu un tonton aux goûts douteux, faut faire avec :o)…et ça peut être rigolo surtout!

          Dockx était très aimé en Belgique, pas seulement à Anderlecht, excellent footballeur et homme d’une rare gentillesse. Le fait qu’il n’atteint les spot-lights qu’à ses 30 ans joua pour sa popularité aussi… Anderlecht est un club qui ne fait pas de sentiments (ses supporters, c’est autre chose) ; alors, que ses dirigeants aient conservé si longuement (jusqu’à ses 37, 38 ans?? – fait rarissime à Anderlecht!) Dockx situe l’envergure du bonhomme. Cette finale de C2 78, c’était la dernière occasion pour lui de jouer sous le maillot mauve, le board anderlechtois ne voulait plus de lui en équipe première, ça faisait d’ailleurs plusieurs années que les seuls contrats lui-proposés par la direction étaient des CDD…d’un an!

          Ce qui est rigolo, avec cet épisode où les supporters mauves réclamèrent sa montée (idem quelques années plus tard avec le merengue Lozano lors d’un match contre le Real), c’est que l’entraîneur Goethals était dans tous ses états (première fois qu’il allait enfin remporter un titre continental, après bien des déboires…), ne réalisait pas ce qui se passait… Ce n’était pas faute que Goethals adorât Dockx, il le tenait en très haute estime même! ; s’il y en a bien un qui voulait lui accorder ce moment c’était sans conteste Goethals…mais il était dépassé par ses émotions et ne comprenait plus rien à ce qui se passait, bref : il fallut que le public scande son nom de longues minutes, et même que Vercauteren hurle à plusieurs reprises vers Goethals pour que Dockx le remplace, pour que Goethals se rappelle enfin que c’était le moment ou jamais d’honorer ce serviteur exemplaire.

          Prohaska? Ah c’était la grande classe, en effet!

          Comment ces Morales et Martinez s’étaient-ils retrouvés à l’Austria??? En cherchant un peu, j’ai vu certain Morales dans le groupe uruguayen pour la WC70, est-ce lui? Par contre aucun des deux pour la WC74… Comment se firent-ils signaler du football européen?

          Et pour la WC 1970 : certain Mujica :o), qui évolua en France mais aussi dans ton plus beau stade du monde ;o)………….. ==> Question-bateau, je ne te l’épargnerai pas : un lien familial avec votre Président??

            • Merci pour toute ces précision Alex !

              Morales et Martinez à Vienne ?
              C’est bien simple, à la fin des années 60 (67 ou 68, sais plus…), les socios de Nacional, excédé par la domination continentale de Peñarol dans la nouvelle Copa Libertadores (3 victoires lors des 6 premieres éditions) mais sentant que celle-ci arrivait à son terme à cause du fin de cycle de notre merveilleuse génération manya élirent une fortune locale comme président, Miguel Restuccia, qui, dés sa prise de pouvoir claqua des sommes et des salaires astronomiques dans un club déja assez endétté financiérement.

              Restuccia monta petit a petit une équipe monstrueuse capable de rivaliser avec les ogres argentins qui se partagaient le gateaux continental depuis la baisse de régime de Peñarol en recrutant la créme de la créme continentale de l’époque (rappatriement de Cubilla, recrutement de l’immense Luis Artíme, du guardameta Manga dont parlais Yves un peu plus haut et du trés élégant défenseur chilien Ignacio Prieto, que vous avez bien connu en France et qui, et je le dit sans trembler le moins du Monde n’avait strictement rien à envier au trés surfait Figueroa, que du contraire, j’aurais vraiment bien aimé échanger l’un contre l’autre d’ailleurs… +colonne vertébrale locale et tous quasi titulaire lors du Mundial 70: Ubiña, Mujica, Esparrago, Maneiro, Morales donc… 🙂 ), bref, du trés trés lourd…

              Cette équipe de fou furieux permit au club de dominer la scéne nationale de de la fin des 60’s début 70’s et parvint à se hisser jusqu’en finale de Libertadores 69 face au redoutable Estudiantes de Zubeldia (Dip 😉 ), machine tellement sophistiqué qu’elle n’en fit qu’une bouchée. Tenez, j’ai retrouvé le lien du match si ça intéresse quelqu’un:
              https://youtu.be/cZcKvft3Gzk

              Les bolsilludos prirent cependant leur revanche deux ans plus tard en dominant nettement cette même équipe d’Estudiantes. Suite à ce sacre, et l’objectif ultime de Restuccia atteint, les finances catastrophique du club commençaient à le menacer dans son existence, et l’été 1972 fut celui ou Nacional dut se séparer de ses éléments les plus onéreux et brada donc la moitié de son effectif, l’Austria Vienne profita de cette opportunité unique pour faire d’une pierre deux coups et engagea donc Morales et Martinez (qui était un excellent  »super sub ») en leur proposant quasiment deux fois leur salaire locale et en faisant une offre plus que satisfaisante à Nacional, voila pour l’explication 🙂

              J’avais lu il y’a quelque années une interview de Morales dans le Grafico sur son séjour autrichien, la façon dont il décrit ses premiers mois à Vienne et la différance culturelle qu’il se prenait dans la tronche, c’était à se tordre de rire !

              Mais avec le temps, il s’est remarquablement adapté, épousant une endogéne et possédant toujours un restaurant et un café las-bas…

              Juan Mujica ? Il vient de mourrir le pauvre…
              Et non, je n’ai pas souvenir d’un quelconque lien familiale proche avec Pepe.
              Aprés oui sans doute, les Mujica sont une vieille famille basque, l’une des premiéree ayant émigré en Uruguay (les pionniers arrivérent au milieu du XVIIéme siécle pour tout te dire, soit presque deux siécles avant les miens, c’est dire… :p) et sont donc parmi les mieux implantés et nombreux en Uruguay.
              Mujica, c’est un peu comme Dupont ou Durand en France 😉 (d’ailleurs, un des voisins de mes parents est un Mujica a Piedras Blancas…).
              Ils doivent donc sans doute avoir des liens historiques, mais ni Juan ni Pepe n’ont mis en avant ce patronyme commun…

              • Ah, et dernier truc, malgrés cette grande braderie estivale, les caisses de Nacional restaient largement déficitaire, et une grande partie de l’ardoise fut effacé par l’administration de l’époque, maich chuuut, sujet tabou et sensible côté bolsa… 🙂

              • Je regarde ton lien dès que possible…mais merci déjà pour tout ceci!

                « Curbelo », c’est aussi répandu que « Mujica »? J’en pose question en lisant tes échanges avec Nicolas, car des Curbelo il y en a eu deux au Standard, mid-2000’s, époque d’ailleurs où il y eut pas mal d’Uruguayens au Standard (Carini aussi – deal qui sentait la magouille à plein nez -, ou encore Sorondo qui y laissa un excellent souvenir).

                Ta grand-mère : excelllent! :o)…et à quoi tout ça tient peut-être, lol…

            • Ah oui, Alex, en me relisant, et pour ton interrogation sur l’exil autrichien de Morales, j’ai oublié d’évoquer le contexte socio-économique uruguayen de l’époque…

              L’Uruguay était un pays très riche, avec un capitalisme trés dynamique de la fin du XIXéme jusqu’à la moitié du XXéme (la crise de 29 eut bien évidemment certaines conséquences, mais infiniment moins que la plupart des pays d’Europe et du Nord du continent…).
              L’Argentine, le Brésil et l’Uruguay étaient par exemple dans le quinté des nations les plus prospère à la fin de la 2éme Grande Guerre…

              Sauf que sauf que, lorsque les US terminèrent leur transitions productives en abandonnant l’armement massif de leurs troupes au front et en redinamisant leur secteur agricole, transition totalement terminée après la fin de la guerre de Corée, sa productions agricole vint concurrencer ceux des pays sud-américains, alors majoritaires sur le marché agricole et qui tiraient l’immense partie de leur richesse de ce secteur d’activité, et face à la concurrence yankee, t’a beau lutter comme tu peux, rien a faire…

              S’ensuivit donc tout une période de décroissance, voir de récession économique en Uruguay à partir de 55, le point culminant arrivant lors de l’année 1959 ou l’inflation atteint des taux supérieur à 100%.
              Mes parents étaient ados à l’époque, ils me racontent souvent leurs souvenir de cette période, c’était pas vraiment la joie…

              Ma mère fut encore plus marqué puisque ses parents étaient éleveurs bovins dans les environs de Minas, et perdirent quasiment toute leurs bêtes en a peine 3 ans, plus personnes ne pouvaient acheté de viande, la plupart des bêtes furent vendu à perte localement ou même donné au crépuscule de leur vie, ils étaient à deux doigts de vendre leur propriété d’ailleurs…

              Mais bon ce long préambule pour rappeler que l’Uruguay de la fin des 60’s était en pleine période de restructuration économique voulu par la politique d’austérité de Jorge Pacheco, le Thatcheur local (et de ses soutient nord-continentaux, cela va sans dire…), le football local fut un temps réquisitionné, via nos deux ogres, pour apaiser un peu la contestation sociale. Sauf qu’a l’époque, les revenus des clubs provenaient en immense majorité des billetteries, et les pressions du pouvoir sur les directions de l’époque eut beau être la plus efficace qu’il soit, et même si vers le pic de la crise les billets furent quasiment gratuit, lorsque les gens n’ont plus que de quoi survivre, le football…

              Et c’est donc de la que vinrent la plupart des dettes de Nacional et Peñarol a la fin des 60’s, la situation était devenu intenable, et la braderie fut donc brutale…

              A noter que l’Uruguay est peut-être l’un des seuls pays au Monde qui connut deux des âges d’or footballistique suite à ses grandes crises économiques…

        • D’ailleurs,je devrais peut-être pas, mais j’ai une sacrée anecdote à vous raconter à ce sujet, mais bon, de la ou elle est, elle me le pardonnera, mais…

          Le président actuel de Nacional depuis 15 ans, Eduardo Ache, est un arabo-descendant dont les parents sont originaires du village voisin de celui de ma grand-mére au Liban, à la frontiére nord syrienne.
          Et avant de rencontrer mon grand-pére, le pére d’Edouardo vint demander la main de ma Grand-mére, alors agées de 17-18 ans, ses parents étaient à deux doigts d’accepter, mais elle s’y opposa au dernier moment, elle ne le sentait pas (si jeune et autant d’instinct, quelle femme !)…

          Comme quoi, la vie se joue parfois à quelques détails… 🙂

          Si tôt le  »conflit » finit, faudra absolument que je retourne fleurir sa tombe et la remercier encore pour cette subtil décision… :p

      • Yves, j’avais assisté à un derby sicilien il y’a quelques années, saison 2006-2007, Palermo-Catania au Renzo Barbera, l’ambiance y était superbe. Vraiment.

        Dommage que la Sicile soit un laboratoire d’expérimentation sociétale yankee depuis 45, le potentiel footbalistique de cette île, et notamment d’une ville et d’un club comme Palermo est pourtant immense…

        Malgrés sa place de club de second rang en Italie, le club est reconnu pour avoir l’une des plus chaude tifoserie du pays, bien dommage pour la Sicile et son peuple…

        Bon aprés l’entourage du club et certains réseaux locaux ne doivent pas beaucoup aider à developper quelque chose de sérieux non plus…

      • Le derby sicilien vaut le coup d’œil, le Turinois et le Romain sont HS, le milanais est trop froid et austère, reste le génois le meilleur et de loin……J’ai vu que les spécialistes du Calcio étaient sur la même longueur d’onde excepté le pauvre Riolo….

        • « Le pauvre Riolo… »
          Yves, et les autres,
          J’ai l’impression que avez vos têtes de turc: ça m’amuserait de connaître vos griefs, vos coups de coeur (s’il y en a) envers les « spécialistes » du foot, en somme vos tops et vos flops.
          Et Roustan, il trouve grâce à vos yeux ? et François Sorton ?

        • Roustan ?
          Il est sympa le Didier, on partage pas mal de choses, par contre, je n’aime pas son côté dogmatique, quand le type est fan, t’as compris que tu as intérêt à mettre les voiles, non Didier, article en vue +vidéo sur Bielsa etc etc…

          Riolo ?
          Je le trouve faux derch sur bien des points, un peu comme Auclair qui me déçoit, car il connait le foot brit sur le bout de ses doigts et en donne une vision bien éloignée de la réalité, son traitement d’Arsenal et Wenger est un bon exemple …

          Le reste ?
          Il y a en qq un qui me sorte des yeux, dont les viocs, Vendroux et Saccomano….

          • Je ne vais pour ma part pas trop causer de la scène française – je suis belge et la connais plutôt mal.

            En Belgique (laquelle, par bonheur, n’a jamais eu la folle ambition d’écrire/réécrire l’Histoire du jeu…), j’ai souvenir, jadis, de très grands messieurs (premier nom qui me vienne à l’esprit : Jean-Louis Donnay, pointure à tous niveaux!)………………….sauf qu’il n’en reste plus rien……………….

            J’aime bien Roustan aussi, sur bien des sujets il en sait plus que moi (ou tout du moins je le crois bien volontiers)…………………..mais sur les sujets que je connais, alors là et bien malgré lui (…je le crois victime de son époque, sa jeunesse…) : il ferait souvent mieux de se taire à mon avis….

            J’apprécie enfin, chez lui, qu’il ne se prenne pas trop au sérieux.

          • « Les viocs, Vendroux et Saccomano… » ha! ha!
            Ah! Vendroux, les Verts, son ami Platini ! toujours pas retraité ?
            Quand j’étais jeune, il y avait à la radio, des commentateurs dont la voix et le talent pour décrire les matchs étaient si extraordinaires, qu’ils vous donnaient l’impression d’y assister, rien qu’en « regardant » le poste : les Fernand Choisel, Jacques Forestier, Emile Toulouse, Jacques de Ryswick (un Flamand, Alexandre ?), plus tard Guy Kedia: pas de fautes de français, pas d’anecdotes vasouillardes, pas de beaufitude, pas « d’homme de terrain », et quand les premiers consultants sont apparus, ils avaient pour nom, Kopa, Piantoni ou Fontaine, ça avait une certaine gueule !

      • Tiens ! tiens !
        Sur un autre site, je t’avais baptisé « Magic Dip », je ne croyais pas si bien dire.
        C’est vrai que grâce à toi, je prends mon pied avec footballia. J’ai déjà vu et revu la finale Real-Eintracht, la plus belle avant longtemps !
        Je crois que je ne verrai jamais les quatre premières C1 (à part un résumé des actualités espagnoles), je ne sais même pas si elles ont été captées et diffusées. En sais-tu plus ?

  6. Pour répondre à Alexandre, je me suis replongé dans mes « archives » : oui, à l’époque de Platini, l’ASNL dispose d’une très bonne équipe. Après la remontée en D1 (champion de France de D2 en 1975), l’ASNL s’appuie sur tout un tas de jeunes particulièrement doués : Platini bien sûr, mais aussi Jean-Michel Moutier dans les buts et Philippe Jeannol en défense (ils partiront ensemble au PSG plus tard), Olivier Rouyer en attaque, Carlos Curbelo en défense (qui sera sélectionné en équipe de France A)… C’est ce qu’on a appelé la génération « lycée Papillon » (je ne sais même pas pourquoi).

    Pour l’anecdote, j’ajoute l’excellent Fathi Chebel, futur international algérien, qui, lors de la finale de la Coupe de France 1978, répondit à la question du président de la République VGE « D’où venez-vous ? » : « De Lyon, monsieur le président. » Magnifique !

    Ajoute à ça Antoine Redin sur le banc, qui fera encore des merveilles avec Bastia dans les années 1980…

    Bref ! dès sa première saison en D1, l’ASNL finit 7e et atteint les demi-finales de la Coupe de France (défaite face à l’OM, futur vainqueur).

    La saison suivante, l’ASNL finit 4e (devant Sainté…) mais sort de la Coupe dès les 32èmes de finale.

    En 1977-1978, Laurent Pokou débarque à l’ASNL mais il joue peu (blessures, méforme, mauvaises relations avec l’entraîneur). C’est quand même l’apothéose : 6e en championnat (toujours devant Sainté…), vainqueur de la Coupe face à Nice (but de Platini).

    La saison suivante : l’ASNL ne finit que 11e, est éliminé dès les 8e de finale de la Coupe et dès les 8e de finale par le Servette de Genève de la C2. Une saison tristoune, la dernière de Platini, pendant laquelle il joua peu (aucun match de C2, la moitié du championnat) parce qu’il était blessé. Faut-il y voir un lien ? La plus mauvaise saison de l’ASNL depuis sa remontée se fait lorsque Platini est souvent blessé… Et ce malgré le recrutement récent de Bernard Zénier et Ruben Umpierrez.

    Concernant les rivalités de Platini : il est peut-être intéressant de creuser celle avec Jean-François Larios qui fut écarté de l’équipe de France à cause de Platini. La rumeur publique veut que Larios avait fricoté avec la femme de Platini.

    Platini, fonctionnaire ? En tout cas, pas dans le sens feignasse (j’ai jamais autant bossé que depuis que je suis fonctionnaire). Par contre, dans le sens exécutant sans grande créativité, obéissant aux directives des supérieurs, oui, c’est ce qu’on nous demande ! Que Platini joueur fut comme ça, peut-être. En tout cas, sa carrière de dirigeant plaide dans ce sens. Créature de Blatter, il devait tomber avec le Suisse.

    Et c’est vrai que la Juve correspond à cet éventuel caractère mécaniste de Platini joueur : le jeu de la Juve est souvent mécanisé, industrialisé, sans scrupule ni fioriture, c’est pas le club de la FIAT pour rien !

    Joueur chéri de l’élite sociale et journalistique (le popolo grasso, pourrait-on dire) face à des joueurs chéris de ce qu’on pourrait appeler le popolo minuto, oui cette clé de lecture des rivalités italiennes de Platini me paraît opératoire et intéressante.

    Après, les places de Platini au BO, on sait tous ce qu’on peut en faire… Mais cela montre en effet que Platini était chéri par l’élite du journalisme sportif français.

    • C’est comme fonctionnaire, aussi, que j’ai le + travaillé dans ma vie, 60-70h semaine ;o), mais tu avais compris que je visais le côté exécutant et hiérarchisé.

      De tous ces Lorrains que tu cites, je n’en « connaissais » que deux : Pokou et Rouyer…et connaissances des plus superficielles encore bien, bref : tout est nouveau pour moi, merci!

      Du jeu de Platini, je retiens deux choses : jeu (mi-)long, frappes arrêtées ; à ces registres j’en garde le souvenir d’un joueur d’exception…………..mais c’est possiblement injuste car réducteur de ma part ; il ne m’a jamais excité ni fait rêver, et je n’ai par conséquent jamais vraiment cherché à en voir d’images (qui lui auraient davantage rendu justice, peut-être).

      J’ai quelques-fois entendu voire lu qu’il était diminué pour chacune (quoique 78???) de ses WCs, 86 en tout cas je m’en souviens bien, car mon père n’y voyait pas même une circonstance favorable… Vous confirmez?

      « Popolo grasso », « popolo minuto »…………… Voilà qui va élargir mon langage – je regarde de suite ce que ça veut dire puis je relis ton com :o)

      • Popolo grasso, popolo minuto, pour faire simple (je ne suis pas capable de faire mieux…) c’est, à la fin du Moyen Age dans les communes italiennes, disons la grande bourgeoisie des grands marchands et des banquiers d’un côté, la petite bourgeoisie des artisans de l’autre. Ces deux groupes étaient en lutte pour le pouvoir.

        • Merci de la précision, et c’est parlant en effet!

          Kopa mort? C’est malheureux de devoir dire ça, mais ce sera l’occasion pour moi, enfin, d’en apprendre beaucoup plus sur lui – du moins je l’espère…

    • Tient Nico, j’aurais une question à te poser vu que tu est le seul nancéein à qui j’ai la chance d’échanger, et qui concerne un autre uruguayen de la diaspora.
      Pablo Correa est si important que ça pour votre club !? Fais longtemps que je me pose cette question, j’en profite donc pour te la poser…
      Content pour lui, mais bon…, qu’en pensent les supps nancéeins ?!

      • Correa ? C’est simple. Le palmarès de l’ASNL se compose comme suit : une coupe de France, une coupe de la Ligue, 5 titres de champion de France de deuxième division. On peut y ajouter que la meilleure place atteinte en première division c’est 4e et que le club a participé à trois coupes d’Europe (une fois la C2 et deux fois la C3). La moitié de ces « titres » a été gagnée sous la direction de Correa : un championnat de D2 en 2005, une coupe de la Ligue en 2006, un 16e de finale de C3 perdu contre Donetsk avec les honneurs en 2007, une place de 4e de D1 en 2008, une phase de groupes de la C3 en 2008, un championnat de D2 en 2015. Je me souviens encore du centre-ville de Nancy qui avait été ravagé par des hordes de barbares descendus des Pays-Bas. C’est peut-être pas un souvenir génial, mais au moins ça veut dire que le club jouait la coupe d’Europe. Et Correa a réussi ça sans avoir des gars de l’envergure d’un Platini ou d’un Rouyer ! Si je me souviens bien, contre Nice en finale de la coupe de la Ligue 2006, c’est Kim et Zerka qui marquent. Kim et Zerka !

        Quand Correa a pris le club, en 2002, il flirtait avec la zone de relégation en National ! Quand il est parti, en 2011, le club est bien vite descendu en D2. Et quand il est revenu, en 2013, le club est vite reparti de l’avant.

        A ma connaissance, Correa est adoré des Nancéiens. Il est en Lorraine depuis plus de 20 ans, ma femme donnait des cours de danse à ses gamines à une époque : paraît qu’il est sympa (quand il venait récupérer ses gamines après la danse, hein ! sur le banc de touche il a l’air teigneux…).

        Certains (pas en Lorraine à ma connaissance) lui reprochent un style trop défensif. C’est pas faux : Correa s’est toujours appuyé sur une défense la plus hermétique possible (ah ! cette charnière Puygrenier-Diakhaté ou André Luiz). Mais c’est peut-être aussi parce que les défenseurs coûtent moins chers que les attaquants : si le club lui fournissait un trident offensif Cavani-Suarez-Messi, pas sûr qu’il joue la défense !

        Et puis à l’ASNL, il y a une filière uruguayenne : tu connais peut-être les Curbelo père et fils, Carlos et Gaston ? Le père a joué pour l’équipe de France, mais les deux sont, je crois, nés en Uruguay.

        Pour finir : non seulement l’ASNL a besoin de Correa, mais Correa a besoin de l’ASNL. L’échec de Correa à l’Evian-Thonon-Gaillard le prouve. A l’époque, je crois que sa famille était restée en Lorraine. Il est, lui aussi, bien vite revenu.

        Allez, pour le plaisir, les buts de la finale de la coupe de la Ligue 2006 avec les commentaires hystériques de Mathieu Barbier de France Bleu Sud-Lorraine (il s’est fait débarquer depuis) : https://www.youtube.com/watch?v=C_LZCvvS7rc

  7. Platini à l’Inter ? De toute façon, il est vrai que Platini dégage un côté assez froid. S’il voulait jouer en Italie, il ne pouvait le faire que dans les villes industrielles du Nord. Je vois difficilement Platini à Naples… Ni même à Rome ! Ou à Marseille… Bref, c’est le genre de gars que le public méditerranéen aurait vite pris en grippe !

  8. A force qu’on parle de l’ASNL ici, j’ai craqué et j’ai regardé le match des Lorrains à Paris. Correa et ses joueurs ont failli réussir le coup parfait. Très reculés, les joueurs de l’ASNL ont attiré les Parisiens avant de lancer des contre-attaques. C’était rudement bien imaginé et Correa était venu jouer la victoire. La preuve ? Quand les Nancéiens récupéraient la balle, ils se projetaient très vite à 3 ou 4. Ils n’étaient pas venus que pour défendre. Pendant longtemps, ce fut le summum du brouillon, les passes ratées succédant aux contrôles du talon. Et puis, après un corner parisien à 0-0, un blondinet avec une barbe qui s’appelle Busin est passé à deux doigts de claquer : sa frappe a touché les deux poteaux avant de sortir. Malédiction ! les voisins se remémorent encore mes hurlements. Quant à la maman, au papa, à la petite soeur et à la grand-mère de Cavani, je tiens à leur présenter mes excuses les plus sincères. Habituellement, je l’aime bien ce joueur, mais là il m’a embêté…

    • Des hurlements au fin fond du Béarn, à l’heure pile-poil où…Nancy loupe d’un cheveu l’exploit… A mon avis, tes voisins ont plutôt cru que ta compagne avait bazardé la poule au pot du jour :o)

    • Le coup tenté par Correa est symptomatique de ce qui se passe dans le football…
      Jouer bas dans ses trente derniers mètres, OK, aucun problème si une fois le cuir chipé à l’adversaire, une partie de l’équipe se projette vers l’avant.
      L’attente suivie de la contrattaque est un art qui requiert des joueurs top niveau, difficile de faire ça avec un effectif de qualité moyenne et des joueurs non adaptés à ce type de jeu, mais au moins, il a tenté….

      • « L’attente suivie de la contrattaque est un art qui requiert des joueurs top niveau », en effet. Et hier on a plus vu des peintres en bâtiment que des Michel Ange. Mais une seule fois, ils ont réussi à nous faire quelque chose de convenable.

  9. Génial ce commentateur !

    Merci pour toute ses précisions, content pour ce bon Pablo s’il a trouver son bonheur en Lorraine, j’ai effectivement été assez surprit par le résultat d’hier, dommage…

    Alex, les Curbelos ? Pas autant que les Mujica, mais oui, c’est un patronyle assez répandue chez nous.
    De toute façon c’est bien simple, a partir du moment ou un uruguayen porte un nom basque ou béarnais, tu sais que sa famille est la depuis quelques centaines d’années…

    Même les patronymes hispanique de castille (la plupart d’origine galicienne et asturienne) pourtant majoritaire en Uruguay, ne peuvent se targuer d’une ancienneté aussi marqué que les descendants uruguayens de basques et de béarnais…

    J’avais entendu parler de Carlos Curbelo et de son parcours ma foi bien original pour l’époque, j’ai donc ma réponse pour l’arrivée de Correa à Nancy, merci Nico ;).

    Et oui tiens Alex, d’ou viennent ses multiples séjours d’Uruguayen au Standard ? Je ne connait pas de réseau particulier entre ce club et les clubs locaux pourtant, un directeur sportif latinoaméricanophile peut-être ?

    • Ce commentateur, c’est le Barbier qui, pour dépeindre Platini, usait de l’expression citée par Cosmo : « jeu cérébral » (laquelle expression me paraît opportune, du reste)?

      Les Uruguayens au Standard………. Aucun pendant un siècle…puis une demi-dizaine d’un coup, tous dus (sauf un, Nacho) aux réseaux et magouilles de Luciano D’Onofrio.

      Plus globalement, les joueurs latins au Standard avant D’Onofrio… Ben quasi-nada ; dans l’Histoire de ce club ce furent surtout des renforts hongrois, yougos, germanos voire scandinaves…

      A compter de D’Onofrio : filières portugaise (de tête : Dimas, Folha, Costa, Sa Pinot, Conceicao…) et uruguayenne.

      • C’est Carlos Curbelo, à l’époque recruteur de l’ASNL, qui était allé trouver Correa en Uruguay en 1995 (à l’époque, c’était un attaquant). Depuis, Correa fait régulièrement appel à des joueurs uruguayens. Je me rappelle d’un Macaluso qui arrivait de je-ne-sais-où et hier, en défense, il y avait un certain Erick Cabaco (avec des cheveux décolorés).

        • Oui Nico, que donne ce fameux Cabaco chez vous d’ailleurs ?

          Il sort d’une immense saison à Nacional, sa signature à Nancy en avait surprit plus d’un au pays (ne le prend pas mal, mais il y’avait quelques autres écuries un peu plus « huppé » que Nancy qui le suivaient…)

      • Ah mais oui bien sur Alex, suis con dis donc…

        Si je ne m’abuse, et maintenant que tu me le rappel, D’Onofrio avait jusque très récemment des parts d’actions assez importante dans le capital du Deportivo Maldonado, club de 2eme division aujourd’hui contrôlé par un consortium d’agents véreux…

        En gros, c’est un club qui ne sert qu’au fameux système de triangulation qui fait tant de mal au football sud américain.
        C’est à dire que c’est l’un de ses nombreux clubs en Uruguay qui profite de la fiscalité avantageuse du pays par rapport au reste de l’Amsud ou de l’Europe pour permettre aux clubs de payer moins d’impôts sur les salaires des joueurs. Y’a aussi quelque clubs chiliens qui sont contrôlé par ce même genre de crapules ambulante. De nombreux clubs européens se font prêter ainsi un nombre incalculable de joueurs appartenant à ces clubs pour faire d’énormes économies sur les charges sociales sur les salaire des joueur car leurs contrats appartiennent ainsi aux ligues locales.

        Ces  »intermédiaires » achètent donc de nombreux jeunes sudam et les prêtent dans la foulée au meilleur clubs sudams pour s’aguerrir, puis en Europe pour confirmer et espérer ainsi attirer l’attention des gros clubs en faisant d’immenses plus-valu, D’Onofrio avait pigé le truc, d’ou cette arrivée massive d’uruguayo au Standard…

        Rien qu’ l’heure actuel, le Depor Maldonado posséde les contras de Geronimo Rulli, gardien de la Sociedad et internationale argentin, Jonathan Calleri, jeune espoirs argentin de Sao Paulo, Ivan Piris, international paraguayen de l’Udinese et d’une quinzaine d’autres joueurs de ce calibres, pas mal pour un club de D2…

        Y’avait eu la même histoire avec le colombien Carlos Sanchez de Valenciennes qui avait signé dans un club chilien en bois pour permettre au club de payer moins d’impôts, mais en contrepartie, les clubs ne sont plus propriétaires des joueurs, qui deviennent de véritable esclaves…
        Enfin bref, c’est la malheureuse parade qu’ont trouvé les fond d’investissements pour s’adapter à a récente interdiction des TPO par la FIFA…

        • Je ne crois pas que tu sois con :o)

          Et d’ailleurs, vois-tu : j’ignorais tout des liens ténus entre D’Onofrio et le Maldonado, merci donc!

          Dans le cas Sorondo, je pense que ce fut comme pour Carini (pour sa part officiellement vendu au Standard pour 5 millions d’euros…qui peut croire un truc pareil??) : objets tous deux de deal à fin d’optimisation fiscale, dans un big-deal triangulaire impliquant Juve, Inter et Standard (il y eut le même genre de deals entre Standard et OM à l’époque – Yobo officiellement vendu pour 5 millions d’EUR lui aussi, Van Buyten pour beaucoup plus… des histoires de fou, et qui d’ailleurs ont fini devant la justice…dont, si j’ai bon souvenir, en mouillant l’anderlechtois Verschueren au passage)

          • Quand je dis « qui peut croire un truc pareil » concernant Carini, précision : ce n’est pas pour remettre le talent de l’Uruguayen en question, mais simplement que, à l’époque, le transfert-record dans l’Histoire du Standard était bien inférieur encore à 2 millions, et surtout que les caisses étaient……….vides!

            • Oui, bien sur, et puis tu peux te moquer de Carini autant que tu veux, le garçon a beaucoup d’auto-dérision…

              Pour le reste, c’est malheureusement diaboliquement efficace…

  10. PS
    En matière de déstabilisation, l’épisode Baggio.

    1990, la Viola file en finale de la Coupe de l’Uefa et Baggio nouvelle idole du club toscan et héritier d’Antognoni est sollicité par la Juve. Les dirigeants du Florentin – Pontello voulait vendre le club – acceptent l’offre de la casa Agnelli, cette même Juve qui se retrouve en finale de la C3 face à la viola…….Résultat, crise et émeute à Florence et la Viola et Baggio passent à côté de la double confrontation…

  11. Avec le recul je vois où Yves voulait en venir… Manifestement Falcao avait ce petit « truc » en plus qui énervait Platini lui le « bosseur » le « cerveau » du football européen…

    Finalement Michel qui dit à qui veut bien l’entendre que le football s’apprend dans la rue mentirait-il ? Il l’a lui même expérimenté cette initiation au jeu mais ne rêve-t-il pas d’un jeu calibré , contrôlé , calculateur dénué de « corporalité » ?
    J’ai étudié le joueur Falcao et même si on est pas là pour faire des comparaisons ( qui serait le meilleur ou non) faut bien admettre qu’il un petit grain de folie créatrice ( ce par quoi Alexandre existe , petite taquinerie 🙂 )

    Après ce sont des choix à prendre : soit on aime la spiritualité du jeu soit son essence purement utilitaire ou les deux…

    • Folie créatrice, moi? :o) Je suis quelqu’un d’horriblement cérébral, sais-tu, formatages universitaires à-tout-va…et qui me désolent d’ailleurs, mais on ne se refait pas, ou pas bien vite alors ; se réapproprier prend du temps…

      La spiritualité du jeu a mes faveurs, elle vieillit mieux… Mais autant que tout coexiste, aussi harmonieusement que possible………………. Nous sommes aujourd’hui loin du compte, malheureusement!

  12. Rivalité dû aux médias et à la position soudaine de la Roma au classement. Les deux joueurs n’avaient rien au commun, c’est clair, de par leur poste et leur influence sur le jeu, mais le français et son entourage avait conscience que le brésilien à défaut d’être un numéro 10, n’en était pas moins plus complet que lui et puis pourvu de ce brin de folie…

    C’est un peu la même chose quand la rivalité commence avec Maradona, rebelote…

  13. Il y a quand même quelque chose de profondément pervers chez Platini : cette volonté de tout contrôler est manifestement assez totalitaire : Quoi qu’on pense d’un Pelé ou même d’un Maradona pour faire plaisir à Alex , c’étaient des joueurs gais et insouciants qui vivaient pour le jeu. Idem pour Zico.

    Certes on peut avoir des désaccords , user de son poids dans une équipe mais il y a des limites. Craindre l’influence d’un joueur comme Falcao démontre les limites du personnage : au fond de lui il le craint. Certes il va donner des bons points à certains de ses contemporains comme Hoddle mais va rarement évoquer du Zico ou du Falcao…

    Dommage pour Michel qui n’avait pas besoin de ça mais le pauvre a d’énormes casseroles ce ne serait pas fair-play d’en rajouter…

    • Au-delà de ce que véhicule Platini, c’est le technocratisme qui me paraît pervers, inhumain et, je suis d’accord, totalitaire (ne pas me taper sur la tête, Nicolas! ;o) )

      Il n’y a qu’à voir la gueule de bien des emplois désormais ; à l’instar du football, c’est devenu tant fonctionnaliste…mais pour la dimension « jeu », « plaisir »………et qui est la base du truc tout de même, son caractère premier… Circulez, il n’y a plus rien à voir… Or que fait-on le mieux, sinon en y prenant son pied???

      Les véhicules du foot-plaisir, du ludisme, auront toujours mes faveurs ; d’autant que ce sont eux qui font avancer la culture du jeu, son bagage technique notamment. Le versant technocratique ne fait que le recycler par le muscle et le système, transforme du magma en caillou… Quel intérêt?

      C’est toute la différence entre un Cruyff et un Rensenbrink, parangon aux Pays-Bas du foot-ludisme…et c’est Rensenbrink qui tira les Oranjes vers le haut, non point son repoussoir technocratique. Pendant belge de Rensenbrink : Coppens incontestablement. Autres pays : je ne me prononcerai pas.

      Mes réserves, ailleurs, concernant Ronaldo? ;o) Joueur technocratisé lui aussi, quel gâchis…

      • Ah, Cosmo : tu évoquais PSV, Nike, Barca………….. Or cet alliage infernal est pour moi un jalon ; te remercier donc de l’avoir remis sur le tapis! (les générations actuelles n’en ont sans doute jamais entendu parler, épisode pourtant fondamental)

  14. Platini ne savait pas faire grand-chose, mais il possédait deux ou trois trucs, les coups francs, le flair dans les 18 mètres et sa précision en matière de transversale, il approchait la quasi-perfection dans ses trois domaines, fait qu’il a surnagé, mais il avait besoin que tous ses équipiers jouent pour lui pour que ça fonctionne d’où se besoin de tout contrôler.

  15. Honnêtement je ne veux pas faire de louanges excessives mais cet article est d’une violence… On ne sort pas indemne de ce flot de vérité. Je crois que je vais repasser régulièrement poster ici c’est un sacré bon bol d’air frais…

    Complètement HS mais je pose ça là on sait jamais : https://www.youtube.com/watch?v=JbgGTfCJSIs

    Ce serait bien qu’Yves nous fasse un petit papier sur Tostao : ce joueur passe toujours aux travers dans les médias francophones. Un joueur qui pourrait fortement intéresser Alex d’ailleurs.

    L’aspect technocrate est en réalité le signe d’une soumission du joueur : pas forcément voulue mais plus ou moins acceptée. Parfois cela colle à sa personnalité , parfois c’est à cause de l’environnement ( clubs du nord de l’Italie , globalement l’Allemagne des années 70 , 80.. , etc) difficile de tous les mettre dans le même sac.

    Mais c’est passionnant de confronter ces approches du jeu : la samba ou la rigidité ? Après on rentre dans de l’idéologie pure et dure ( je me mets un peu de côté là-dessus mais je prends les éléments pertinents et dieu sait qu’il y en a)

    • Tostao? Pour moi c’est un ovni, j’adore………………..mais je t’avoue d’emblée ne rien savoir de lui…!

      Préciser ou plutôt rappeler, puisque tu parles de « soumission », et concernant Ronaldo, qu’il n’avait pas même 20 ans au PSV ; dans son cas d’espèce, c’est ce système environnant que je blâmerais exclusivement!

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