Gentrification des tribunes

La gentrification des tribunes opérées en Grande-Bretagne est sans cesse au cœur de l’actualité. Il ne se passe pas un mois sans que ce débat revienne ici et là en fonction du calendrier de la Premier League. Je fais parti de ce que qui ont tiré à boulets rouges sur la perte d’identité du football anglais à travers la transformation des enceintes du Royaume-Uni pour favoriser un public issu des classes aisées, mais la réalité est bien plus complexe et subtil ce que l’ont pourrait croire…

Old Trafford innove   

1962, le board du club de Manchester United entérine le projet de la construction d’une nouvelle tribune en lieu et place de la North Stand, la tribune latérale qui fait face à la tribune d’honneur. Le club de Liverpool réalise une opération similaire avec le remplacement de la tribune de Kemlyn Road doté de 6 700 places assises et couverte.  Cette décision fait suite à un constat. Les clubs dans toutes l’Europe font des efforts pour améliorer leurs enceintes, celle d’Old Trafford est bien entretenue, mais souffre d’un déficit en matière de confort. La nouvelle North Sand se décompose en trois parties distinctes. La première section proche de la pelouse reste à l’état de terrace, elle est constituée de place debout en totalité. La seconde section est composée de place assise et l’ultime section se distingue par l’ajout de box loué pour un coût annuel de 450£ aux entreprises du coin – photo explicative en ouverture de l’article.

Représentation sociale

la North Stand présente certaine caractéristiques qui en fond un cas d’école. La tribune semble refléter une représentation sociale de la société anglaise, plus on grimpe, plus le prix du billet de match est élevé, mais Manchester United est un club populaire et entend le rester. Avec le recul du temps on constate que la North Stand était un compromis avec pour seul but d’offrir à toutes les classes sociales un espace aménagé pour chacune d’elle en apparence, car la sociologie du public qui occupait les terraces et les places assises était socialement pluriel.

Il n’y a jamais eu d’étude sérieuse sur le sujet, prenons le cas d’un club tel que Manchester United. Il est impossible de savoir qu’elle était la partie de spectateur en terme de pourcentage qui appartenait aux différentes classes sociales . Il est certain que le public provenant de la working class se déplaçait en masse aux stades avant-guerre, mais une légère décru apparaît durant les années d’après-guerre, les classes populaires découvrent d’autres sources de divertissement, un rééquilibrage s’opère dans les tribunes ce qui aboutit à ses transformations graduelles qui interviennent dès les années soixante.

Terraces entre mythologie et réalité

C’est une erreur de penser que seule la working class possède une culture en matière de football, un acquis né dans les terraces dont serait dénuées les classes aisées voir supérieure. On pouvait être fonctionnaire, ouvrier, chef d’entreprise, bookmaker, intellectuel, étudiant et côtoyer les terraces. Les places populaires ont toujours été prisées des amateurs de football, facilité de se déplacé, une convivialité plus grande qui permettait d’échanger plus facilement entre amis et la proximité avec le terrain et les joueurs. Le hooliganisme instrumentalisé par les libéraux à sonner le glas des terraces et à disloquer un public populaire , mais amateur de football, quelle que soit son origine sociale.

Le marché face à ses contradictions

Il est question depuis quelques années de réaménager les virages et de faire place de nouveau aux terraces. Des places assises non occupées en masse se remarque dans un stade et surtout à la télé, debout on ne distingue pas ses vides que le marché à besoin de dissimulé. La crise n’épargne pas les nouvelles classes aisées moins en phase avec la culture football que leurs devancières. Rien n’est jamais définitif en matière de football, l’argent est un outil de dissuasion, d’aseptisation et d’écrasement, mais vu la tournure que prend la mondialisation du football, il est fort possible que les tribunes du royaume uni subissent une nouvelle gentrification inversée dans un proche avenir, le stade à ceux qui connaissent et aiment le football, quelles que soient leurs origines sociales…

Maquette de la North Stand d’Old Trafford

Yves Alvarez

Yves Alvarez

64 Comments

  1. « Vu la tournure que prend la mondialisation du foot »…voire la mondialisation tout court! (…quoique le mondialisme surtout ; la mondialisation, quant à elle, est sur le fond sans doute irréversible)

    Les terraces? Ne m’avais-tu fait part, il y a quelques mois, de la volonté à Aston Villa de les réhabiliter?

    Et, oui : on peut en trouver de belles, même en ne maîtrisant vraiment le sujet (ça reste en tout cas assez nébuleux pour moi)), si on furète du côté des causes premières du hooliganisme…

  2. …United qui va agrandir encore son stade, appelé à devenir le second plus grand exclusivement voué au football en Europe.

    Pendant ce temps et en Belgique, le projet (pour le moins scandaleux) de nouveau stade national pâtine à nouveau ; désormais il est bloqué par l’existence d’un…sentier pile-poil au milieu du futur stade, j’adore :o) Je ne me fais toutefois aucune illusion : certain microcosme bruxellois l’aura, son stade prétentieux à refourguer au Sporting d’Anderlecht (le porteur du projet, échevin de Bruxelles, était il y vingtaine d’années dirigeant dudit Sporting, et avant cela dirigeant exécutif de notre fédé…où il fut mouillé jusqu’au cou dans l’étouffement du Nottinghamgate…).

  3. Oui, j’ai vu le projet des dirigeants d’United. C’est d’une logique implacable, toujours plus, toujours plus gros, c’est une fuite en avant, ses clubs commencent à crouler sur le poids de leur propre histoire, impossible de soutenir tout ça.
    Les touristes – je ne savais pas qu’il y en avait autant – vont venir plus régulièrement, un bail que United n’est plus qu’une marque, un Disneyland pour bobo nomade en mal d’identité footballistique…
    Les gens de Villa réfléchissent au retour des terraces, le problème vient d’en haut, les sponsors qui aime et n’aiment pas, le marché face à ses propres contradictions, l’Angleterre reste l’épicentre du football mondial, pour pas grand-chose, un brin d’antilibéralisme et puis tout change………….avoir le regard permanent sur ce qui se passe en perfide Albion….

    • Oui, ce n’est plus guère qu’une marque, et depuis certain temps en effet. Du reste, leurs dirigeants actuels ne s’en cachent même pas, c’est précisément en ces termes qu’ils traitent de l’actualité et du devenir de United : une « marque »!

      Le découplage des performances et du business y est par ailleurs interpellant, puisqu’ils semblent actuellement pulvériser leur CA et bénefs tout en restant globalement moribonds (légère embellie, certes, mais…)…

      Ce n’est pas le club anglais que je connaisse le mieux, loin s’en faut (il est, il est vrai, de ceux qui ces dernières années m’ont inspiré le moins de sympathie), et je tiens pour acquis depuis longtemps que Munich 58, au-delà de son caractère évidemment dramatique, ne fut totalement perdu pour ce club… Image, popularité, story-telling, mythe… : il y eut un avant et un après, dont au final le club sortit boosté (…car un autre club anglais, avant United et l’élan né en 58, avait-il inspiré tant de sympathie à travers le UK???)

      Et toi qui connais mieux le foot anglais que moi : United portait-il déjà en germes tout cela avant 58, cette forme de destinée et d’ambition « hors-les-murs »??

  4. Sujet trés intéressant et article fort instructif Yves.

    Quelque chose qui m’a marqué, et qui rejoint l’un de nos débat sur l’article précédant, tu évoque le hooliganisme instaurée par les néo-libéraux dans les tribunes anglaise, pourrait-tu (ou quelqu’un d’autres…) m’en dire plus ?
    Je ne comprend malheureusement pas l’anglais (comme tout bon sudam qui se respecte :p), donc ma documentation et mon savoir sur ce football s’en retrouvent malheureusement impactée…

    • Je n’aurais pas grand-chose à proposer…sinon qu’en Belgique la version instituée (certes point fausse, mais…) affirme que notre hooliganisme, terrible entre mid-80’s et mid-90’s!, ne fut guère qu’inspiré de l’anglais (dès les 70’s via le très britannique Antwerp, puis au gré des joutes européennes opposant clubs anglais à Anderlecht et Bruges)…………….et il y a sans doute du vrai…sauf que, dans ce cas : pourquoi le hooliganisme fut-il si tardif au Standard (avant de le supplanter dans la violence : dizaine d’années de retard sur l’anderlechtois!, alors que le terreau liégeois ressemblait à s’y méprendre à l’anglais, et que le Standard se coltina non moins, dans les 70’s, de clubs anglais – Leeds 2x…ou plus encore l’affrontement contre City, précisément marqué par le hooliganisme brit…??)…??

      Rien qu’un constat, une observation : Anderlecht était très politisé, et Bruges se politisait alors, tous deux très (pour ne pas dire « très très ») à droite (quoiqu’en mode unitariste/belgicain à Anderlecht, et en mode plus flamando-souverainiste à Bruges)……….. Politisation au Standard? Nada… A Anderlecht aussi, l’influence presque surnaturelle du très droitard Verschueren sur les noyaux durs de supporters était par ailleurs fascinante!

      Pour en revenir aux Brits, et de-ci de-là, on peut trouver d’agitateurs politiques notoires, ostensiblement situés à l’extrême-droite de l’échiquier et de la subversion politiques, à s’illustrer (directement ou non) parmi les tribunes du pays………………….. Dans le genre d’ailleurs : le nom de Delle Chiaie circula-t-il jamais dans les tribunes sud-américaines??? C’est une question que je me pose depuis des années, mais à ce jour sans le moindre élément de réponse…

  5. Le hooliganisme ? Vaste débat et sujet tortueux….

    Le problème vient des documents, des récits faits par ceux qui ont vécu cette période……..Ça ne vaut pas grand-chose, car une simple étude du hooliganisme laisse apparaitre des motivations fort différentes selon les clubs.

    Injustice pour certain – Leeds le meilleur exemple- ou mimétisme pour d’autre, et tentative de mettre au pas la tribune par les libéraux- c’est une certitude – le hooliganisme n’a jamais été traiter sérieusement de l’autre côté du Chanel….

    • Opinion identique concernant le hooliganisme sauce Leeds. Quant au Standard que j’évoquais plus haut, le hooliganisme semble l’y avoir initialement été en réaction aux passages à tabac dont étaient victimes leurs supporters, jusqu’alors paisibles, du fait de hooligans brugeois, bruxellois et anversois – version entendue de la bouche de maint hools rouches de la première heure, de l’un des pères-fondateurs du (très familial) « kop » rouche aussi, et reprise dans une étude sociologique consacrée jadis aux hooliganismes belges… Après des années de lynchage, et tjs à en croire un ex-« Hell-Sider » : il y eut d’abord des années d' »apprentissage »…puis le hooliganisme rouche (dont plupart des activistes se réclamaient de gauche) n’eut plus rien à envier à quiconque en Europe.

      Pour ma part et pour en revenir aux hooliganismes brits, c’est plutôt celui-ci que j’évoquais plus haut : https://www.youtube.com/watch?v=vKoYjOGOzXQ (on y voit, vers la 26ème minute, le leader du National Front détailler sa stratégie d’infiltration des tribunes, plus précisément à Milwall dans le cas d’espèce).

      On pourra objecter que le NF partit à travers les âges à peu près dans tous les sens ; parmi ses grandes figures historiques, on trouve ainsi beaucoup de types qui furent tour à tour socialistes, brito-impérialistes, nationalistes, protectionnistes, anti-communistes (= l’une des rares lignes directrices, à dire vrai)………… Courant 80’s toutefois, la source d’inspiration première était devenue l’italien Roberto Fiore, dont le pedigree se passe lui de commentaires…

  6. Il y a une volonté politique depuis un bon moment de changer le public du football. Paradoxalement c’est un sport méprisé des élites ( en France du moins) mais qui est beaucoup trop important pour ne pas être pris au sérieux.

    Le cas Anglais est très complexe. Populaire son football l’a été mais manifestement quelque chose rôdait. L’apparition soudaine de voyous dans les stades est assez étrange. Se souvenir que l’extrémisme du supportariat a également ses sources en Italie… d’ailleurs il est particulier de constater que l’un des temps forts de cette cassure violente entre délinquance et sport se produira dans une rencontre entre deux clubs de ces pays…

    N’ayant pas tous les éléments je ne peux que spéculer mais il est évident que « grâce » ( malheureusement) à ces événements violents le football anglais a pu se réorganiser en machine infernale extrêmement riche… Pour en revenir à l’aspect purement criminel de quelques « hooligans » il faudrait aussi se souvenir des connivences idéologiques et politiques de certains leaders… idiots utiles d’un système qui les dépasse? Possible…

    La tragédie d’Hillsborough est également très intéressante si on veut essayer de comprendre certaines motivation non avouables… Criminaliser le prolétaire , admirer l’aseptisation ( officiellement pour des raisons de sécurité) mais je peux m’égarer.

    • Les affrontements anglo-italiens, 60’s-70’s surtout, éh bien je ne suis pas loin d’en penser qu’ils furent le climax de l’Histoire des coupes d’Europe!

      Et si la roue tourna sportivement pour les Anglais (jusqu’au Heysel, du moins), je ne suis par contre pas sûr du tout que le football anglais en sortit indemne sur tous les plans…

      La généalogie du hooliganisme, c’est un truc trop compliqué pour moi……… Où? Quand?? Voire quoi exactement???

      Des tribunes agitées, de la violence de masse, des envahissements de terrain : on en voyait déjà au début du XXème siècle. Mais c’était plus spontané sans doute ; à mes yeux le hooliganisme suppose certain degré d’organisation, de structuration et de définition de buts voire de moyens…

      Le Heysel, je n’en mettrai jamais de côté la capacité (dont acte) de déroute/dysfonctionnements (voire plus…) de la police belge ; douzaine d’années plus tard, d’ailleurs, elle serait profondément revue et corrigée dans la foulée de l’affaire Dutroux, scandale judiciaire tant les forces de police (gendarmerie surtout) se sabordèrent et dissimulèrent à-tout-va – sans quoi ces pauvres enfants devraient être en vie aujourd’hui, mais je m’égare…

      Quand survient le Heysel, et pour enfoncer ce clou : la Belgique n’était pas encore tout-à-fait sortie (bien qu’elle l’espérait), loin de là, des tueries du Brabant wallon……….et si j’ai bon souvenir : les instrumentalisés des CCC venaient à peine de commettre un attentat à la bombe… La police belge était plus débordée que jamais, panique générale, dépassée par les événements… Loin de moi de prétendre tout expliquer ainsi du cas-Heysel, très loin même…mais la fébrilité de cette police était alors à peine imaginable…

      • Pour Hillsborough les anglais n’ont eu aucun mal à faire leur auto critique. Manifestement il y avait une volonté de camouflage… certains réseaux ont été évoqués… Scandale assez étouffé ailleurs mais très très grave. Ce qui est inquiétant c’est que visiblement ( j’ai suivi cette affaire il y a quelques temps) il n’y a pas eu de véritable condamnation…

        Le cas du Heysel est lui encore plus terrifiant… Encore beaucoup trop sensible les langues se délieront dans quelques années je pense là c’est encore un peu tabou… Le contexte belge de l’époque est déjà un bon élément de compréhension de cet épisode… On entre dans des considérations géopolitiques , idéologiques , financières qui pourraient nous dépasser je le crains… ( et puis certains sujets ne doivent pas être grattés en profondeur à moins de n’avoir rien à perdre…)

        Le spectacle du chaos c’est un sacerdoce comme un autre… Il faut marquer les esprits parfois pour vendre son « dispositif » ( système, idéologie ce qu’on veut..) les italiens le savent bien eux qui ont connus les années 70…

        Les débordements du début du siècle sont « bon enfant » en comparaison avec ces évènements tragiques…

        Au bout d’un moment les « dysfonctionnements » ont bon dos mais je dois m’égarer encore une fois…

        • Aucun mal, aucun mal… Les familles des victimes, voire les supps des Reds, ont dû batailler tout de même pour se faire entendre. Mais, et même si la justice n’est vraiment allée jusqu’au bout (pas de réelle condamnation, disais-tu), il est tout de même honorable, effectivement, que le système ait en UK et sur la question au moins reconnu ses travers ; je donnerais par exemple cher pour voir ce genre de mea culpa se produire en Belgique…

          Heysel? Je n’ai décidément pas la réponse, que des questions… J’en conviens (je ne pense pas que tu t’égares ;o) ) : la contextualisation que je faisais est et reste certainement insatisfaisante…et cependant c’est un élément à prendre en considération (car hooliganisme connu…vétusté du stade connue…ridicule dans lequel était alors vautrée la police belge…et cependant : c’est au Heysel que fut attribuée cette finale continentale??? ; certes commode de tirer à rebours…mais dieu que ce choix était irresponsable…)

          Oui, tu as raison : les débordements du passé étaient différents.

          Les dysfonctionnements, avoir bon dos? Tu prêches un convaincu……………… (c’est notamment derrière ces « dysfonctionnements » que fut chez nous, comme souvent quoique sans convaincre grand-monde – sinon 2-3 « journalistes » institutionnels… -, enterrée l’affaire Dutroux…)

          • De l’irresponsabilité du choix du Heysel, j’ajoute les heurts d’une extrême-violence (…dont un mort??), un an plus tôt, entre hools bruxellois d’Anderlecht et anglais des Spurs, et qui d’ailleurs, dans mes souvenirs, connurent de prolongements (certes moins soutenus) en prélude à la finale de C1 1985 ; élire Bruxelles comme ville-hôte était vraiment un choix des plus « aventureux »………

  7. Cosmo & Alex

    Je ne pense pas que quiconque s’égare en flairant quelque chose qui aboutit à une réflexion puis à une thèse……

    Il ne faut surtout pas avoir peur de penser quelque chose sur un sujet, certes complexe, même si on ne possède pas tous les éléments constitutifs……

    J’ai moi-même décrypté dans sa presque totalité le génome du supporterisme italien des années 70’s et 80’s dont le mouvement ultra – début et fin – tout est possible, le problème demeure la matière et la réflexion qu’on y ajoute…..
    L’étude du hooliganisme anglais demeure très compliquée……..Ça me dépasse, trop d’incohérence.

    Le Heysel ? J’étais ado……… Génération Heysel.
    Il y a ce que nous savons sur le Heysel et ce que nous ne savons pas, c’est par là qu’il faut commencer, mais le sujet est complexe, car il existe tellement de part d’ombre que…

    Alex

    Un truc que j’oublie toujours……….Y avait-il les forces de police suffisante à l’extérieur du stade pour pouvoir annuler la partie ? Me souvient avoir entendu que les militaires avaient pris position, qu’il était possible d’annuler le match ?

    • Je redoute de te dire une bêtise, bref j’irai d’abord me rafraîchir la mémoire avant de revenir à toi ;o)

      Dans ces années de plomb-là, il était en tout cas commun, un peu comme aujourd’hui du reste, que l’armée soit déployée en des endroits jugés stratégiques (mais qu’en était-il lors du Heysel??? Ben je ne sais plus!).

      Ce dont je me rappelle bien : stade surveillé pour moitié par gendarmes (= para-militaires), et pour l’autre par police…lesquels services ne pouvaient se piffer, passaient leur temps à se torpiller. Et souvenir d’avoir lu que l’essentiel des forces avait été déployé d’une part au centre-ville (troubles de 84 avec des supps anglais obligent), et d’autre part dans l’enceinte même du Heysel…mais à ses alentours immédiats???

  8. Que serait-il arrivé si le drame du Heysel n’avait pas eu lieux ?
    Le Heysel est le point de départ de la libéralisation du foot …..Suffit de voir par la suite, tous les verrous ont sauté un par un…

  9. Le Heysel il y a presque prescription maintenant cependant c’est encore trop sensible. C’est une affaire qui ne doit pas être explorée en profondeur. Certains acteurs majeurs sont encore en poste. Il n’y a eu aucune enquête sérieuse. C’est véritablement verrouillée. Par conséquent il y a anguille sous roche.
    Ce n’est pas par lâcheté que je dis cela mais il faut admettre que si les « autorités  » donnaient la possibilité à des journalistes « compétents » ( ici faisant leur travail sans craintes ni pressions..) ou à des historiens honnêtes ( il y en a…) l’affaire pourrait prendre des proportions beaucoup trop dangereuses…

    Comme le dit Yves c’est le point de départ de la libéralisation du foot. Poser la question c’est déjà y répondre. La nature ayant horreur du vide certains rapaces se sont manifestés un an après. Inutile de les citer c’étaient probablement les deux personnages les plus puissants concernant la direction de club. Mais ces rapaces n’étaient au mieux que des pantins conscients de leur tâche…

    Alexandre ne va pas me contredire : la Belgique était un pays en pleine tourmente. Tout dans cette affaire pue. Contraindre les joueurs à jouer n’est pas anodin. Il faut mettre au pas la liberté du joueur : il se doit d’apporter du spectacle. Officiellement pour des raisons de sécurité. Soit.

    Pour creuser ce cas précis il est indispensable de contextualiser l’histoire très particulière de la Belgique et sa vague de terreur… Si personne ne fait de lien dans les institutions officielles entre  » les attaques à mains armés » de cette période et le Heysel à partir de là…

    Le hooliganisme en lui même n’a absolument aucun sens. L’intérêt de cette diversion est ailleurs. Le motif est officiellement politique et criminel et sans doute officieusement embrigadement manipulation… Il y a toujours eu de la souffrance sociale mais cette « explosion » est particulièrement suspecte… Pourquoi maintenant et pas avant? Je n’ai pas de réponses…

    Libéralisation du foot… revoyez certains matchs. J’ai constaté par hasard une accélération de la vitesse des joueurs ( et des gabarits) à partir de 87-88… Il faut bien admettre que le football a bien passé un cap moderniste à cette époque c’est indéniable.

    Après je vais être honnête : cela peut nous dépasser car même ici les motivations peuvent être encore plus complexes.

    • Te contredire là-dessus : certainement pas!

      J’étais jeune pourtant, et cependant : quel climat de sinistrose, angoissant, pesant……………. « Années de plomb » est parfaitement idoine, on ne saurait mieux définir telle ambiance… Depuis les attentats de Bruxelles, l’armée a beau chez nous être déployée dans les gares, aéroports, centres commerciaux… : rien à faire, il n’y a aujourd’hui rien qui n’égale, pour la Belgique, l’absolue pesanteur de ce mitan des années 1980, suffocante et irrespirable… Ce qui, chez nous, était accablant : c’est que s’y greffaient (voire plus…) affaire des euromissiles, gouvernements d’un jour, rumeurs de velléités de coups d’Etat, attaque(s?) de casernes belges (dans le cadre d’opérations +/- maîtrisées de l’OTAN?? – c’est une thèse parmi d’autres), ou dans mon coin du pays déglingue économique… C’est d’ailleurs quelque chose que peu d’observateurs ont cru bon de relever, pour expliquer la frénésie qui s’empara du pays après la 4ème place au Mexique : ce pays n’en pouvait plus (son football même avait morflé, car les implications et ressorts du Waterscheigate…)…

      Pour « répondre » à Yves, ben je n’ai pas trouvé la réponse… Se (re)coltiner le rapport parlementaire qui suivit, peut-être? Je viens de lire des Anglais affirmant que l’ « armée » belge s’était effectivement déployée en masse hors-stade, quand le mur se fut écroulé…mais « armée » au sens strict? Ou forces de gendarmerie (= para-militaires)?? Je n’en ai pas le fin mot, désolé… La débandade, en tout cas, était absolue : chefs de police cherchant confusément une cabine publique…spectateurs mieux informés que les forces de police…pompiers réagissant plus promptement que les forces de police…………….. Un bazar à la belge, un boxon…

      • Yves,

        (j’ignore ce que ça vaut…)

        « Long after the tragedy was a fact huge police and army forces arrived to the stadium to prevent further fighting, but it was all too late. When the game started the pitch was totally surrounded by a wall of armed forces. The stadium looked like a war zone » (http://bianconeri.tripod.com/heysel.html)

    • « La nature ayant horreur du vide certains rapaces se sont manifestés un an après. Inutile de les citer c’étaient probablement les deux personnages les plus puissants concernant la direction de club. »

      A qui penses-tu, Cosmo? Agnelli (notamment)??

  10. Faut être honnête avec soit même, il y a ce qui est décryptable, compréhensible et puis ce qui……

    Oui, le Heysel est le point de départ que je qualifie d’officiel du foot libéral ou moderne……..Une sorte de coup d’État !……..la libéralisation du foot avait commencé bien avant, timidement, mais c’était déjà là, le Heysel c’est le signal…

    En Angleterre, Hardaker le grand patron de la ligue décédé, c’est l’ouverture à tout et n’importe quoi parfait accouplement avec le thatcherisme, attention Hardaker était une ordure, mais c’était un antilibéral assumé.
    Après, essayer de rassembler le puzzle me semble pour des historiens, journalistes, chercheurs, passionnées, etc…..Impossible. Même en ayant les coudées franches, je pense que la tâche est plus que rude, car il y a une telle dispersion……

    You-tube regorge de docs sur le Heysel, il y a même la retransmission quasi intégrale par la RAI avec la prise d’antenne au moment où le drame va se nouer …….Pas mal de docs qui montrent effectivement des forces de l’ordre dépassé, les hooligans en action des deux côtés et puis cette banderole « Reds Animals » venant des hooligans de la Juve, bizarre, alors que les supps de Liverpool n’étaient pas concernés par le hooliganisme……

    Faut remonter qq années en arrière, la finale précédente entre Liv et la Roma est un sujet d’étude intéressant. Liv se déplace à Rome, il n’y a pas d’incident, quelques escarmouches loin du stade entre supps de Liverpool et ce que je nomme des cellules obscures, petit groupe d’hooligans qui tente d’infiltrer les virages tenus par le mouvement ultra. Il était difficile de mettre le bazar dans le stade olympique et le virage romain était tenu par les ultras – CUCS – le groupe leader et épicentre du mouvement ultra en Italie et en Europe.
    Est-ce que certains ont tenté mettre le bordel ce soir-là, pour que ça tourne au drame ? ? Ca fait qq temps que je me pose la question…

    Je sais ce que vous pensez, conspiration ? J’ai un problème avec cette thèse, ça sent le coup organisé de A à Z…….Je penche pour l’hypothèse d’être présent, d’observer, et si les choses s’enveniment, alors on pousse…..

    Il me semble que le ballon d’Or qui tire le penalty vainqueur a fini président de l’Uefa 25 piges plus tard pour entériner le processus du foot libéral mondialisé, mais je m’égare peut-être….

    • Conspiration? Avec le temps, côtoyer des diplomates m’a fait voir les choses autrement ;o) : but à atteindre…et l’atteindre en louvoyant, essai-erreur, en douceur et en appuyant (pousser, dis-tu) quand ça prend la bonne direction. Les plans menés de A à Z sont de toute façon probablement condamnés à se heurter à des impondérables ; rien n’est complètement quantifiable, paramétrable ni contrôlable – à bien des égards, les Néo-cons exaltés me semblent d’ailleurs s’être heurtés, actualités récentes, à cette théorie du chaos.

      Les supps de Liverpool? En prélude à la finale, il y eut des rencontres entre polices belge et anglaise…………….laquelle affirma à son homologue du plat pays que les supps de Liverpool étaient les moins compliqués du Royaume de Sa Majesté – ce que je suis tenté de croire…

      Côté anglais, des meneurs avaient-ils été identifiés comme tels? Et identifiés comme supps historiques des Reds? Et sinon??…

      • La réputation qui peut être faite aux supporters, c’est quelque chose quand même… Cf. ces Reds certes pas toujours très fins mais plutôt paisibles, et qui passèrent bien vite pour des « animaux » (des hools d’autres clubs anglais ne s’étaient-ils fondus parmi eux pour foutre le brin, à Rome en 84?)… Supporters du Standard certes pas toujours subtils non plus, mais qui tardèrent longuement à céder à la violence dont ils étaient victimes (la violence, d’ailleurs, y fut et reste singulièrement combattue – le « kop » historique de ce club s’opposa courageusement au développement des hools du Hell-Side), et qu’on épinglerait aussitôt singulièrement par la suite… Les supps de Leeds aussi, qui certes ne s’illustreraient pas toujours de la meilleure des manières, mais qui dans mes souvenirs de lecture passaient en 1972 pour l’un des plus paisibles encore du Royaume…

        J’en profite pour dire que ce qui se passe avec le Standard, actuellement en Belgique, oulah… Entre autres traitements de « faveur » (scandaleusement réduits à 10 à Anderlecht dès la…première minute!, puis à 9 – rouge direct pour dégagement intempestif du ballon), il y a cette histoire de matchs à huis-clos dont le club a écopés (quand d’autres pour des faits plus graves : non)… Mais là où ce sera illustratif des méthodes de conditionnement de la masse, et où je voulais en venir : c’est que, en guise d’incidents supposés justifier ces mesures contre le club liégeois, certains médias belges ont fait tourner en boucle des images du gardien du…Standard (!) se faisant mitrailler par des dizaines d’objets en plein-match, lancés depuis des tribunes adverses (en l’espèce celles de Charleroi)…………… Les commentaires accompagnant ces images étaient sans ambigüité aucune : les supporters du Standard sont des animaux…mais préciser que c’était le gardien du Standard qui se faisait maltraiter de la sorte, et que les coupables de ces agissements appartenaient à un autre club : nada…

  11. Tentative de foutre le bazar lors de cette finale ? Je l’aie dit un peu plus haut, je me pose la question depuis qq temps……..Difficile d’avoir un fait tangible, observation ? Renseignement ? ?

    Il y a la thèse qu’il y avait des types du MI5 infiltré dans les hooligans qui ont attaqué les sups de la Juve, on raconte tellement de choses que…..Mais tout n’est pas à jeter, il y a trop d’indice qui laisse transparaitre que tout n’est pas clair dans cette histoire….

    Jugement, le problème est qu’il n’y a pas de document vidéo sur la première charge, on voit la deuxième, hors c’est bel et bien la première charge qui fait enclenche la panique…

    Les types jugés et condamnés m’ont toujours fait l’effet d’être des suiveurs alcoolisés, rien d’autre….

  12. Je ne sais pas si c’est lié, mais aucune critique négative ne pouvait être fait envers ce qui tournait autour de la casa Agnelli…….Peut-être parce que la firme turinoise avait glisser son chèque lors des élections présidentielle dans les caisses du PS sans parler des budgets publicitaires que touchaient les chaines TV……. le contexte était étouffant.

    Les récits du drame par la presse sont éloquent……..Et que dire de l’interview de la star ?….

  13. En fait je pensais surtout au protégé de la mitterrandie qu’il ne vaut mieux ne pas citer car il est très procédurier… Ainsi qu’au mogul ayant fait fortune grâce à l’immobilier à Milan…
    Je ne pensais pas à Agnelli au départ mais avec le recul… Bon son club fétiche n’a pas fait grand chose après ce sacre particulier du moins durant cette décennie. Mais il est vrai que le dirigeant turinois avait une influence assez forte sur le paysage européen. Homme assez étrange. Mêlé de près ou de loin à deux catastrophes similaires… : 1947 : devient président de la Juve. 1949 : le Torino , club populaire et équipe dominante du championnat d’Italie est décimée dans un célèbre accident d’avion… c’était le « club » de la ville des prolétaires… enfin je dois m’égarer…
    1985 : catastrophe du Heysel , victoire de la Juventus sur un pénalty imaginaire.. dans les deux cas deux clubs d’essence populaire victimes d’une pieuvre bureaucratique… prépondérance du chaos comme spectacle… ( mais c’est sans doute le hasard hein) Et puis bon il n’y a que la victoire qui est belle je crois dans certaines contrées du nord de l’Italie ne nous formalisons pas sur ces rétrogrades affaires de morale…

    On constatera quand même que le turinois et le milanais avaient des réseaux très efficaces.

    Oui Yves le tireur du pénalty est l’un des hommes clés mais j’ai l’impression qu’il a été encore une fois un idiot utile. Car même si le personnage a été populaire dans les hautes sphères cela n’a duré qu’un certain temps… Drôle de personnage ce Michel.

    • Tapie et Berlu avaient un boulevard, effectivement.

      Agnelli? Il m’est spontanément venu à l’esprit au souvenir de ses sorties soudain cinglantes, peu communes chez ce personnage dans mes souvenirs discret et policé…mais il est vrai que son club venait d’essuyer les morts du Heysel.

      De manière générale toutefois – Yves a d’ailleurs épinglé l’agressivité verbale, décomplexée et ouvertement ultra-libérale de Boniperti (dès avant le Heysel) -, la Juve était à l’avant-plan du scénario que libérerait, déchaînerait, le Heysel ; et qui explique surtout que j’aie spontanément songé à la casa Agnelli.

      • Sans doute HS ( et sujet sensible) mais je crois qu’un certain président du Rwanda aurait habilement profité de certains massacres ( provoqués?) pour prendre le pouvoir…
        La logique du mal est parfois très tortueuse mais vaudrait-il mieux ne pas revenir à nos moutons? 🙂

        • Sujet sur lequel je ne m’aventurerai jamais! (j’ai vécu et travaillé au Rwanda, pile-poil durant l’affaire Bruguière d’ailleurs ; assisté live à l’expulsion des ressortissants français, et plus encore aux intimidations dont étaient l’objet ceux qui avaient pu rester sur leur colline – et crois-moi que, quand tout un bled est réquisitionné pour venir manifester sous tes fenêtres, certes avec beauuuucoup de discipline, mais douzaine d’années à peine après que ce genre de quidams en découpassent d’autres à la machette, hum… Même pour un Belge c’était particulier comme « ambiance » – car francophone dans un pays versant dans la sphère d’influence anglo-saxonne… -, mais être Français alors sous ces latitudes, hum…)

          Et je m’aventurerai d’autant moins sur ce terrain que, par la suite, j’ai vécu au Congo – dont le triste sort est connexe des affaires rwandaises, bref… Je ne suis pas fou enfin :o), ni ne souhaite au site d’Yves d’avoir des problèmes ;o), sujet des plus épidermiques que je connaisse!

          • D’ailleurs si mon message est trop sensible Yves peut le supprimer… ce serait bête de se faire remarquer pour un digression limite…

            • Oh j’ignore s’il l’est, sais-tu. C’est juste que, sur ce sujet et pour ma part : je me suis donné de sacrées lignes rouges à ne pas franchir, cette expérience m’a profondément marqué, sorte de dépucelage politique et moral, et singulièrement rendu prudent (le délit d' »idéologie génocidaire » est une angoisse permanente par là…) ; j’ai ouï-dire de gens aux reins autrement plus solides que les miens, et qui auront payé cher un rien sur l’affaire rwandaise… Je passe mon tour sur la question! :o)

        • Cosmo, le bienfait de certains massacres ?

          Oh que oui, et en tant que petit fils d’ancien citoyen de l’Empire Ottoman, je sais de quoi je parle, mais nous nous égarons effectivement…

  14. Quel message ?
    Platini ? Je ne remets pas en cause la valeur du joueur, j’ai toujours appris à faire la distinction entre le talent et l’homme, quel que soit le joueur.
    Idiot utile, ça ne fait aucun doute , mais c’était voulu de sa part….

    • Concernant un dirigeant africain et les « bienfaits » d’une atrocité…Bon faudrait peut-être supprimer c’était pas forcément très malin c’est quand même très sensible…

      Même Alexandre voit que ça commence à craindre un peu 🙂
      Amitiés à Carbonero d’ailleurs.

      • C’était loin d’être idiot!!! ;o), simplement que les yeux, les oreilles et les mains de ces deux communautés rwandaises (NB : rien qu’écrire ceci – « deux communautés » – est susceptible là-bas d' »idéologie génocidaire »…), en Europe, c’est quelque chose, crois-moi! Moi en tout cas et décidément, tu ne m’auras pas sur le sujet :o)

  15. @Alex,

    Delle Chiaie ? Cette ordure est également connu dans le Monde des tribunes sous vos latitudes !? Merde, je m’y attendais pas…

    Je fréquentais pas mal le Monde des Barras sudams dans mon adolescence (chose et terme beaucoup trop méconnue et diabolisé en Europe de nos jours…) avec mes frères aînées, faisant même pas mal de déplacements pour soutenir Peñarol avec la Barra Amsterdam lors de divers déplacement sur le continent, plus tard, je me suis pas mal intéressé à l’histoire de ces mouvements,leurs fondations, leurs origines…

    Et un truc qui m’avait marqué, c’est qu’a chaque fois que Peñarol devait aller affronter des clubs chiliens, la Barra interdisait tout déplacement à ses membres, officiellement pour « raisons de sécurité » à chaque fois…
    Oui mais pourquoi seulement au Chili ? Quand on y pense, certains pays ou l’on se rendait étaient bien plus dangereux que le Chili…

    Eh bien je n’ai eu ma réponse à cette question que quelque années plus tard, lors de mon année d’étude en Espagne, ou mon colocataire, un camarade chilien, me fit tout un tas de révélations assez croustillante sur la transformation sociologique des tribunes chiliennes au milieu des années 70, notamment au seins du club de Colo-Colo (et de la Universidad de Chile dans une moindre mesure, quoique…).
    Mon colloc était hincha de la Catolica, club de la petite bourgeoisie de Santiago, et ô combien victime et cocufié par les différentes instances chiliennes depuis le coup d’Etat, je peut te dire qu’il en avait gros sur la patate, me fila tout un tas de bouquin traitant de cette époque au Chili. C’est à cette époque que je me mis à la lecture frénétique de Riberto Bolaño.

    Pour moi, Delle Chiaie, c’était juste ce que l’on nous avais enseigné au lycée: participation à divers attentats en Europe, tentative de coup d’état dans son pays, liens proche avec certaines merdes humaine sudam, pas plus, je t’avoue que je suis tombé de haut lorsque j’ai su qu’il était l’un des responsable numéro 1 de la destruction de tout ce que le Monde des tribunes chilienne avaient d’admirable avant les années 70…
    Les années 70 furent particulièrement ignoble au Chili, le nombre de morts parmi les habituées des tribunes se comptent par milliers. Les mouvements de résistance qui s’organisèrent alors dans ses tribunes furent souvent héroïques, vraiment (quand je pense que ce combat est réduit à celui de Caszely, misère…). Delle Chiaie et ses sbires furent alors mandatés par les hautes sphères du pouvoir chilienne pour détruire cette résistance de l’intérieure, chose qu’il réussit parfaitement et dont le football de club chilien souffre encore aujourd’hui…

    Merci de préciser tout cela sur les tribunes belges Alex. Je ne connait votre pays, son histoire et son contexte que dans les écrits de Jules Destrée et Jacques Bainville. Et à leur lecture, la patte et l’influence anglaise m’avait particulièrement marquée oui (l’histoire de votre pays ressemble quand même beaucoup à celle de l’Uruguay, petite terre entourée de géants et cible de toute sorte de convoitise depuis des siècles…).

    Petite question Alex: fréquentais-tu les tribunes de Sclessin à une époque ? Si oui, as-tu senti une transformation de sa composition au cours des années ? Ou suite aux récits d’anciens habituées qui la fréquentaient (souvent ceux qui ont le plus de choses à raconter…).
    Il est vrai que Liège est un cas d’étude fortement intéressant, je ne connait pas assez la ville pour en parler, mais tu évoque souvent le fait que ce club soit un peut trublion aux yeux de vos instances, serait-ce lié au coté très ouvrier de sa base de supporters ?

    • MERCI pour ta (tes!) réponses!

      Delle Chiaie et l’eurofoot? Ben j’ai bien moins à te proposer… Une intuition surtout…et avant cela 2 choses : une lointaine lecture, très fortuite, associant son nom au hooliganisme en Angleterre, et puis aussi le fait qu’un tenancier de bar consacré au foot (il fut chez nous un précurseur dans le genre, et je ne fréquentais guère son pub que pour y suivre Tottenham – c’était avant que la tv-satellite ne se généralise), ex-Hellsider, m’avait un soir glissé le nom de Delle Chiaie en évoquant ses souvenirs de virées-foot dans les stades londoniens………….. Delle Chiaie à dire vrai, je ne savais pas qui c’était…puis en m’y intéressant m’était revenu le souvenir de ses récits, bref : je n’ai décidément rien de tangible à te proposer (…mais puisque je n’ignorais pas que ce type avait hanté l’AmSud, et que les stratégies sont souvent voisines des deux côtés de l’Atlantique…)…

      Belgique/Uruguay? Oui, beaucoup de points communs ; énormément même… C’est notre ami Arrighi qui m’avait le premier éveillé à cette forme de parenté (genèse/Etat-tampon…ultra-capitalisme du début du XXème siècle…)…

      Liège, ville et club (Standard, du moins)-trublions? C’est le moins qu’on puisse dire, oui :o) Les raisons? Le caractère prolo bien sûr… Le caractère frondeur et indépendant (Liège fut, durant les 8 siècles qui précédèrent la naissance de la Belgique, la capitale d’un Etat indépendant – quand le reste des terres aujourd’hui belges se satisfaisaient +/- du joug bourguignon, espagnol, autrichien…)… Plupart des révolutionnaires belges (discrètement soutenus par la France, c’est peu connu) étaient liégeois ; les pères de la nation belge furent liégeois aussi (c’était peu ou prou le seul coin du pays, par ailleurs extrêmement prospère, qui fût doté d’élites à l’époque)… Jusqu’aux années 50, c’était l’épicentre de l’économie belge, et jusqu’en 1914 le siège de la seconde puissance industrielle mondiale, une ville-usine (ce qu’en écrivit Victor Hugo se passe de commentaires)…

      Ce fut aussi le siège de hautes-luttes sociale ; la première charte des libertés, en Europe occidentale, survient en pays liégeois en 1066 ; le modèle social suédois, si vanté, est directement inspiré des proto-socialisme et syndicalisme imputés en Suède par quelque 10.000 sidérurgistes liégeois au début du XVIIème… César y souffrit mille peines face aux Eburons ; Le Téméraire avait été si outré de leur résistance (quoique désarmée et trahie par Louis XI, Liège refusa jusqu’au dernier jour de se soumettre aux Bourguignons) qu’il fit brûler la ville 3 semaines durant…et ce n’est pas un hasard si cette ville a été choisie, bon gré mal gré, par les autorités belges pour y ériger les monuments nationaux à la résistance des deux guerres mondiales, si les alliés y cofinancèrent l’érection d’un monument à la résistance, ou si on parle aujourd’hui de « café liégeois » plutôt que de « café viennois »………………… ;o)

      Bref : pour des raisons qui m’échappent un peu, c’est une terre socialement très connotée (dans les 50’s, quelque 300.000 personnes y firent une haie d’honneur à la dépouille d’un résistant communiste et républicain – assassinat très mollement investigué…), et habitée par un appétit (parfois chaotique…) de liberté…et qui me plaît bien ainsi :o)

      Quant au Standard-trublion, sa fonction incontestable? Il y a un peu de tout ça certainement…………………mais aussi voire surtout que son dirigeant historique, Roger Petit (…lequel n’était pas un ange…), fut des décennies durant le seul à s’opposer aux ambitions monopolistiques du Sporting d’Anderlecht – chose qui, dans la Belgique du foot, ne pardonne pas…

      Concrètement, ça se manifeste comment? Rien qu’un exemple : mid-80’s, le Standard, quoiqu’épouvantablement déforcé (scandale de Waterschei oblige), parvient à battre à la régulière Anderlecht…sauf que les dirigeants du club bruxellois font jouer leur réseau pour obtenir que le match soit rejoué…………… La presse nationale même est consternée, mais rien n’y fait : match à rejouer!… C’est alors que le gardien du Standard, l’assez sulfureux Gilbert Bodart (de gardien génialissime, il vira fin de carrière en bandit), menaça dans la presse de faire « monter » les supporters à la fédération belge (et il ne fait aucun doute qu’ils l’auraient suivi!)…laquelle revint aussitôt sur sa décision…ce que le Standard paya de toute façon un peu plus tard, d’une façon plus minable encore, mais bref… Je crois que cet épisode peu glorieux de notre football résume bien l’affaire : des magouilles bananières d’un côté…et de l’autre un club et des supps, pas toujours angéliques ça c’est sûr, mais qui fait bloc, n’hésite pas à montrer les crocs…et finit toujours par le payer d’une manière ou d’une autre :o), avec le temps j’ai appris à en sourire, c’en est presque devenu du folklore (récemment, un journaliste belge déclarait en substance ceci : « il serait peut-être temps d’arrêter de diaboliser le Standard…car sans lui, que serait le championnat de Belgique? »).

      • Je réagirai plus tard à tes autres commentaires, d’abord compléter ceci tant que j’ai un peu de temps…

        Le caractère prolo du club est pour beaucoup dans sa différenciation, son caractère singulièrement frondeur… Comme écrit plus haut, ce coin du pays porte déjà cela en lui, substrat favorable à la subversion, à la résistance… C’est son ADN…sauf que l’autre grand club de la ville, le FC Liège, a toujours été beaucoup plus institutionnel, et a pour sa part toujours marché dans les clous… Comme par hasard, le public du FC Liège est plus « bourgeois » et plus pépère (bien qu’il connût son hooliganisme aussi, d’abord d’extrême-droite avant de rejoindre celui du Standard à gauche) ; je me défie souvent de ces clichés, mais dans le cas d’espèce ils disent vrai : le FC Liège est le club de la ville (très bourgeoise) et de la très provinciale Hesbaye (= la Bauce belge), alors que le Standard est le club des faubourgs industriels et – mythe identitaire sur lequel joua habilement le susmentionné Petit – de l’antique et désormais fantasmagorique « pays de Liège » (1/3 du stade, au Standard, est limbourgeois…lequel Limbourg constituait jadis 1/3 environ du territoire liégeois). Plus élitiste, plus vénérable aussi et presque toujours mieux introduit, le FC Liège joua (par l’entremise du dénommé José Crahay) un rôle fondamental dans la création des Coupes d’Europe, est originellement lié à la création de la plus vieille « classique » du cyclisme mondial (Liège-Bastogne-Liège), club totalement omnisports (alors que le Standard se focalisait surtout sur poignée de sports, foot et basket surtout – l’illustre Korac joua au Standard)……….et (je l’ai redécouvert il y a peu) le FC Liège fut enfin le premier club belge, et probablement continental, à installer des loges dans son stade, avant Anderlecht!

        Là où le Standard se distingua, sous l’impulsion de Petit? Dans un affrontement permanent avec les positions hyper-conservatrices de la fédé, et en parvenant habilement (jusqu’à l’affaire Waterschei, 1984) à fédérer les petits clubs contre l’hégémonisme anderlechtois : 1er club belge à rompre avec le WM…1er club belge à vouloir adopter le professionnalisme (ce qu’il fit d’ailleurs ouvertement – coup de force et provocation, avant de devoir rebrousser chemin face aux menaces d’exclusion du championnat – 10 ans avant que celui-ci fût officiellement autorisé), 1er club aussi à mettre en place des dispositifs de sécu sociale pour ses joueurs…et le tout toujours à l’encontre des directives de la fédé, poil à gratter permanent…

        Ce qui est amusant, méandres du story-telling : c’est qu’aujourd’hui c’est au Président historique d’Anderlecht que l’on prête toutes ces ruptures initiées par le Standard ; comme si c’est à Anderlecht que le foot belge devait d’être sorti des limbes, de son amateurisme ; une façon comme une autre de se réapproprier l’Histoire…

        Aujourd’hui, le Standard reste détenteur de l’unique record domestique qui échappe encore à Anderlecht : celui du nombre de saisons (dont ininterrompues) en 1ère division du championnat de Belgique, 95 ou 96 ans si je ne m’abuse…………….et à Anderlecht on aime à truster tous les records – depuis l’extinction de leur formidable différenciation stylistique, il y a 15 ans, la culture du record à tout prix est la seule chose qui leur reste pour véritablement se différencier au pays…

        • 30 secondes encore…

          Avant le FC Liège et sur le continent, comment ai-je pu zapper cela : loges au Bayern bien sûr……….et ailleurs?? (aucune idée)

          Registre « Standard subversif », toujours : comment ai-je pu omettre de te parler de ses tentations chroniques de sécession avec la fédé belge………….. Ainsi, dans les années 2000 et lassé de son isolement à la fédé : le club affirma régulièrement vouloir rejoindre le football français, fût-ce en Ligue 2! (à noter qu’à Liège, le jour de la fête nationale belge est plutôt snobé…et la fête nationale française par contre célébrée avec faste – les vieilles élites liégeoises sont souvent TRES francophiles)

          Sous la coupe de l’ultra-libéral Duchâtelet, le propos tout ce qu’il y a de plus officiel (et cette fois plus ouvertement mercantile) fut plus récemment de fusionner championnats belge et néerlandais ; de quoi encore, si c’était nécessaire, se faire des copains à la fédé belge…

          Dans les deux cas, le board du Standard savait très bien qu’il bénéficierait globalement des faveurs de son public (dont acte), en jouant de son côté frondeur (…dont frondeur parfois par principe ; c’est souvent brin compulsif, et pour ainsi dire devenu avec le temps un motif brin autodestructif de fierté identitaire)

          Bref : Standard et fédé belge (extrêmement anderlechtisée à compter de WW2), c’est l’histoire d’une interminable guéguerre… Les occasions où ce club y fut solidement représenté furent rares du reste : d’abord quand le susmentionné Petit fut désigné à la Présidence de la ligue professionnelle (qu’il avait créée…mais où il dut aussitôt composer avec une belle-mère anderlechtoise, à savoir le fils du Président historique, et actuel Président d’Anderlecht), puis dans la première moitié des années 2000, quand Anderlecht (qui se détournait d’un FC Bruges devenu trop velléitaire) et Standard (qui voulait rompre enfin son isolement post-Waterschei) convinrent d’associer leurs forces au sommet du foot belge – …association qui dura jusqu’au titre du Standard en 2008, à compter duquel ce club redevint celui à abattre (dont acte).

          • Merci infiniement pour ces réponses !
            Superbe, comme d’hab (je rejoint Yves, y’a t’il quelqu’un qui s’y connait mieux que toi sur les footballs belge et hollandais ? 😉 )

            Je me rend compte que le Standard est vraiment un club atypique par chez vous, c’est ce qui doit le rendre si populaire et attachant…
            Et puis ce stade, cette ambiance, je me suis souvent demandé s’il y’avait un équivalent en Europe (on en fait beaucoup avec Dortmund et Naples, mais pour avoir fait les 3, je placerais aisément l’ambiance de Scléssin devant ces deux la…).

            Je me souvient t’avoir deja poser la question il y’a quelque mois, lorsque tu m’avait envoyé cet excellent reportage de la RTBF sur le RFC Liége mais le clivage linguistique de ton pays ne joua t’il pas également un rôle dans cet stigmatisation volontaire des instances du Standard ?
            J’ai bien compris que le RFC Liége rentrait lui parfaitement dans les clous de ces instances, mais… Je ne peut m’empêcher de penser que des Wallons qui en sortent, cela se devaient de se faire punir, non :)… ? (j’émet une simple hypothése…)
            Lorsqu’on y pense, le seul club wallon jouant encore un rôle dans le haut de tableau chez vous est le Standard, (Charleroi est une ville sympathique, mais bon…)

            Tu évoque souvent ce président Petit, il a l’air de vous avoir marqué à Liége…

            D’ailleurs, je vien de voir que Bruxelles pourrait se voir retirer l’organisation du match d’ouverture de l’Euro 2020 (dont il faudra qu’on reparle, le simple fait d’imaginer cette formule me fait personnellement bien marrer, enfin bref…) a cause des soucis de rénovations du stade Baudoin, sacrée bordel en perspective…

            • Déjà te dire que je reste baba de certains trucs que tu as écrits sur les immigrations levantines en Amérique du Sud ; faut d’abord que je digère tout ça (rien qu’un truc aussi peu subversif que les racines de Zagallo, déjà…alors imagine le reste :o) )

              Foot syrien, tiens… La seule figure que j’en connaisse est syrio-…belge évidemment, Malki! Il réussit chez nous de belles saisons, si bien que la fédé lui fit miroiter de jouer pour les Belges (il avait un passeport belge), et refusa donc tout un temps d’évoluer pour la Syrie (probablement jusqu’à ce qu’il en ait eu marre d’attendre sa chance chez les Diables – y avait la place pourtant, on était en-dessous de tout à l’époque)………… Tu te rappelles de lui?

            • Les clubs wallons sont généralement marginalisés, oui. Forme de retour de bâton après des décennies de foot belge tenu par les élites francophones du pays (les élites flamandes, aussi, étaient francophones) ; en Flandre tout le XXème siècle a été marqué par une affirmation identitaire – création de ligues flamandes durant chaque occupation, flamandisation des noms et structures des clubs aussi (La Gantoise ==> AA Gent… FC Bruges ==> Club Brugge KV…) ; le mouvement collabo-flamingand usa d’ailleurs du football pour ses propagandes politiques durant les deuw WWs… A compter de la bascule démographique et économique en leur faveur, certains parmi eux n’ont pas hésité à mettre le grappin sur nos instances………..et l’influence des clubs wallons s’en est ressentie bien évidemment…

              Faut dire aussi qu’ils sont incapables de s’entendre, Charleroi et Standard se détestent, guéguerre absurde entre bassins industriels qu’alimentent histoire économique (la sidérurgie de Charleroi fut jadis sacrifiée pour que la liégeoise, qui l’avait certes créée, puisse gagner quelques années de rab’), footballistique (le Standard a historiquement bcp de choses à se reprocher à l’égard de Charleroi…) et de manière générale la condescendance des Liégeois à l’endroit de Charleroi (condescendance d’autant plus ridicule, que quand on voit la gueule de Liège, désormais…)…

              Les Flamands sont plus malins (il est vrai que ça aide et structure, que d’être aimantés par un but commun…), exemple : que de fois leurs clubs se sont d’évidence entendus, en fin de saison, pour complaisamment céder de points à des clubs flamands menacés de relégation, et que de la sorte ce soient des clubs francophones qui plongent en divisions inférieures ; je songe en particulier à Alost, cas le + spectaculaire à certaine époque……………………..

              • Charleroi jadis joua la carte d’Anderlecht, comme bon nombre de suceurs de roues avant eux (La Gantoise en particulier, dont l’indigent et catastrophique dirigeant historique Hoste y gagna d’être le premier Président de la Ligue Pro, pourtant créée contre vents et marées par le Standardman Petit)… Episode d’ailleurs peu glorieux de cette affidation historique de Charleroi à Anderlecht : quand (fin 90’s? – l’année m’échappe…) Anderlecht laissa délibérément à Charleroi les points nécessaires à son sauvetage, Cf. vidéo ci-contre où le (génial mais inconstant) Roumain d’Anderlecht Stoica inscrit contre Charleroi un but magnifique………………..avant de réaliser aussitôt qu’il a commis une boulette, puisqu’Anderlecht et Charleroi avaient convenu de laisser filer la victoire aux Wallons (https://www.bing.com/videos/search?q=anderlecht+stoica+charleroi&&view=detail&mid=143A8B03283391476930143A8B03283391476930&FORM=VRDGAR)… :o)

                Désormais et en bons suceurs de roues, les dirigeants de Charleroi se sont acoquinés avec Bruges, qui depuis peu fait la pluie et le beau temps au sommet du foot belge… Le Président de Charleroi y a gagné de devenir l’un des hommes les plus influents de la fédé, et son frère de devenir l’agent de joueurs incontournable du foot belge désormais (à tel point que le Standard, qui refusait de faire affaire avec lui, n’a désormais plus d’autre choix que de composer avec lui)…

                • Dans l’affaire Charleroi-Standard qui, dernièrement, a coûté au Standard l’un ou l’autre matchs à huis-clos et la perte de 3 points gagnés sur pelouse, la fédé belge a d’ailleurs et sans surprise été plus que partiale (les accidents les plus graves et décisifs furent le fait de supps carolos, et cependant le dindon de la farce fut le Standard – Charleroi et Standard alors au coude-à-coude au classement) ; ainsi vont les choses au plat pays…!

                  En me rematant la vidéo du but de Stoica, je note avec plaisir qu’on y voit bien son visage à la fin, vraiment en mode « merde j’ai déconné » (il s’était d’ailleurs fait remonter les bretelles en interne, pour avoir inscrit ce but malgré les consignes, incroyable…)

                  • Petit? Sur le plan institutionnel, de la structuration de notre football : la Belgique lui doit…tout!

                    Le plus fort, c’est qu’il accomplit ce travail titanesque contre vents et marées (la fédé belge était la plus conservatrice et rétrograde du continent)…

                    Le plus lamentable (mais si prévisible en Belgique)? Ben je l’écrivais plus haut : ses mérites ont été officiellement aliénés à Anderlecht… Sur tous les plans pourtant, Anderlecht mit à chaque fois demi-dizaine d’années à suivre le terrain aventureux balisé par Petit, mais vae victis!

                    Petit était un très grand dirigeant, d’une envergure très largement supérieure à la petite Belgique. Du reste, il fut tout un temps pressenti pour succéder à Franchi à la tête de l’UEFA (polyglotte, fin connaisseur du foot, expérimenté, issu d’un petit pays – de quoi ménager certaines susceptibilités…) ; la très anderlechtoise fédé belge même (qui pourtant le détestait) appuya sa nomination, mais c’était bien sûr une façon, surtout, de mettre à distance d’Anderlecht celui qui en avait toujours été le cauchemar et l’empêcheur de tourner en rond…

                    Pour le reste, attention : c’était aussi un type assez détestable, très dur, dictatorial (mode despote éclairé) et adepte de moult chantages avec ses joueurs – à l’endroit desquels il était aussi paternaliste qu’impitoyable…

                    Mais sa vision du football mérite le plus grand respect ; sa vision était plus équilibrée que celle des hégémoniques dirigeants anderlechtois, plus égalitariste…à tel point d’ailleurs que, début 70’s, il démantela délibérément son équipe, triple-championne de rang, devenue intouchable, et qui à ce titre menaçait selon lui de ruiner l’intérêt de la compétition (…et les affluences au stade, il faut bien le dire – Petit était obnubilé par l’argent).

                    Il fut la grande victime du Waterscheigate, et décéda jour pour jour 10 ans avant son ennemi intime, l’Anderlechtois Constant VandenStock (dont les faits de corruption étaient plus industriels et systémiques, mais qui lui passa tout de même entre les gouttes).

                    • L’ambiance de Sclessin enfin?

                      Elle fut sensationnelle dans les 50’s-60’s – « enfer de Sclessin » est un adoubement de la presse française… quant au jeu (« furia rouche », dixit aussi la presse française), il devait l’essentiel à ce contexte hyper-industriel et au fait que les joueurs étaient pour plupart ouvriers dans la vraie vie (foot belge = amateur jusqu’en 74), des durs à cuire qui n’avaient pas froid aux yeux et auraient bien volontiers donné leur vie sur le terrain, casse-cous à gogo… Impossible de se cacher sur pelouse avec ce public-là, culture du courage et de la sueur.

                      Mon père m’a ssouvent raconté comment, dans les 60’s, les usines tout alentour faisaient sonner leurs sirènes ou cracher les torchères des hauts-fourneaux pendant les matchs, à chaque fois le Standard était en difficulté… Plusieurs joueurs, Van Himst par exemple, ont dit combien ce climat d’apocalypse était effrayant, déstabilisant……….et puis surtout combien d’entraîneurs étrangers à avoir dit avoir découvert, au Standard, ce que signifiait gagner un match grâce à son public…

                      Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui, ça…………….. Le public est entré dans une forme de léthargie depuis les sacres successifs de 2008-2009, et surtout tous les problèmes institutionnels, internes comme externes, qui ont suivi……………… L’ambiance y était par exemple bien supérieur dans les immédiates années d’après-Waterschei, quand ce club fut menacé de disparition : il y avait moins de monde en tribunes, le Standard était devenu plus que paria, le jeu courageux (ce club n’avait plus que ça à opposer) mais d’une grande pauvreté………………et cependant quelle électricité permanente dans l’air, quelle tension et quelle fureur il y avaient………………..!

                      NB (après j’arrête) : à la chute de Petit, emporté par le scandale de Waterschei, la première décision de ses successeurs à la barre du club fut de détruire la fort prolo tribune principale pour la remplacer par une tribune flambant neuve dotées de…loges……………………..

  16. D’ailleurs, et puisque l’on en parle, il y’eut également une immense période de troubles instrumentalisé dans les tribunes argentines, notamment à Boca et à River fin 90, début 00’s. Ayant principalement fréquenté les tribunes sudam au cours de cette période, je peut affirmer sans prétention aucune (et bien au contraire…) avoir malheureusement vécu cela de l’intérieur…

    Tout commença comme par hasard la prise de pouvoir (fortement voulue et encouragée par certaines instances sudams a la fin du Mandat Menem…) de la 12 (principale Barra de Boca) par Rafael Di Zeo, personnage hautement… »volcanique » (pointure du banditisme argentin dans les 80’s, dont une connaissance proche de Boca me révéla un jour qu’il fut l’un des principaux lieutenant de Delle Chiaie en Argentine…).

    Je ne sais pas si tu t’en souvient ou si tu suivait tout ça à l’époque Yves, en tout cas, Di Zeo et sa bande apparurent et prirent le pouvoir de la 12 quelque mois seulement après la victoire de Macri a la présidence de Boca (élection qui, je le rappel fut la plus louche de l’histoire du club, d’ou mon « comme par hasard » 😉 ) présidence qui par la suite fut largement (et sans doute volontairement) laxiste quant à l’implantation des petits nervis de Di Zeo dans les tribunes de la Bombonera et de leur violent et profond nettoyage parmi les supporter Xeneize (le nombre d’assassinat dont les enquêtes ont été classées sans suites se comptent par quinzaine, complicité policières évidentes, mais c’est un autre sujet…).
    Ses méthodes furent redoutable, et en à peine 5 ans, l’immense majorité des tribunes de la Bombonera étaient contrôlées et stérilisées par la 12 Dizeotisé, et à partir de la, transformation radicale de l’une des plus honorable institution de Buenos Aires, envolées des prix des places des abonnements, perte de toute base populaire dans le stade et dans son environnement proche, tribunes fréquentés par les pires criminels argentins tenant tout un tas de petit trafic aux alentours du stade (drogues, armes, femmes…) et d’abonnements avec la complicité présidentiel et policière… Bref, il ne reste aujourd’hui aux supporter traditionnels de Boca que les yeux pour pleurer, voir leur Bombonera autrefois tellement atypique et magnifique devenir une vulgaire arena remplie de touristes européens et asiatiques et de petits bobo argentins travaillant dans des grand groupes américains être entièrement tenu par une bande de criminels disposant d’un délit d’impunité totale de la part des corps judiciaire…
    Aujourd’hui ? Di Zeo se pavane toujours avec ses centaines de litres de sang sur les mains à chaque matchs de Boca à la Bombonera, son petit groupe (ou il a eu le temps de former quelques lieutenants) gère toujours les petits trafics autour du stade et bénéficie des ventes d’abonnements qu’il assure pour une petite partie, et Boca n’est plus qu’un disneyland footballistique sud-américain, pour plagier Yves…

    Après l’immense réussite du « plan Di Zeo » à Boca, les Néo-libéraux de la CONMEBOL tentèrent également d’appliquer une stratégie similaire à River pour mettre ce club au pas (quelle surprise…) et la période 2001-2005 vit donc l’apparition dans les tribunes du Monumental de toute une palanquées de petit groupuscule d’extrême droite et d’extrême gauche au seins de la principale Barra du club, les Borrachos del Tablo (les ivrognes de la planche en VF…).
    Avec d’un coté, les frères Schlenker (William et Alan), deux mecs avec des physique d’aryens incroyable et ouvertement néo-nazi (c’était parfait, ce nom, ces tronches…) et de l’autre les gauchistes d’Adrian Rousseau.
    Ce qui a sauvé River ? La résistance et l’organisation des supps de River (bien supérieur sur ce point à ceux de Boca) et l’élection de Nestor Kirshner en 2003, sans aucun doute (laxisme au niveau des instances beaucoup moindre…)

    En 2011, les Schlenker et Rousseau furent condamnés à 12 ans de prisons pour l’assassinat de Martin Gonzalo, un jeune supporter de River en 2007 (la justice argentine, est…trééés lente…), Alan est sorti l’année dernière, il a repris sa petite activité agricole dans la province d’Entre Rios (oui parcequ’en plus les mecs sont surdiplomés en ingéniérie, comme quoi ça ne signifie pas grand chose…) et se permet de réclamer des réparations trés élevées au club de River Plate, il a balancé un « reportage » hilarant le mois dernier censé le dédouaner, le type a pas froid aux yeux…:
    https://www.youtube.com/watch?v=ZbIP4tTMopU&app=desktop

    William est lui encore en prison, sa peine va sans doute être réduit de moitié dans les mois à venir, Macri va sans doute encore avoir besoin d’eux… 😉

    Enfin bref, cette affaire reste un sujet toujours ultra-sensible de l’autre coté de l’Atlantique, je l’évoque car je suis sur un site francophone ou je ne risque pas grand chose, mais j’évite le plus possible d’en parler lorsque je suis en Argentine, j’ai des enfants, je tiens encore un peu à la vie :p…

  17. Ah oui, et merci pour vos échanges les gars, toujours un plaisir à lire (Cosmo, ton retour est apprécié, manque plus que notre Nico sorte de son hibernation 😉 )

  18. Je te crois pour ton pavé de 1000 pages !!

    Carbonero ? Maintenant, je sais, c’est pour los Pibes del Carbonero ! …

    Je n’ai pas suivi ce qui se passait à Boca quand Macri est arrivée au pouvoir, parce que le foot argentin est pluriel pour moi et Boca et River ne sont pas plus important que le reste…et puis actu lointaine pour moi.
    Boca ? Dès que j’ai vu la vénérable tribune d’honneur être rasé pour laisser la place à une tribune avec plusieurs étages de loges, j’ai pigé, il y a des signes infaillibles, pas besoin d’avoir le moindre détail sur ce qui se passe en coulisse……….Après le reste a suivi comme par hasard.

    River ?

    Mon père a été dans la marine, il faisait le plus souvent les routes vers l’Amsud, en tant que fou de foot, il avait un brin d’affection pour River, c’est le club qu’il allait voir quand l’occasion se présentait, il était impressionné de voir à quel point les supporteurs étaient cultivés en matière de foot, que le résultat n’était pas tout, alors malgré les années terribles de la dictature et puis la libéralisation extrême de la société argentine, le public de River n’a pas énormément évolué, je crois que le geste est toujours aussi important que le but…que les supps se sont organisé face à ses tentatives de déstabilisation du club ne m’étonne pas.

    En fait même si Boca et River représente l’épicentre du foot argentin, j’ai toujours regardé les autres, le Racing est le club qui m’a toujours intrigué, courant péroniste, j’ai vu qu’il était tombé dans le domaine privé puis les socios ont repris le pouvoir…

    La CM est à 48, je ne vois pas l’Uruguay et l’Argentine associés dans une telle aventure = 16 stades FIFA, à moins que cette dernière revienne en arrière et arrête de se livrer comme le CIO à ce type de racket, faite tel travaux et puis on partage les pots de vin. Des stades couverts, mais, il pleut combien de fois dans une saison quand Penarol joue à domicile ? Une à deux fois par an ? Ils veulent des stades couverts sauf aux US, là, ils descendent leur froc et accepte ce que les ricains proposent…

    En parlant de tribune, je vous raconterai comment après avoir fait partie des ultras-OM à la naissance du groupe, j’en suis parti comme d’autre à l’arrivée du sieur Tapie, ahhhhhhhh, la vie des tribunes, ce n’est pas rien……

    • Haha, t’en a mis du temps ! 😉

      Oui, Carbonero, c’est pour mon ancienne appartenance aux LPDC, groupes dans lequel je me suis pas mal investit fut un temps avant mon départ pour l’Europe, ça m’a apporté pas mal de galéres, mais tellement de moments magnifique à côté, bref, une expérience incroyable, des vrais moments de camaraderies comme je n’en ai connut qu’a l’armée lors de mon années de service…

      Aujourd’hui, j’ai un peu passé l’âge et me suis un peu dépassioné pour tout ça, mais je connait encore pas mal de potes qui y sont toujours, dont trois de mes neveux qui animent les tribunes, font les déplacements, organisent tout un tas d’oeuvre caritative et social au niveau local… C’est génial, la nouvelle génération est superbe !
      C’est elle ce qui me fait espérer pour la suite, pour tout te dire, me dire qu’ils leurs faudra être sacrément inventif pour réquisitionner et transformer mon Peñarol…

      Les supps de River ? Sans doute les plus instruits et cultivés du continent, incontestablement !
      Je t’avoue qu’il m’arrive souvent d’en être jaloux, aller au Monumental et discuter ballon avec n’importe quel quarentenaire las-bas est toujours un plaisir, les types sont des monstres, ils sont incollable sur l’histoire et la culture profonde de leurs environnement…
      Avec le recul, je me dois de penser que Francescoli collait parfaitement à l’ADN de ce club, c’est d’ailleurs uniquement las-bas qu’il est célébrer et reconnu à sa juste valeur, le type incarnait l’esprit et la mentalité River a la perfection…
      Il en avait du goût ton vieu 😉 !

      Le Racing ? Mon épouse ne traine pas sur ton site (enfin je croit…), je ne risque donc rien en t’avouant que j’ai toujours eu moi aussi pas mal de sympathie pour ce club, la façon dont les supporters se le sont ré-approprier aprés une période ignoble, respect éternel… !

      Cette admiration me vaut pas mal de prises de têtes avec mon beau-pére et mon beau-frére, mais je sait qu’au fond d’eux, c’est parcequ’ils jalousent ce qu’eux n’ont pas su organiser et mettre en place à Independiente (contexte bien plus bordélique et miné de l’intérieur certes, mais c’est avant tout de leur faute, je persisterais toujours dans ce sens,…)

      La CDM a 48 ? Macri tient absolument à ce truc pour 2030, mais oui, comment faire avec 16 stades ? L’Uruguay ne peut en fournir que 3, 4 au grand max et dans le pire des cas,et vu l’état de la plupart des stades argentins… Va falloir se creuser pour trouver l’argent afin d’en faire des arena multi-sports aux normes du foot business. Alors certes, l’économie argentine se redolarise a vitesse grand V depuis un an, les créanciers, rassurés par l’ultra-interventionisme du FMI et de la FED semblent de plus en plus favorable à renouveler quelques prêts d’ajustement, mais enfin, il reste du boulot, va falloir qu’ils se creusent les méninges, il ne leur reste que 12 ans…

      Tu a fait partie des Ultra 84 Yves ? Je ne savait pas que tu avait une affinité particuliére avec l’OM…
      Ce groupe vaut en tout cas son pesant de récits et d’annecdotes, j’attends tes explications avec impatience :).

      Que pense-tu de la récente décision du président de Guingamp d’ouvrir le capital du club aux supporters sinon ?

      • Ultra-84 ?
        Oh non, j’en faisais partie à l’origine, nuance….
        Au tout début, les ultras c’était le virage Nord, vers 84-85 et 86 et puis est arrivée Tapie et sur le champ réunion au Vel avec ses sbires dont un certain Grisoli – me souviens encore du nom , lol – il s’agissait pour le groupe de se soumettre à la direction avec un renvoi d’ascenseur, pour moi ce fut fini au sec……..on peut être très jeune et comprendre certaine chose. Je suis parti comme d’autre camarades, aucun regret, il n’ y a jamais eu chez les cinq ou six leaders du groupe, la moindre contestation envers le foot business…..

        • Il y a eu une drôle d’affaire avec l’ancien excellent gardien Joseph-Antoine Bell je crois? Je n’ai plus les détails en tête mais je crois que le protégé de la mittérrandie lui avait fait un chantage et de fait s’était pris des insultes racistes et des bananes…

          • Bananes ? Je ne sais plus où jouait Bell ? Bordeaux ou Sainté, quand cette histoire s’est produite. Je n’étais pas au stade et je n’avais plus aucun contact avec le virage depuis des années quand cela s’est produit….

            J’ai entendu pas mal d’avis contraires, une chose est certaine, le virage était devenu facilement manipulable…

  19. Alex (j’ouvre un nouveau front, l’ancien se réduisant comme peau de chagrin…),

    Ohrf, tu sais, il y’a tellement de choses qui me laissent baba tout les nouveaux jours qui passent (rien que ce que tu me rapporte sur certaine déviances belges en matiéres de football, et ce que tu me rapporta jadis dans l’importance de votre pays dans l’Eurofoot, waaw…)

    Zagallo est issu comme moi d’un metissage italo-arabe, oui (je crois qu’il s’exprimait parfaitement dans ses deux langues également, et bien avant ses multiples passages dans les différents émirats…)

    Syro-belge ? Je croyais que tu allais me parler de Bahar Kimyongür ^^.

    Oui, Sanharib Malki, qui réussit effectivement quelques belles saisons en Belgique, et qui appartient à toute cette petite clique d’araméens et d’assyro-chaldéen (compliqué le Moyen-Orient hein…^^) de la diaspora ayant choisi, souvent par défaut, de défendre les couleurs du pays des ancêtres, que ce soit en Syrie ou en Irak (dont la principale filliére est celle des clubs ultra-communautaire suédois de l’Assyriska et du Syrianska FC).

    Mais bon, football syrien, déjà essayé de m’y intéresser un peu, j’ai vite abandonné, ce sport ne déchaine pas les foules las-bas, toujours considéré par beaucoup comme un « sport de colons », et ce malgrés les efforts répétés de la diaspora de le faire adopter via les nombreuses tournée des plus grands clubs paulista, rien à faire, ça n’a pas collé, société beaucoup trop identitaire et conservatrice avec ce qui vient de l’étranger, que veux-tu…

    De plus, le foot local est toujours majoritairement amateur, il existe tres peu de footeux vivant convenablement de leur pratique…
    Et puis la forte et ancienne influence soviétique également, les sports de combats sont majoritaires, notament le Sambo et le Systema.
    Ce qu’il s’y passe depuis 6 ans maintanant ne va pas forcément aidé non plus… 🙁

    Pour le coup, le Liban, l’Irak, voir la Jordanie ont un rapport au sport bien plus intéréssant, footbalistiquement surtout. J’ai souvent remarqué par exemple que les joueurs irakiens originaires des rives de l’Eurphrate étaient bizarrement les plus esthétes et techniques du Levant. Et la séléction irakienne est comme par hasard celle qui obtient les meilleurs résultats de la région depuis 50 ans (et même aprés la scandaleuse mise à mort de ce pays…) depuis des décennies (corrige moi si je me trompe, vu que je n’avais que 6 ans à l’époque, mais il me semble que cette séléction vendit par exemple assez fiérement sa peau lors du Mundial mexicain, non ? :p).
    La plupart des Assyro-araméeo-chaldéens de la diaspora, qui constituent à peu prés la grande majorité de la séléction syrienne actuel sont d’ailleurs également originaires des rives de l’Euphrate, c’est un peu le Danube local, toute proportion gardée…

    Au Liban, c’est autre chose, la jeunesse de la grande et moyenne bourgeoisie maronite n’a d’yeux que pour le basket et la NBA américaine., et vu que c’est elle qui détient la totalité des médias et de l’opinion… Le football connut également las-bas un développement intéressant, freiné par le terrible conflit qui marque encore une communautarisation des clubs assez malsaine (et un peu sur le modéle suédois, quoique moins international….)
    Le Moyen-Orient garde surtout pour lui une incroyable quantité d’archives sportive de trés haute qualité, et malheureusement bien trop peu connut des levantin eux-même.
    Je te le répéte, mais tu ne peut t’imaginer la qualité des archives sportives des grandes bibliothéques dans ces pays la…

    Sinon, ENORME ce but de Stoica haha, ça m’a bien fait marrer…

    Petit fut une sorte de despote éclairée dit-tu ? Tu sais, plus je vieillit, et plus je me rend compte que l’histoire regorgea de ce type de personnages. Et qu’avec le temps je me rend de plus en plus compte que je préfére mille fois un bon despote éclairée qu’une soit disante démocratie d’opinion et de marché tenue par les barons de la finance pour faire élire ses deux candidats (les irakiens et les allemands en savent quelque chose d’ailleurs, mais c’est un autre sujet ;)…)

    Passionant cette histoire de rivalité trilatérale Bruges-BX-Liége via leurs 3 présidents emblématique, je comprend pourquoi votre football est toujours marqué par cette triade…

    Petite question: qu’en est-il de Robert Louis Dreyfus ? Je vit qu’il controla le Standard durant prés d’une décennie, aidé et accompagné de son acolyte d’Onofrio, à l’endroit duquel tu fut pour le moins élogieux lors de notre derniére discussion (ce que je comprend tout à fait, Damiani est bien président de Peñarol depuis 25 ans, et confidence: j’ai toujours voté pour lui depuis que j’en ai l’âge, et je compte bien le refaire l’année prochaine…), quel bilan tire-tu de son régne sur la scéne locale et institutionel ?

    • Nouveau front? L’ancien?

      Le Proche-Orient est plus encore une lasagne/mille-feuilles que je ne croyais – des Suédois, maintenant!… :o) Mais je m’accroche, c’est riche tout ce que tu m’apportes, là!

      Oui, les Irakiens avaient été bien mal payés en 86 – dont en particulier face aux Belges, il me semble (lointains souvenirs : péno-cadeau pour les Belges, Irakiens réduits à 10…)……… Occasion probablement manquée pour eux, la Belgique était largement à prendre jusqu’alors. Ce match fut d’ailleurs l’un des pires disputés par la Belgique dans les années 80, sorte de pinacle de notre crise post-Waterschei… Dans la foulée, le d’habitude placide entraîneur Thijs trancha avec violence : renvoi au pays des VandenBergh (blessure diplomatique…), VanderEycken (leader d’une mutinerie tactique) et d’un Desmet qui, sans a priori avoir compris grand-chose à la situation, avait benoîtement pris le parti de VanderEycken, + place aux jeunes et aux sans-grades (Demol, Vervoort, Veyt…)… Le match suivant des Belges, face au Paraguay, fut aussitôt d’un tout autre niveau, possiblement même l’un des plus spectaculaires du tournoi (86 était un grand millésime pourtant) ; bref : ce match face à l’Irak fut TRES important pour notre football, genre vraiment toucher le fond pour enfin pouvoir remonter, y trouver une impulsion…

      Ceci sans rien enlever aux mérites intrinsèques des Irakiens, dans mes souvenirs toujours bien mal payés encore face au Mexique et au Paraguay…

      D’Onofrio? Des éloges serait un grand mot ;o), ce type est un vrai mafieux et son service d’ordre personnel n’est pas tendre, l’approcher est s’exposer à être mollesté…mais on en reparlera bientôt, je viens de proposer à Yves une série qui s’y prête.

      Maintenant, surtout : je relis tout ce que tu me fais découvrir sur la Syrie, l’Irak… :o)

  20. Démocratie ?

    À titre personnel, je crois dans un système basé sur le vote et la représentation parlementaire, on n’a jamais fait mieux……..Sauf à Athènes. Le problème des démocraties en panne c’est-à-dire où il n’y a plus de démocratie porte un nom, libéralisme.

    Le libéralisme est la porte ouverte au calfeutrage, arrangement entre amis, corruption, mise au pas du citoyen, peur de perdre son job, petit groupe d’intérêt contre le plus grand nombre, bref, c’est foutu !

    Une loi sur la presse – décloisonnement total – devrait être la première chose à envisager pour un candidat à l’élection suprême, pas un mot sur ce point de l’ensemble des favoris et outsiders.

    La démocratie n’est pas un exercice facile, il faut se battre pour que le concept vive, après si la majorité des gens considère que c’est positif de voir la presse nationale et régionale – exemple – concentré dans quelques mains, ben il y a de quoi désespéré….

    Cazarre ?

    C’est un bon exemple de ce que nous vivons. Le foot français est dirigé par une caste qui utilise tous les artifices possibles pour se maintenir en place et……L’ami Cazarre contribue par ses émissions burlesques – diversion par l’humour – à ce que cette caste se maintienne.

    J’aime beaucoup Cazarre, mais bon faut pas être dupe………..Le foot français est d’une richesse inouïe qui se doit d’exploser un jour ……..Plus facile à dire qu’à faire, mais la base est là.

    Lopez ? Encore un bon exemple.
    Il vient faire du business, oui, mais le LOSC n’a pas besoin de lui, aucun club français n’a besoin de ses gens, ils peuvent tous reprendre leurs tunes, un club peu parfaitement s’autogérer par lui-même, pas besoin de ses types qui viennent pour vendre et acheter des pseudo-joueurs, l’ensemble des clubs ne sont qu’une addition de cabinet noir, je n’arrive pas à comprendre comment les gens peuvent aller au stade pour voir des trucs pareils ?……

    • A cet égard, j’ai la plus grande estime pour les travaux de Chouard – que j’ai vu avoir été épinglé comme infréquentable, être mis à l’index, par le dispositif inquisitorial récemment mis en place par « Le Monde » (n’est-ce De Gaulle, qui le nomma « L’Immonde »??) – ; son idée de tirage au sort peut faire sourire mais… (lointain souvenir de lecture : Thomas Moore ne proposait-il déjà cela dans son « Utopie »?)

      De la presse, je ne sais si ce fut évoqué en France, mais qu’un consortium « public » wallon, estampillé PS et aujourd’hui dans la tourmente (il était temps…), ait jadis racheté de parts de « La Provence » à la demande du PS français…???

      Cazarre? Ce qui, dans l’espace belge francophone nous sert désormais (o tempora…) de lieu de débat footballistique télévisé, lui a déroulé le tapis rouge il y a quelque 2 mois ; nous voilà plus encore contaminés (pourquoi toujours regarder Paris, ach…), « merci »!… ;o)

      • Oh tu sais, Athénes serait qualifié de république fasciste à toute les sauces par nos grands médias si elle existerait de nos jours, alors que d’un point de vue de la démocratie pur, elle aurait pas mal de leçon à donner à tout les politicards, entiérement d’accord…

        La représentation parlementaire me parait également l’une des meilleurs solutions. En Amérique du Sud, on parle plutot de démocratie participative, ça existe encore dans les pays ou ne régne pas encore l’ultra-libéralisme (la liste se reduisant d’année en années…)
        Lors de son triple mandat vénézuélien, Hugo Chavez mis par exemple une nouvelle forme de « démocratie participative » relevant d’un fort ancrage locale redoutable et on ne peut plus efficace. Tellement efficace qu’elle inquiéta même nombre de grands barons de l’oligarchie mondialiste et qu’elle fut saccagé par une énorme bureaucratie héritée d’avant sa prise de pouvoir et encouragée par différents acteurs locaux et internationaux (je persisterais toujours à penser que sa mort est tout sauf anodine…).

        Et dans les médias européens ? Chavez le dictateur, le raciste, le populiste, le nationaliste, l’ami d’Al Assad, de Kadhafi, de Poutine, blablabla…
        12 éléctions sur 13 remportés et rien à faire, lorsque l’on s’oppose réelement (pas à la Besancenot ou Podemos) à l’oligarchie financiére, celle ci met tout en oeuvre pour vous détruire, nous autres sud-américains savont ce qu’il en coûte souvent…

        Un truc qui m’agace au plus haut point en ce moment en France, c’est la propagande (pas d’autres mots…) insuportable que font les médias tenu par Patrick Drahi pour Emmanuel Macron, le vendant même comme principal candidat antisystéme, loool… Immonde !
        Je rejoint Alex sur les travaux d’Étienne Chouard, je me repasse souvent son débat face à Attali pour me marrer parfois, il y fut magistral…

        Cazarre ? Excellent oui, mais c’est Pasolini je croit qui le premier parvint à décrire l’apparition massive de comiques à la TV et a la radio dans son Italie des années 60, leur collusion avec le pouvoir et leur fabuleux travail de sappe qu’ils réalisaient pour rendre tout dérisoire, et ainsi détourner l’opinion et laisser souffler la caste des dominants, il avait une fois de plus été visionnaire…

        NB: Lorsque je parlais de despote éclairée allemand, je voulais parler de Frederic II bien sûr, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit… :p

  21. Oh, je n’ai jamais caché mon affection envers la démocratie athénienne.
    Chavez ? Il n’a pas permis au Venezuela d’acquérir une certaine puissance en exploitant habilement la manne pétrolière et n’a pas pris soins de former ses successeurs, trop vites, trop de dispersion, mais vu les manques de la population c’est compréhensible…

    Macron ? C’est pour les jeunes-vieux, un gros bluff, du vide, un ultra-libéral-mondialiste de plus…

    Faut pas trop se prendre la tête avec ses élections, car le vainqueur n’aura pas de majorité présidentielle !

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