Champions League 1956 – 2016

og-default

En fonction du premier tour de la Ligue des champions qui se déroule actuellement, voici  deux cartes permettant de souligner la concentration des matchs dans un nombre restreint de villes. Une récapitulant les années 1955-1999 et une autre allant de 2000 à 2016.

 

champ1

 

champleague1

 

 

champ-2

 

champleague-2

2000 à 2016

 

Nicolas

29 Comments

  1. Les cartes montrent la métropolisation du football européen. Je ne suis pas très satisfait de quelques choix opérés dans la légende, principalement la distinction entre « métropole à rayonnement national » et « métropole à rayonnement régional ou local » qui fait que Lyon semble une métropole de moindre importance par rapport à Nicosie. Il faudrait que je revois ça.

    Sinon, c’est clair : appauvrissement de la diversité et concentration dans la dorsale européenne Londres-Milan et quelques grandes villes (Paris, Madrid, Barcelone, Manchester). Où sont passés les footballs nordiques, danubiens et est-européens ? Leurs meilleurs éléments sont aujourd’hui dilués dans les clubs métropolitains et mondialisés d’Europe occidentale.

    On notera encore les effets de la désindustrialisation : Midlands, Ecosse, Ruhr, régions des Monts métallifères et sud de la Pologne broyés. Et, bien entendu, les effets de la transition des années 1990 en Europe orientale.

    A l’origine, toute une analyse accompagnait ces cartes. Mais elle est aujourd’hui périmée et je me suis limité à refaire les cartes.

    En tout cas, elles ne ressortent pas trop mal et c’est très gentil de les « publier » ici.

    • C’est ce que j’allais te dire, tes cartes sont frappante sur la disparition quasi-totale du football centre-européen…

      L’Élite qui s’est approprié notre sport s’est égalemment bien gavé chez vous, moins que l’on puisse dire (ces cartes rejoigne l’article d’Yves sur l’oligarchie européene…)

    • Lors de la première publication, je n’avais soulevé ni prêté attention à cela, quel oubli…car des effets de la désindustrialisation en effet, bien vu (tu pourrais ajouter Sainté ou Standard)… Ceci étant dit, je crois aussi que l’UEFA n’a jamais beaucoup porté les clubs prolos dans son coeur ; je n’excluerais pas que la désindustrialisation (qu’à bien des égards je tiens pour délibérée) ait bon dos…

      A ce registre, je métonne que Bilbao (?) ne soit parvenu qu’une fois en 1/4… Il fallait certes marcher d’abord sur le corps des Real, Barca, Atletico, mais tout de même : je leur croyais plus de 1/4 que cela!

      Et sinon, un seul 1/4 pour Ajax, plus le moindre pour Anderlecht ou Glasgow (je songe aux Rangers, en particulier)… : quelle ironie de l’Histoire!, sacré retour de boomerang…

  2. Alexandre, on peut ajouter Saint-Etienne ou Liège en effet. En revanche, le Nord et le Nord-Est de la France ne sécrétaient déjà plus d’éventuels prétendants à des 1/4 de finale de C1 dès avant la désindustrialisation des années 1970 et suivantes.

    Deux 1/4 de finale de C1 pour le Pays basque seulement, oui : Bilbao et Saint-Sébastien. C’est étonnamment peu au regard de la fécondité du football basque espagnol.

    Glasgow entre malheureusement dans la catégorie peu enviable des « shrinking cities »… En revanche, le déclin du couple Belgique-Pays-Bas est étrange. Ces deux pays sont les deux grands perdants du virage ultralibéral du foot à partir des années 1980 et surtout du mitan des années 1990 (explosion droits TV, Bosman, Ligue des champions…). Le déclassement des autres pays s’explique par les données-clés de mes cartes : ils sont à l’écart de la dorsale européenne et ne possèdent pas de métropoles d’envergure suffisante. Les footballs nordiques, danubiens, est-européens et portugais ont été broyés pour ces raisons : c’est l’effet de l’accélération de la mondialisation. On peut trouver ça tristoune (c’est mon cas), le déplorer ou pas, mais cela s’explique assez facilement et logiquement. La France a gardé sa place (pas bien élevée) avec désormais une concentration dans les métropoles (Paris, Lyon, Marseille). Mais la Belgique et les Pays-Bas ? Ces pays sont au coeur de la dorsale européenne et pourtant ils ont été déclassés (surtout la Belgique). Marché intérieur trop petit ? Mauvaise gestion du virage ultralibéral (hémorragie de l’Ajax après 1996, crise du football belge dans les années 1990) ? Comme tu le dis, « quelle ironie » (mais pas seulement de l’Histoire). C’est, à mon avis, l’incongruité majeure.

    • Oui, la dorsale européenne, « la banane bleue »… Le concept dit du vrai mais, en même temps, je me demande parfois dans quelle mesure il ne dut tenir aussi de quelque prédiction auto-réalisatrice. Il m’a un je ne sais quoi d’auto-structurant, tendant à conforter certaines forces et dynamiques certes à l’oeuvre, mais…? Bref.

      Le football belge? Contrairement au football NL, son déclin a précédé Bosman (dont l’Arrêt n’en fit guère que précipiter la déchéance). Quant aux motifs ils me paraissent identiques : dans une logique privilégiant toujours plus les grands marchés, sous influence désormais fondamentale des droits-tv (d’autant handicapants, en Belgique, qu’ils sont chez nous ratatinés entre sous-marchés néerlandophone et francophone – il y a dizaine d’années, les droits-tv d’Anderlecht étaient égaux à ceux de…Libourne!), NL et BE étaient à terme condamnés à ne plus guère être (du tout, même) compétitifs…

      Après il y a des spécificités propres à chacun de ces deux pays, en Belgique le déclin était déjà engagé disais-je, et à mon sens (c’était surtout l’intuition de Goethals, qui joua les Cassandres dès les 80’s mais ne fut écouté), l’une des causes majeures en fut assurément le duopole Anderlecht-Bruges, et plus encore l’anderlechtisation pour de bon du footbal belge, qui pour de bon à compter du Waterscheigate sclérosa toute vision à long-terme, l’enjeu pour Anderlecht (et son alors allié brugeois) n’étant plus guère et coûte que coûte, désormais sans entrave, que de régner sans partage sur leur scène domestique…

      Les succès du foot belge de clubs avaient été l’oeuvre d’hommes de football, dotés de vision et savoir hors-pair (l’anversois Wauters, les anderlechtois Roosens et VandenStock…et surtout le standardman Petit, grande « victime » – il était coupable – du Waterscheigate, et père véritable de la professionnalisation et de la structuration du foot belge)………….. En 1984 il y a le Waterscheigate, exit Petit… En 1985 il y a le Heysel, exit Roosens………….. A compter de 1985 et au moindre rouage de la fédé (et le board anderlechtois ne fut tout blanc dans cette déviance, bien au contraire) : l’on ne trouvera plus guère que des fils ou beaux-fils à papa, avocaillons et médecins du sport, moins pénétrés du jeu et de sa culture, que soucieux d’une basse-vision diplomatico-politicienne défenderesse de leurs médiocres et grandiloquents intérêts de clubs…ce dont le foot belge se ressentit aussitôt, équilibre et dynamique rompus……………….

      Je parlais d' »ironie », précision : à l’instar d’Ajax et des Rangers, Anderlecht fut l’une des (si pas LA) locomotives de la formule Champions’League! La scène domestique était peu ou prou sous contrôle (en Belgique c’est consommé à compter de 1984), si bien que ces clubs pouvaient désormais et sans plus le moindre frein aucun agir, auprès du solde des petites fédérations européennes, comme sous-marins du projet même qui bien vite les détruirait…

      Puis Bosman (un Standardman, ironie encore…) passa par là, et caramba : les vautours deviendraient pigeons ; tu comprendras donc que je ne les plaigne le moins du monde, arroseurs arrosés, forme de justice immanente…………

      • Sur le plan culturel, les années 1990 seraient catastrophiques aussi pour les scènes belge et néerlandaise…

        Devenu totalement impuissant à compter de Bosman (au premier mercato suivant l’entrée en vigueur de l’Arrêt, le grand club bruxellois n’eut d’autre choix, de tête, que de brader 6 de ses titulaires!!!), Anderlecht se résigna à renoncer, vers l’an 2000, à son prestigieux mais qualitativement exigeant football-champagne au bénéfice d’un plus rustre « power-football » (…mais pour quel résultat?)……………

        A Ajax la question culturelle du style, et de la formation, reste aujourd’hui encore pendable ; objet de vifs enjeux et débats parallèles à la moindre lutte de pouvoir (lesquelles sont caractéristiques de ce club, sacré nid de vipères).

        Dernier point, d’entre scènes écossaise, belge et néerlandaise : Néerlandais (qui peinent à la digérer) et Ecossais (qui ne s’en sont pas relevés) crurent pouvoir opposer une politique de transferts ronflants à la nouvelle donne posée par la dérégulation du football européen………………… Les Rangers ont coulé, les finances d’Ajax sont déplorables…

        En Belgique, de tempérament plus modéré, plus frigide : le hola fut par contre très tôt mis, et un mécanisme voisin de votre DNCG rapidement mis en place (assez impitoyablement d’ailleurs, mais il faut le dire : la situation financière des clubs belges est assurément aujourd’hui plus envieuse que celles de leurs pairs écossais…et l’euro-« compétitivité » d’autant).

  3. En faisant l’inventaire des clubs teutons en C1 & C3 depuis deux décennies ce n’est guère sensationnel, je suppose que ça tiens que hormis le Bayern et à un degré moindre Dortmund, il y a pas mal de clubs qui se substitue les uns aux autres…..

  4. Je n’ose parler du bilan brit depuis 20 piges en C1 & C3…

  5. D’ailleurs si quelqu’un pouvait m’éclairer : le succès de Liverpool des années 70’s 80’s dérangeait-ils les élites? Ce n’était pas courant qu’un club « prolétaire » puisse à ce point dominer le foot européen… mais peut-être que je dis une bêtise il y a bien entendu d’autres exemples anglais mais ces derniers et même ledit club cité précédemment sont devenus des entreprises très rentables à la botte d’intérêts économiques très puissants…

    L’oligarchie financière et sportive est en réalité la véritable notion de référence en 2016. Elle l’était également avant mais de manière un peu plus dispersée ( Real de Di Stefano , Milan de Berlusconi..) parfois animé par un désir de grandeur ou bien simplement de tremplin économique ou politique… ( d’ailleurs si quelqu’un sait comme cela se passait en amérique du sud.. si la place de l’argent était aussi forte que chez nous… l’épisode Di Stefano en Colombie me semble révélateur mais je le dis sans jugement de valeur)

    Je crois qu’on a maintenant gommé l’incertitude. Il faut des marques rentables. Le marché n’aime pas le terroir. Le marché aime la grandeur , le bassin humain à forte échelle. Il autorise des « mini grand groupes » dans des pays actuellement perdants ( PSV , Celtic…) pour donner l’illusion de la représentativité européenne mais également pour son aspect social  » vous voyez on donne notre chance à tout le monde »…

    C’est un article très intéressant ! Et très éclairant ! Qui se souvient de Dundee United? Equipe écossaise de grand standing maintenant presque à l’agonie… équipe régulière en coupe d’europe durant les 80’s et réalisant de gros coups… et ces exemples d’équipes ne manquent pas malheureusement…
    Et puis bon on dira ce que l’on voudra d’un Ferguson mais quand même Aberdeen quelle équipe également et quel palmarès… mais désormais adios la diversité…

    • Cosmo,

      Je répugnerais à placer le Real de Bernabeu (celui qui a suivi : autre histoire ;o) ) parmi cette oligarchie, où je rangerais plus volontiers et sans hésitation aucune des clubs tels Ajax, Bayern et Anderlecht (ce que je nomme « triade du Nord »), d’une part, et de l’autre Juve, Inter et AC (« triade du Sud »)… Davantage qu’une « vulgaire » (façon de parler) histoire économique ou politique, je n’ai enfin aucun doute quant au poids de la géopolitique et de l’idéologie dans ces affaires, opinion susurée çà et là via mes articles et commentaires…ou ceux d’Yves aussi, Cf. parmi d’autres « Le Truqueur » ;o)

      Liverpool? Le Heysel ne me paraît avoir été de fond en comble examiné… Sur la scène intérieure, Hillsborough par contre est (avec le temps devenu) sans ambigüité : oui, ce club a dérangé et fut diabolisé! Et, avant lui : j’ajoute le Grand Leeds de Revie! Tout système (UEFA, fédé anglaise…) a ses bonnes têtes…ou pas…et à ce registre des clubs peu gâtés par leurs instances, je crois que l’on peut sans trop d’hésitation ranger les clubs dits (parfois abusivement) « prolos » dans leur ensemble… Le fond de commerce historique de l’UEFA est pour moi sans ambigüïẗé : football bourgeois, métropoliste, anti-communiste (je schématise)…

      • Exact..

        J’ai revu certains extraits de match de Leeds en coupe d’Europe c’est assez accablant en effet. Déjà contre le Barça de l’un de tes amis… 🙂

    • Salut Cosmo, j’ai un peu plus de temps en ce moment et je vais donc essayer de répondre à ton interrogation concernant l’Amérique du Sud.

      Je crois avoir déjà débattue de ce sujet avec Yves et Alex il y’a quelques mois dans une discussions forte intéressante.

      Tout d’abord, si l’on veut analyser la montée croissante de l’influence économique dans le football continental, je pense qu’un pays qui parait pourtant secondaire aux yeux des européens revêt en fait une importance capitale. Ce pays, c’est… Le Paraguay !

      Mais il faudrait pour comprendre mon raisonnement remonter assez loin dans l’histoire, au début du XIXéme siècle et à Simon Bolivar en fait…(je vais essayer d’être le plus schématique possible ici, car j’assemble depuis quelques années une multitude de textes provenant des deux côtés de l’Atlantique et du Levant, en vue d’écrire un livre tentant d’expliquer la « néo-libéralisation » du football sudaméricain actuel par étape. Processus qui, selon mes recherches, remonte au…XVIéme siècle ! Oui, oui, pas pour le football directement certes, mais celui-si s’est totalement rallié à cette idéologie aujourd’hui. Cependant, il me faudra absolument consulter des archives qui me paraissent fondamentale si je voudrais publier quelque chose. Et ces archives se situent à la bibliothèque national Hafez Al-Assad, à Damas, donc inutile de te dire que je préfère attendre encore un peu avant d’y aller…).

      Je reprend donc ma tentative d’explication. A la mort de Bolívar en 1830, l’Amérique du Sud est un continent déchiré entre plusieurs courants et idéologies politique.
      Rappelons tout d’abord ce que fut le combat de Bolívar (en tant que Bolivariste convaincu, je pourrais y passer des heures, mais je vais tenter d’être très schématique): en gros, Bolívar était un fervent défenseur des idée « Rousseauiste »: Justice sociale, liberté et égalité des droits pour tout homme née sur le territoire sud-américain, qu’il soit indigène ou européen, en plus d’une indépendance et d’une unité totale du continent.

      Mais, et c’est la l’un des front qui est le plus souvent oublié lorsque l’on évoque le combat général de Bolívar: la lutte face à l’impérialisme brésilien de Pierre Ier et de son fils.

      Je crois que c’est Alex qui dans un échange avec toi-même parlait de la brutalité des décolonisation néerlandaise et portugaise.
      Et bien je peut t’affirmer que Pierre Ier et son fils ne furent pas en reste quant à cette brutalité pour asseoir leur autorité et étendre le territoire de leur Empire (et les idéaux et allégeance qui allaient avec…).

      À la mort de Bolívar donc, l’Amérique du sud est partagée entre gouvernements se revendiquants directement de l’héritage bolivarien (Grande, Colombie, Pérou, Bolivie…et Paraguay), Empire du Brésil et ses visée impérialiste et libérale sur le plan économique, soutenue par l’Angleterre et les Etats-Unis et la triplette Chili-Argentine-Uruguay tiraillé entre les deux et n’ayant aucune ligne directrice clairement définie pour cause de déstabilisation interne et étrangère incessante.

      En 1860, la seule nation « bolivarienne » prospéré était le Paraguay. Une nation avec d’immense terres fertile, une industrialisation naissante, une population homogène et métissé et remarquablement éduqué, grâce à une instruction placé dans les mains des Jésuites. Asuncion était la capitale culturelle du continent en 1850…

      Mais surtout, et c’est très important, le Paraguay était radicalement protectionniste et possédait en plus une armée redoutable !

      Bref, un ennemi mortel pour l’Empire du Brésil de Pierre II, impérialiste, ultra-libéral et fortement rattaché à l’Angleterre et aux Etats-Unis politiquement et idéologiquement, depuis le « décrochage » avec le Portugal. Le modèle paraguayen devait disparaître coûte que coûte.

      C’est pourquoi la période 1860-65 verra tout un processus de déstabilisation par diverses conflit interne (organisé par les agents de Pierre II) en Argentine et en Uruguay qui conduira à la tête de ces deux pays deux homme: Venancio Flores en Uruguay (sorte de Sarkozy local, servant totalement les intérêts du Brésil) et Bartolomé Mitre en Argentine (qui écrira le roman national argentin, toujours en place de nos jours, et qui fait rigoler un argentin sur deux aujourd’hui…) pour rallier les pays du Río Plata au Brésil anglo-américain libérale plutôt qu’au Paraguay indépendant, bolivariste et protectionniste.

      De la naîtra donc, en 1865, la guerre la plus sanglante du continent: la guerre de la triple alliance, avec d’un côté, le Brésil et ses pantins argento-uruguayen et le Paraguay de Francisco Solano Lopez.
      Paraguay, qui, je le rappelle, et contrairement à ce qu’affirment quasiment tout les « spécialistes » brésilien et américains de cette guerre, ne fut en rien l’instigateur de ce conflit, mais ne fit que se défendre face à des attaques successives et répétés de milices brésiliennes sur sa frontière nord, débouchant sur d’innombrables annexions.

      En 1870, après 5 ans de conflit brutal, la triple alliance vainquit finalement le Paraguay de Solano, grâce à un important ravitaillement matériel anglais et américain.
      Et les troupes brésilienne détruisirent totalement le vertueux Paraguay bolivarien protectionniste en annexant plus de la moitié de son territoire et en se livrant à d’innombrable massacres de masses dans la population civile paraguayenne. Un pur scandale qui vaut encore aujourd’hui à de nombreux argentins et uruguayens de considérer cette période comme les réels « heures sombres » de l’histoire de ces deux pays.

      Le Paraguay détruit et saccagé, deviendra alors, et jusqu’à la parenthésé Lugo, un vulgaire satellite brésilien chargé de faire pression sur l’Argentine lorsque les intérêts de Rio puis de Brasilia l’exigeraient.

      Paraguay qui se « vengera » 60 ans plus tard sur la pauvre (dans tout les sens du terme) Bolivie, déjà affaiblie par la confrontation face au Chili en 1884 qui lui fit perdre son accès à la mer, lors de la guerre du Chaco (guerre qui eut également pas mal de conséquence sur le football continental, mais c’est un autre sujet…)afin de récupérer une partie de sa grandeur passé face à un adversaire nettement moins solide…

      Bon, je suis très schématique dans mon explication, et vais sauter plusieurs étapes, mais j’en vient maintenant au football.

      D’abord, il faut savoir qu’avant la création de la Copa Libertadores en 1960, les seul tournois « continentaux » en Amsud était ceux qui se tenaient chaque été entre club argentins et uruguayens (River Plate et Peñarol sont les deux clubs les plus titrés dans ses tournois estivaux). Face au succès de ces tournois, deux fédération proposèrent alors d’ajouter leurs clubs afin de continentaliser davantage ces tournois.
      Ces deux pays furent le Chili et… Le Paraguay !

      Le Chili via Luis Valenzuela qui proposa une formule incluant le Chili à ces compétition Rioplatense dés 1952, et qui s’opposa fortement, tel un De Gaulle face à l’entrée anglaise dans la zone économique et monétaire européene, à intégrer les clubs paraguayens et brésiliens à sa formule (certains évoquent pour cause un fort nationalisme, je pense plutôt que c’était une intuition remarquable d’un homme véritablement brillant, qui devina dés le début que l’idéologie des élites brésiliennes à la tête de la CBF seront tôt ou tard néfaste pour le foot continental).

      Bref, s’en était fini pour lui, remplacer dés 1955 par Carlos Dittborn puis José Ramos, deux brésilien répondant bien plus favorablement à cette volonté de plus en plus pressante des élites financières de continentalisation totale de ces tournois.

      Inutile de te dire que pour les mentalités rioplatense très conservatrice, plusieurs président de clubs (et pas n’importe lesquels…) furent dés le départ très retissant à cette continentalisation.
      Cette réticence se traduisit très vite par une reprise en main de la tête de la CONMEBOL par Fermín Sorhueta (uruguayen) tout d’abord, puis Raul Blanco (argentin) ensuite, qui tentèrent de réformer la Copa Libertadores dés son lancement en réduisant le nombre de participants le plus possible. Ils ne firent pas long feu eux non plus, l’oligarchie brésilienne reprit effectivement très vite les commandes.
      S’ensuivit dés lors la mainmise durant prés de 50 ans du duo Salinas-Leoz et leurs nombreux et puissants soutiens, s’en était alors fini de la vision rioplatense du football sur l’Amérique du Sud…

      Bon, j’ai déjà été fort long, je vais coucher les petits monstres et je reviens, 2éme partie de mon raisonnement à venir…

      • Je suis de retour, je reprend, donc…

        Mais ce qui permit de donner un relatif répit au football de club sud-américain(répit de 25-30 ans globalement), et qui se dresse toujours aujourd’hui comme le relatif principal rempart à la marchandisation totale de ce football, est le système des socios.

        je me permet de te répondre via deux clubs que je connait particulièrement bien: mon Peñarol chérie et l’Independiente Avellaneda, club de cœur de ma belle famille (deux géants sur le continent, totalisant à eux deux pas moins de 12 libertadores, c’est pas rien…).

        Il faut savoir que l’une des différence flagrante et fondamentale entre le football de clubs européen et sudam, c’est que dans le Nouveau Monde, les clubs sont en immense majorité détenue par les supporter, via le système des socios. Chaque candidat à la présidence des clubs se doit donc de séduire les socios par un programme prédéfini.

        Et attention, contrairement aux rares clubs européens se basant encore sur ce modèle, le candidat sait pertinemment qu’il n’aura aucune chance d’accéder à la présidence du club en promettant monts et merveille grâce à sa fortune personnelle (des Florentino Perez ou Juan Laporta n’auraient eu aucune chance d’être nommé à la présidence de Peñarol, par exemple…).
        Au contraire, pour qu’il ait une chance d’être élu, le candidat se doit avant tout de s’y connaître un minimum dans l’histoire profonde du club, sa culture-jeu historique et son identité globale.

        À Peñarol par exemple, nous n’avons eu que 4 président depuis 1953, avec ce système d’élections tout les 4-5 ans.
        Chacun de ces 4 président (Balsán, Guelfi, Cataldi et Damiani) ayant tous été garant d’une certaine identité carbonera, car chacun ayant profondément conscience et connaissance de cette culture-club, et sachant pertinemment qu’il perdra sa place à la moindre incartade.

        Le pauvre Cataldi en fera malheureusement les frais après sa décision de mettre Menotti à la tête de l’équipe première, espérant ainsi se mettre dans la poche la jeune génération de socios, grave erreur ! (les jeunes, biberonnés depuis l’enfance aux récits anciens, étant souvent les plus conservateurs sur le plan du jeu, en tout cas en Uruguay…).

        A Independiente en revanche, le club était également trés conservateur dans ses valeurs et sa présidence jusqu’a l’intronisation, en 1976, aprés l’une des éléction la plus louche qui soit, de Julio Grondona (et de ses soutiens, suis mon regard…) à la tête du club. A partir de ce mandat (soit jusqu’en 1982), Independiente ne fit que perdre son âme, devenant l’un des club les plus politisé et les plus instable d’Argentine, et ne fit plus que décliner sportivement et identitairement…

        Autre exemple, et pas des moindres, Boca Juniors, ou la, on est dans le tragique absolu depuis la présidence Macri…

        C’est pourquoi Damiani parviens, malgré sa personnalité et ses multiples casseroles à se maintenir à la tête de Peñarol depuis 25 ans maintenant, car il représente, malgré tout, une certaine connaissance de l’identité et des valeurs historique du club, quoi qu’on en pense. Meme chose avec Eduardo Ache à Nacional.

        La conséquence ? Un football de club uruguayen à la ramasse sur le continent depuis 30 ans, malgrés quelque joli coup d’éclats (Peñarol en 2011, Nacional l’année derniére…), et qui ne survit que grâce aux ventes massives de joueurs à chaque période marchande. Il n’y’a pas de secrets…

        A l’inverse, les élites brésiliennes, les même depuis 1850, qui ont totalement inculquer leur idéologie néo-libérale aux Monde du football par une soumisson totale aux grandes firmes et une réduction drastique de l’influence des socios, permirent à leurs clubs proposer encore des salaires « décent » (footballistiquement).

        Le dernier exemple en date est bien évidemment Neymar, qui fut prolongé tout les 6 mois pour le maintenir par tout les moyens un peu plus longtemps au pays grâce à l’argent des grandes firmes. Et qui nous vaudra tout le théâtre du clown LAOR, qui « face aux offres de Chelsea et Barcelone, se sentit comme Bolívar face aux européens, refusant leurs offres en les regardants droits dans les yeux et en leurs disant que l’impérialisme était terminé » (Loool…)

        Intéresse toi maintenant au palmarès des vainqueurs de la Libertadores depuis 1990 et la prise en main de la CBF par Teixeira…
        C’est bien simple: hormis les exception Colo-Colo en 91 et Quito en 2008, le seul et unique pays bénéficiaire de cette assise est… Le Brésil ! Suivie de l’Argentine, qui parvient tant bien que mal, et grâce à son berceau de population fort intéressant pour les bureaucrates de la CONMEBOL a maintenir la compétitivité de ses clubs.
        La Colombie et le Paraguay s’inscrivent également dans cette oligarchie, en tant que satellite americo-brésilien (on en a eu l’exemple avec la victoire de Medellín l’année derniére…)

        Quant aux pays « voyous » aux yeux des instances de la CONMEBOL: Chili-Uruguay-Pérou, c’est bien simple, il ne reste plus que les résultats des sélections, assez performantes certes, pour s’essuyer les yeux…

        Donc, et pour conclure, je dirais que oui, en Amérique du Sud aussi, depuis la présidence de Salinas dans un premier temps, puis de Nico Leoz ensuite (ami personnel de Stroessner, et agent américain à ses heures perdues…)qui n’ont rien fait d’autre que de préparer pendant 25 ans le terrain à l’intégration footballistique des clubs sud-américain à la futur vision économique du MERCOSUR (« truc » crée en 1990, sous forte impulsion brasilo-américaine, soit un ans avant le déménagement des locaux de la CONMEBOL…à Asunciòn ! Tout sauf une coïncidence…), l’argent tient une place prépondérante dans notre football, surtout depuis le début des années 90 et la mise en place du MERCOSUR. Tout club fonctionnant encore un minimum « à l’ancienne » se voyant très vite châtié par l’abandon de sponsors ou de grandes firmes…

        Ça a prit plus de temps qu’en Europe, parce qu’il fallait mettre cette idéologie en place en se débarrassant de ses principaux opposants, mais cela est totalement le cas depuis le début des 90’s, malheureusement…

        Dernière chose, et pas des moindres: lorsque Stroessner fut destitué par Washington en 2006, il fut accueilli à bras ouvert par le Brésil, finissant ses jours dans l’un des plus luxueux hôtel de Brasilia.
        Ensuite, dire que les destitution successive de Lugo et Dilma annoncent trés certainement la mort très prochaine du football sud-américain, plus qu’une question d’année à mon humble avis…

        Ouh la, je me rend compte que ça fait beaucoup de choses tout ça, je commence à m’enfoncer un peu, je ne sait pas si tu parviendra a saisir mon fil conducteur en me lisant, mais si tu as des questions ou des imprécisions, j’y répondrais avec plaisir…

        A plus 😉

        • C’est passionnant tout ça, merci!

          A certains égards, j’y retrouve bon nombre des forces souterraines à l’oeuvre dans les déviances historiques de l’eurofoot, où je serais tenté aussi de voir certaine patte anglo-saxonne (quoiqu’à nuancer sans doute dans le cas européen – la logique ultra-libérale tend, trop souvent, à être tenue pour fait exclusif de la sphère anglo-saxonne…or la France et historiquement, par exemple…).

          En Belgique et comme tu sais, même si j’ai fini par me dépassionner pour les choses du football, je garde certaine affection pour le Standard, club trublion et subversif, j’aime bien… Au-delà des succès passés, plupart de ses supporters gardent le regret du Président Petit, fin connaisseur de football, idem à Anderlecht à l’endroit du patriarche VandenStock, à Bruges de De Clerck… Ce n’est pas faute pourtant que Petit fut à certains égards un sale type (chantages permanents avec ses joueurs, « signe ou je brise ta carrière »), ou VandenStock une franche canaille………..mais au moins étaient-ils significatifs de trois choses : culture-jeu, ancrage local…et obsession de la pérennité du club.

          Tu évoques, avec indulgence, la personnalité trouble de Damiani… C’est un peu le sentiment que j’ai, aussi et pour le Standard cette fois, à l’endroit du pourtant très sulfureux (pour ne pas dire mafieux) Luciano D’Onofrio, qui pendant une bonne dizaine d’années présida (officieusement) les destinées du club liégeois ; le type est peu recommandable, voyou international, et se fit assurément un fric fou à travers ce club (et d’autres)…mais avait pour lui une connaissance pointue du jeu, un ancrage local et même une vision à long-terme ; on ne peut vraiment en dire autant de ce qui a suivi (à savoir : l’ultra-libéral pur jus Duchâtelet, homme de chiffres et non de foot, et qui désormais « s’illustre » notamment à Charlton, qu’il vide aujourd’hui de son ADN comme fut près de faire au Standard)…

          Une coquille dans ton passionnant commentaire, Stroessner fut renversé en 1989 je crois (2006 me paraît être plutôt la date de son décès, au terme d’une retraite effectivement dorée au Brésil). Je ne connais guère son pedigree mais d’après des amis allemands, guère portés sur l’excès de langage, Stroessner était rien moins qu' »un nazi » (sic)?

          Le Paraguay m’a toujours paru, confusément, la clé de bien des enjeux sur ton continent ; de ces pays qu’il est impossible de zapper pour pouvoir comprendre les dynamiques d’ensemble… Merci de m’avoir conforté dans cette idée, et surtout d’avoir expliqué en quoi et pourquoi.

          Mercosur-Conmebol… CEE-UEFA… Questionner les dynamiques profondes de ces hyperstructures permet enfin de comprendre bien des choses, je crois…

        • Très très intéressant merci pour cet exposé clairvoyant !
          Je l’ai lu avec attention et je prends note. C’est toujours important de pouvoir décortiquer réellement un problème de fond. Les analyses des médias de masse traditionnels sont souvent beaucoup trop futiles ( anecdotiques ou partiales c’est selon..) là on entre vraiment dans le vif du sujet.

          Je n’avais jamais imaginé ça et je commence à comprendre certaines choses. L’identité du club est très importante chez eux et j’ai bien l’impression qu’elle est minimisée en Europe ( enfin en France je doute que ce soit le cas ailleurs..). On se borne à dire que leur football est mort et en plus on ne relate que très rarement leurs résultats… ( enfin je crois que ce n’était pas le cas avant mais n’étant pas très vieux 🙂 je ne peux confirmer mais si un expert passe par là… par contre la coupe intercontinentale était prestigieuse donc j’imagine qu’il y avait à minima une présentation de l ‘équipe sudam mais je m’égare…)

          Un peu choqué par le rôle du Brésil. On présente l’arrêt Bosman et sa suite ( libéralisation du marché des joueurs) comme étant le principal responsable du déclin des clubs d’Amérique du sud sans chercher à aller plus loin. Certes il y a du vrai mais en voyant ton commentaire on constate que c’est beaucoup plus complexe… Mais comme pour Alexandre des fois je me demande si ce n’est pas la conséquence d’un ressentiment régionaliste ( Belgique/ NL , Uruguay/Brésil ) mais je vous taquine rassurez-vous 🙂

          J’apprends un peu aussi de l’histoire souterraine c’est toujours bon à prendre. Par contre l’Argentine a aussi été sous tutelle américaine avec le très sympathique Henry K. qui était très intéressé par la CDM 78 mais c’est un autre sujet…

          Par contre je ne sais pas si le modèle des socios est une création européenne ou sud américaine. En tout cas le système que tu évoques me semble beaucoup plus sain moralement. Par contre comment évoquer la puissance financière d’un Boca Junior du début des années 2000? Il était redoutable je crois.

          Enfin les instances continentales. Bon je crois être le moins connaisseur du site sur ces sujets. J’ai toujours eu du mal à analyser correctement ces officines administratives trouvant ça rébarbatif ( à tort d’ailleurs) donc toujours pertinent de relater et de constater les machinations qui changent le cap…

          Pour en conclure avec le Brésil , ce n’était pas un peu à charge? 🙂 Non mais la réalité est accablante en effet mais pourquoi dans ce cas ce pays n’a organisé une CDM qu’en 2014 si elle était dans les petits papiers de l’élite? Particulier. Cela dit la corruption fait rage chez eux difficile de le nier.

          • Je me suis effectivement enmêlé les pinceaux concernant la date de destitution de Stroessner…

            Stroessner, nazi ? Tu tape dans le mille Alex ! 😉

            Les grands-parents de mon épouse, bavarois venu s’installer en Argentine à partir de 1946 aprés avoir cru, comme l’immense majorité de la jeunesse allemande de l’époque, à l’épopée national-socialiste, me racontérent à de nombreuses reprise que Stroessner pére était une personnalité loin d’être inconnu en Baviére, avant son immigration, et était par exemple l’un des ami intime d’un certain Gottfried Feder…

            De plus, Stroeßner fils se rendait réguliérement en Baviére avec son pére durant son enfance, et fut par exemple reçu plusieurs fois par les haut dignitaires nazi dés leur prise de pouvoir en 1933.

            Autres piste, lors de la guerre du Chaco, guerre qui marqua la naissance politique de Stroeßner fils, en tant que général paraguayen, l’armée bolivienne captura à de nombreuse reprise une multitude de soldats, et même quelques colonels…allemands ! Servant pour la plupart directement dans l’armée paraguayenne…
            L’Allemagne payant toute les rançons demandé par la Bolivie pour leurs libération, fussent-elles extrêmement élevées…

          • Cosmo,

            Ressentiment nationaliste ?
            Oh non, du tout, je suis au contraire un grand-admirateur de foot brésilien post-70 !

            Mes grands-parents paternels commençant même leurs nouvelle vie sud-américaine à São Paulo durant 3 ans aprés leur départ de Syrie, et gardant jusqu’a la fin de leurs vie une attache particuliére avec cette ville et sa nombreuse communauté arabo-chrétienne.
            Ville ou je me rend égalemment assez réguliérement et toujours avec grand plaisir !
            Autant te dire que la rivalité uruguayo-brésilienne du XIXéme ne touche que trés peu mon histoire personnel ou familliale, donc aucune rancune personnel las-dedans, rassure toi  ;).

            Je fais juste un constat, que tout le Monde fait je crois, sur la brutale déclinaison du football de club uruguayen et sud-américain depuis 30 ans, via tout un tas de questionnement personnel: Comment se fait-il que mes grands-péres aient connu le Peñarol des Varela, Leonidas, Schiaffino, Ghiggia, Miguez ?
            Que mon pére ait eu la chance de s’éveiller au football durant son adolescence avec des Spencer, Joya, Mazurkiewicz, Cubilla ?

            Et que moi, pauvre plouc née au début des années 80, et donc un peu jeune pour avoir vibré lors de la victoire de 87, me soit cantonné à vibrer pour des équipes dont les grandes figures furent des Bengoechea, Pacheco, Dario Rodriguez, Montero ou autre Dario Silva… Excuse moi, mais j’ai un peu l’impression d’appartenir à une génération maudite. Ce qui me vaut d’ailleurs, à moi et mes fréres, pas mal de railleries de la par de mon pére et de mes oncles…

            J’ai donc tenter d’expliquer cette baisse brutal de niveau par étape, en me basant sur tout un travail de recherche sociologique, historique et économique, et je tombais à chaque fois au fil de mes recherches sur le rôle d’une partie des élites brésilienne, toujours, et toujours par pur hasard…

            Et c’est pourquoi j’ai le projet d’en faire un livre, qui sera sans doute un gros pavé de plus de 1000 pages, analysant la situation et le basculement néo-libérale sud-américain du XVIéme à nos jours.
            Mais je ne le publierais pas avant de rentrer définitvement en Uruguay, et avant de consulter des sources qui me paraissent fondamentale à Damas…

            Boca du début XXIéme ? C’est bien simple mon ami… Mauricio Macri !
            Il est vrai qu’en me relisant, je pointe beaucoup certaines élites brésiliennes, mais les argentines ne sont pas en reste non plus. Tout cela s’inscrit dans de profond rapport de force interne et externe à chacun de ces deux pays. Trop long à developper ici…
            A son éléction (tout aussi louche que celle de Grondona à Independiente) en 1996, Macri prit toute une série de mesures visant transformer de l’intérieur l’un des club les plus conservateur d’Argentine.
            Exit les valeurs profonde xeneize, bonjour les sponsors tous plus douteux les uns que les autres (Pepsi, LG, Nike, BBVA, Goodyear…). Bref, voila d’ou est venu le pouvoir financier de Boca au debut de la présidence Macri, et pourquoi ce club ô combien atypique s’est aujourd’hui transformé en vulgaire Disney Land footbalistique. Perdant toute sa base populaire au fil des 20 derniéres années et devenant petit à petit un club pour bobo.
            Pas étonnant qu’il soit autant sur-vendu dans les médias européen (avec en premier point l’ambiance de la Bombonera…Loool)

            Pourquoi le pays n’a organisé une CDM qu’en 2014 si elle était dans les petits papiers de l’élite? 

            Il fallait mettre toute cette idéologie en place, le Brésil est un grand pays, ces élites ne sont, comme en Argentine, pas homogénes. Beaucoup d’entre elles avaient encore un minimum de bon sens, c’est un immense rapport de force interne à ces élites qui se joue depuis 30 ans.

            J’évoquais plus haut la destitution scandaleuse et grotesque de Mme Roussef en mai dernier, tout analyste politique sérieux au Brésil sait que cela est du uniquement à ce rapport de force qui taraude la société brésilienne entre élites bolivariennes (qu’incarnaient parfaitement le tandem Lula-Dilma) et néo-libérale (dont Temer en est la caricature…).

            Malheureusement, les rares « conservateurs » encore existant (catégorie ou je placerais volontier Havelange et Santana) vont totalement disparaitre des hautes fonctions de l’État dans les mois qui viennent…

          • Nul ressentiment régionaliste, je t’en assure décidément ;o)

            Pas plus tard qu’il y a dizaine de jours, encore, amical NL-Belgique…….. : j’avais surtout mal au coeur à voir les NL si mal en point, timorés, ratatinés, inoffensifs et dans l’attitude méconnaissables (les Belges en face n’étaient guère sensass’, note)… L’essentiel de la passion qui déchirait ces deux pays a disparu, dillué d’une part dans la mondialisation, et de l’autre dans un inexorable déclin structurel…

            A ce propos, ça m’a beaucoup amusé : pour ce match, les NL avaient singulièrement mis le paquet!, partout des affiches « derby der lage landen » (= « derby des plats pays »), en firent des tonnes…………. Rien de tel n’était nécessaire quand ces nations étaient au top, la rivalité allait de soi, point besoin de subterfuge… C’en dit ma foi long, on veut raviver la flamme………mais quelle flamme désormais, bof…

        • Carbonero

          Brésil, voilà pourquoi on a du mal à situer une personne comme Havelange, il était positionné dans les deux camps, étonnante posture, certes….

          Pas grand-chose à rajouter sur tes coms, par contre sur le concept socio. C’est une évidence, le rapport qui lie un sup à son club n’est pas vécut de la même façon entre les deux continents. Le sud-américain est lié corps et âme à son club quel que soit sa situation, en Europe – surtout en France – s’est plus volage. On ne parle pas de culture-club, mais de spectacle, ça fait mal quand on est un footeux.

          Les clubs sud-américains sont des assos omnisports qui ont joué un rôle de première importance sur le plan social, une réalité occulté par les médias de l’hexagone. On préfère avancer que le Barca est plus qu’un club, au point d’aider les gens, le club va donner des cours de rattrapage scolaire ………..Lol, ça fait des lustres que tout ça existe de l’autre côté de l’atlantique, faut bien formater l’esprit du footix.

          En Europe, le concept socios est une pure arnaque. Les socios n’ont quasiment plus aucun pouvoir – plus libre par le passé – ils se contentent d’élire des types qui promettent le paradis, le cas du Real est emblématique. La tribune à changer en mal.
          J’ai une certaine affection pour le community ownership US. Sur plus d’une centaine de franchise MLB, NFL, NBA et NHL, seul les Green Bay Packers en NFL sont doté de ce statut qui a été interdit dans les quatre ligues pro et en MLS je présume.
          C’est un système ultra contraignant qui interdit l’accès au club à des affairistes de toutes sortes. 80 ans que c’est en fonction et ça marche…

          • Yves,

            Le rôle social des clubs sudam et leurs ancrage dans les société locale est indiscutable et inéluctable…

            Je ne connait pas grand chose en sport US mais l’exemple de Green Bay a l’air de ne pas te laisser insensible… Aurait-il des points communs avec le systéme sudam de club ?

            En tout cas, c’est encore un vaste débat… Et je redoute le jour ou Peñarol sera réquisitionné par les élites de la CONMEBOL pour rentrer dans le rang comme Boca ou Santos.
            Dieu merci, le marché de « consommateurs » est bien moins intéressant en Uruguay qu’au Brésil ou qu’en Argentine, ouf, encore quelques années de répit…

            • Un pavé de 1000 pages, énorme !!!

              Green Bay est un peu spécial aux US, après chaque fin de saison, les revenues sont réparties dans trois directions. Trésorerie, économie en vue d’améliorer les infrastructures du club et enfin le reste est destiné à un tas d’assos caritatives avec le financement d’un tas d’initiatives. La franchise appartient à ses fans, chaque dollar est comptabilisé bref c’est du sur mesure…..Et niveau ambiance, c’est le meilleur public comme par hasard.
              J’ai lu récemment que pas mal de fans de certaines franchises US étaient envieux de ce qui se fait à GB….

              • Ah intéressant, comme quoi, ce modéle existe au sein même de l’Empire yankee, y’a de l’espoir.
                En faisant mes propres recherches, sur un site mexicain(seul espace latino ou on peut trouver des renseignements a peu prés fiable sur le foot yankee), j’apprend que le stade des PGB est à guichet fermé depuis 1960, c’est fou ça !

                Par contre, il y’a un truc que j’ai jamais pigé dans les sports US, c’est les déménagements de « franchise » d’une ville a une autre. Ces deux villes pouvant se situer à plusieurs milliers de km l’une de l’autre. Assez curieux comme systéme…

                Au final, ce community owenership est assez proche de ce qui se fait dans encore quelques clubs sudam, j’imagine que ce modéle doit faire fortement rager les instances de la NFL ?

  6. En fait le Real du fait du franquisme tout comme Benfica du au régime de Salazar ne faisait pas partie de cette oligarchie au départ, pourtant, ils ont raflé les sept première C1 de la compète, suspect ?

    Il n’y a guère de suspicion, leur domination est logique, car c’était des clubs qui étaient prêt pour ce type de compétions, le Real surtout, le reste des clubs européens – ont l’oubli trop souvent – pensaient que cette épreuve allait disparaitre rapidement, pas besoin d’en faire un foin…
    Liverpool ?
    Simple, je crois que d’avoir affronter des clubs semblables à aider le club de la Mersey , quand ton rival se nomme Mglabach – certes une machine comme on n’envoie plus de nos jours – ça aide……….Quand Liv se pointe à Paris face au Real en 81, les Reds possèdent quatre coupes d’Europe sur leurs étagères, la question est réglée¨, les brits n’ont jamais introduit le problème de classe dans leur football, tout ça vient de l’Uefa………Leeds, cas spécifique.

    • Oups…..Quand je dis de ne pas en faire un foin, je cite les dirigeants de certains clubs de l’époque voir le climat général, cette nouvelle compétition était commandé à terme….

    • Oui les anglais ont un peu rechigné à jouer le jeu au début mais après ils sont rentrés dans le rang.

      Pour le Real il y avait un intérêt de « grandeur nationale » je crois. Peut-être que le roi y a participé je ne sais pas mais en tout cas il y a eu volonté d’exporter en Europe un modèle de réussite. Et puis également des moyens financiers illimités pour l’époque ce qui aide aussi un peu.. Mais il est vrai que le projet semble un peu plus « sympa » que celui de Berlu…

      Par contre le Benfica cela ne fait aucun doute qu’il y a eu volonté politique… d’ailleurs ce cas là ressemble à s’y méprendre au Brésil…

      • Volonté politique au Benfica? Je ne pige pas le portugais, mais je sais que mes amis benfiquistes deviendraient tout rouges en lisant ça :o)

        Ou plutôt, je précise : ils deviendraient tout rouges si tu sous-entends par là que ce club bénéficia des faveurs de Salazar! Selon eux en tout cas, c’est tout le contraire. Et si clubs chouchoutés il y eut, à les en croire : Porto…et surtout Belenenses!

        Concernant Belenenses, ce sont des choses que j’ai déjà lues de ce de là……. Quant à trancher d’entre Benfica et Porto : je vais faire comme Ponce Pilate :o)

        Spontanément et globalement, enfin, de l’avis d’Yves : l’isolationnisme de ces deux pays était tel, que j’ai bien du mal à considérer qu’ils pussent vraiment bénéficier de faveurs au sein de l’UEFA.

        Sorry si j’interprète mal ton propos, c’est bien possible aussi.

        • Je ne connais pas vraiment l’histoire du Portugal en profondeur mais j’évoquais le dualisme Brésil/Portugal sous le spectre du protectionnisme avancé. Pelé joyau national obligé de rester au pays. Idem pour Eusebio surnommé le Pelé européen..

          Je doute que Salazar et le gouvernement brésilien de l’époque soient supporters du Benfica ou de Santos ( en fait je n’en sais rien) mais je crois qu’à travers la locomotive sportive du pays rendant un peu d’honneur et de grandeur , je me dis que le gouvernement cherche à pérenniser sa position sur le plan continental ( surtout pour le Benfica) mais je peux également dire une bêtise. Pour le cas Brésilien c’est surtout pour calmer le peuple : même les adversaires du Santos voulaient voir jouer Pelé…

          Pour le Real je ne sais pas mais ils avaient quand même beaucoup beaucoup d’argent… chaque année une nouvelle star.. On se moque de Perez mais je crains qu’il n’ait été inspiré par ce modèle ( avec une pointe d’entertainment plus que de raison sportive…)

          Et puis pour corser mon propos et faire une petite polémique les instances continentales et économiques aiment beaucoup les régimes autoritaires…

          • Cosmo
            Bernabéu était un des rares dirigeants à croire en la C1. Busby fut le premier en GB à penser qu’il fallait jouer à fond la C1, le reste était dubitatif………tiens, sujet pour bientôt.

Comments are closed.