Top 50. Inter de Milan. 50/1 Giacinto Facchetti

 

Après quelques mois à la barre du club lombard de l’Inter de Milan, l’entraineur Helenio Herrera enrôlé à prix d’or par le président Massimo Moratti décide de tout changer dans son équipe. Herrera n’a pas mis longtemps à assimilé le football italien et sa culture d’entreprise dont il aura tendance à en extirper le pire par moment. Herrera sous les conseils de spécialistes du football transalpin dont Gianni Brera, la plus grande plume du Calcio, laisse tomber son schéma basé sur l’offensive, mais Herrera n’opte pas pour un système défensif appeler catenaccio déjà en vigueur en Italie, il prend son équipe, la positionne sur une table et inverse le tout ! En un mouvement, Herrera transfère la force productive de sa formation en défense. Il n’y a jamais eu de révolution dans le football, il faut apprendre à parler d’innovation, et cette nouvelle disposition créer par le coach franco-argentin en est une.

Dès son arrivée au club Herrera s’active rapidement à trouver des joueurs. Le président Moratti fait marcher le chéquier, plusieurs jeunes éléments sont recrutés, peu arrivent en équipe première, parmi les heureux élus se trouve un jeune joueur prometteur du club de Trevigliese, Giacinto Facchetti. Herrera est impressionné par ce grand gaillard au visage émacié qui a hésité entre l’athlétisme et le football. Il évolue au poste d’attaquant. Puissant, rapide, une bonne technique vu son gabarit et un excellent jeu de tête. Herrera étonne son entourage quand il décide de replacer le jeune Facchetti en défense au poste de latéral gauche.

 

 

 

 

 

À cette époque, les latéraux participent déjà au jeu, en Angleterre et en Amsud notamment, mais il reste confiné dans un rôle de soutien, Herrera veut que son latéral puisse aller beaucoup plus loin, il veut un joueur qui participe aux contre-attaques, soit capable de créer et le plus important, qu’il marque. Facchetti comme l’ensemble de l’effectif pense que son entraineur est fou, mais peu à peu le grand Giacinto se fond à merveille dans son nouveau rôle de latéral gauche libéré.

Facchetti devient peu à peu l’élément clé dans le dispositif de la formation d’Helenio Herrera. Bon défenseur, joueur discipliné, vif, il est souvent à la source des contre-attaques, omniprésent sur les corners du à son jeu de tête, il ne manque pas l’occasion de tirer des pénaltys. Herrera a créé un latéral qui sait tout faire, et donne au jeu de nouvelles possibilités dans les phases offensives. Facchetti inscrit dix buts lors de l’exercice de 1965-66, du jamais vu dans le championnat d’Italie et sur le continent. Il est classé deuxième à l’élection du Ballon d’Or, battu par Eusebio.

 

Capitaine victorieux de l’Euro-68

Le départ d’Herrera en 1968 du club permet à Facchetti de s’émanciper de la tutelle de son mentor. Il continue à évoluer et prend l’axe central quand ça devient nécessaire. Il devient tout naturellement un cadre inamovible de la squadra azura et hérite du brassard de capitaine, il guide ses camarades à la victoire finale de l’Euro 68 à domicile.  Après ce nouveau triomphe, le beau Giacinto fait le point, il a tout gagné sauf la Coupe du Monde. Deux ans plus tard, il guide encore la sélection nationale et se propulse en finale. Cette fois, Facchetti mord la poussière face à un Brésil hors de portée…

Par la suite il délaisse les avant-postes, l’Inter n’a plus la force de projection qui en faisait une équipe redoutable, le titre obtenu en 1971 est le dernier soubresaut d’une équipe rattraper par la vieillesse. Peu après, l’inter opte pour un système de jeu plus traditionnel et adopte le sacro-saint catenaccio pratiqué par toutes les formations transalpines,  l’Inter en fait les frais en finale de la C1 de 1972 face à l’Ajax d’Amsterdam.

Facchetti glisse en douceur vers la fin de sa carrière de joueur. Après dix-huit années sous le maillot de l’Inter, le grand Giacinto joue son ultime match face à Foggia en 1978, laissant un ratio de 634/75. Alors qu’il est présent sur la liste de Bearzot pour le mondial argentin, Facchetti décline la sélection, il ne sent pas au niveau en raison de problème musculaire de jouer le mondial, Bearzot le convainc de faire partie du groupe en tant que capitaine non-joueur. Facchetti s’envole pour l’Argentine et manque la finale de Coupe d’Italie, l’Inter dispose du Napoli sur la marque de deux buts à un. Durant cet été, Facchetti renonce définitivement aux terrains après avoir été tenté de continuer à jouer.

Quelques mois plus tard, Facchetti accepte l’offre d’Achille Bortolotti, président du club de l’Atalanta. Il devient vice-président du club, mais il ne reste pas longtemps à Bergame. Il décline l’offre d’Helenio Herrera de rejoindre le Barca en tant que directeur technique.

Ernesto Pellegrini, tout nouveau président du club milanais l’invite à intégrer le staff technique du club. Facchetti devient l’adjoint de Trapattoni et l’accompagnateur de la formation lombarde durant des années. Membre du conseil d’administration du club nerazzuro, il est intronisé en tant que dix-neuvième président de l’histoire du club par Massimo Moratti. Quelque temps plus tard, l’affaire du Calciopoli éclate. Facchetti malade décède le 4 septembre 2006 à l’âge de 64 ans.

Les hommages se multiplient dans le pays. Le jour de ses funérailles, tout le monde du football est présent ainsi que 15000 personnes qui restent en dehors de l’église pour rendre un ultime hommage au « seigneur de l’Inter »…

Yves Alvarez

Yves Alvarez

42 Comments

  1. Bizarre, je me rappelais – archives lointaines – d’un Facchetti comme crispé, en tout cas hyper-solennel, tandis qu’il était porté en triomphe tenant la Coupe, Euro 68……………. Ca m’avait profondément marqué or, là : je ne retrouve rien de tel en en googlant des photos (il y est toujours hyper-souriant)??

    Et, tiens : le but de Riva, lors du replay de la finale, n’était-il pas hors-jeu?

    Je n’ai jamais vu d’autre match de la Squadra (sinon des bribes de la demi), concernant ce parcours victorieux…mais sur papier ça n’a pas l’air bien sensass… Qu’en fut-il vraiment?

    De toute façon, vu ce qui s’était produit 2 ans plus tôt (et à dire vrai depuis 30 ans) : 68 dut être phénoménal dans la Botte ; l’Italie revenait aux affaires…

    • … »revenait aux affaires »……..ou y « venait » tout court…………..

      J’ai conscience que c’est un peu (bcp) mesquin voire réducteur (ils devinrent des cadors en Mitropa), c’est un peu fait exprès à dire vrai…mais les Oriundis, le football mussolinien, 1934……….. J’ai vraiment du mal…

      68, bon : ça paraît (?) tortueux, à l’arrache (idem en 82 et 2006)…mais un acte de naissance (plus que de « renaissance »), d’une certaine manière?

        • Les finales je les connais. La demi, comme dit plus : des bribes… Le tout mis ensemble : rien de bien souverain, ça c’est sûr…

          Mais les tours préliminaires?? Je n’en ai rien vu, or j’aimerais savoir ce que cette équipe avait vraiment dans le ventre?

  2. Et bête question, mais : jamais eu la moindre bisbille entre Rivera et lui, pour le capitanat?

    Joueurs-phares, plutôt bien faits de leur personne, intégrés au board de leur club chacun en leur temps (ce qui, au-delà de la dimension symbolique, laisse à penser qu’ils en avaient au moins un peu dans la caboche…et en avaient l’ambition)………… Ca n’a jamais frité?

    • Aucune embrouille rien de ça, exemple, Mazzola et Rivera ne comprenait pas pourquoi ils n’étaient pas associés en sélection en permanence…
      Le problème venait des cerveaux de la squadra azura, fort limité…..

      • Je vois le genre, ok (…comme dans la pub pour des pâtes, jadis : on a les mêmes à la maison!)…

        Les cerveaux à la tête de la Squadra (Tu vises Valcareggi bien sûr? et plus sourdement les vues influentes de ton cher Brera? celles de Franchi??)……………..

        Si un fan de foot italien passe par là, il va finir par m’en vouloir (si ce n’est déjà fait), je vais me faire traiter d' »anti-italien » et tout le tralalas :o)… Je crois pourtant qu’on trouverait trrrrrèèès difficilement beaucoup de non-Italiens à avoir défendu, comme je l’ai toujours fait, leur sacre de 82 (certes peut-être 2-3 babioles pas trop glorieuses en 82…mais dans les grandes lignes, je ne vois trop que leur reprocher???, il y eut tellement pire…), bref…

        Là où je veux en venir :

        On met toujours en avant la science tactique italienne, les grands coachs pétris de culture tactique, mouais… C’est tellement paresseux, prisme des palmarès… Pour ma part et sinon quelques exceptions (l’ère Vicini m’a très positivement marqué!, plaisante « rupture ») : je n’y vois rien de vraiment bien sensass à dire vrai, surtout de la gestion à la petite semaine…

        (NB, le premier qui me parle de Sacchi : je vide une bière)

      • Une fois de plus, foot de sélection et de clubs n’ont rien de commun…
        Le problème est que ses gens, coach, joueurs sont issu des mêmes clubs, Juve, Milan, Inter, difficile de se remettre en question, d’aller vers un vent de liberté-créativité , ils restent cloisonner dans cette culture de l’obéissance, de la soumission envers l’autorité, même quand celle-ci est défaillante…

      • Quel dommage que je n’ai pas vu cet article plus tôt, j’étais 1000% d’accord avec tous les commentaires qui ont suivi.
        Soyons justes: à l’issue de la finale de 2016, Christophe Josse a rappelé que Zidane n’était pas le premier coach français à avoir gagné une C1. Même l’inéffable Pascal Praud le sait, mais ne manque jamais d’ajouter: « Argentin naturalisé français ». Quant aux « spécialistes » de « l’Equipe 21 » ça va de l’gnorance crasse au révisionnisme.
        Lors d’un débat, au détour d’une phrase, Dave Appadoo: « Si un français avait été entraîneur de Barcelone, ça se saurait ».
        Et je ne parle pas de Alexander (ou Elek) Schwartz, finaliste de C1 avec Benfica en 65, que personne n’évoque jamais.
        Et pourquoi pas dire de Carlos Gardel, parti de Toulouse à l’âge de deux ans, « Français naturalisé Argentin ».

        • Bel effort de Josse (que je ne connais pas :o) )! Mais j’ai souvenir que l’article d’Yves était antérieur à la finale, et que dans la presse Herrera n’était alors jamais mis à l’honneur (…mais le sera-t-il jamais?).

          Plus récemment par contre, ça oui : il m’est arrivé d’entendre ou lire son nom être cité… On progresse!

          J’ignorais que Schwartz avait été naturalisé – tu m’apprends déjà un truc, merci.

          Tous deux, Herrera et Schwartz, étaient étrangers à certain sérail…………….. Un début d’explication?

          • Maintenant, bon : d’entraîneurs français de qualité qui fussent, et restent, snobés par la médiasphère hexagonale, ben rien qu’en Belgique j’en vois quelques-uns… Voici les deux plus illustres…

            Sinibaldi, père du jeu « à l’anderlechtoise », parangon dudit « beau jeu » continental des 60’s et 70’s………….et dont tout le monde se fout (désormais?) comme de l’an 40 dans son propre pays…

            Ou au Standard René Hauss, sous lequel le Standard fut tout bonnement intouchable en Belgique et qui, sur papier comme sur terrain, avait plus encore qu’Anderlecht les arguments pour remporter un titre continental…

            Quid de ces deux-là en France?? Ben nada.

            Mon père connaissait un peu ledit Hauss, et pour ma part j’ai été soigné par son fils… Tous deux des gentlemen!

            • René Hauss, je crois, fut chez nous le premier à recourir à la vidéo pour analyser et améliorer le jeu de ses joueurs…

              Goethals suivit des cours d’entraîneur à Paris (notamment)…

              A l’époque le foot belge était au-dessus du français……..mais, des deux : l’expertise était française…

        • Pour Alexander Schwartz, fut naturalisé français, mais c’est en France qu’il a vraiment construit sa pensée footballistique, joueur puis entraineur, et comme le dit Fred, oublier de nos jours…

          Dave Appadoo: « Si un français avait été entraîneur de Barcelone, ça se saurait ». Je ne connaissais pas cette sortie ……
          Fortiche le Dave, je crois que Lucien Muller a officié sur le banc de touche….Mais si Dave le dit, ben….

          • Avant : aucune idée…et après j’en vois a priori bien moins…

            Mais le nombre d’artistes, savants…et footballeurs, aussi, qui passèrent d’une nationalité à l’autre entre les années 20 et 50, waouw………………………

            J’y pense parce que Gardel, bon exemple… Français…devient argentin…demande des papiers uruguayens au Consulat…………….. Ca me paraît tellement (mais erronément, peut-être?) propre à cette époque!

            • J’imagine que : la guerre perpétuelle (14-18 et 39-45, même combat)…les crises…le redessinage des frontières…passer entre les gouttes, de l’opportunisme aussi çà et là, tout ça tout ça…??

          • Tu veux parler de la thèse qui l’aurait vu naître en Uruguay ?, mais elle est moins crédible que la thèse toulousaine.
            Et même, si c’était le cas, ça ne changerait rien, on dirait de toutes façons: Carlos Gardel, Argentin né en France, ou Carlos Gardel, Argentin né en Uruguay.
            De quoi est mort, à 52 ans, Alfredo Zitarrosa ? ce n’est pas dit dans wikipedia.

                • (Rajout):

                  Pour ce qui est des petites disputes Argentino-Uruguayenne au sujet de la paternité de certains artistes, elles sont surtout marrantes car très nombreuses, Gardel n’est que le plus célèbre d’entre eux. mais pour pas chercher trés loin, Zitarrosa, dont le père adoptif est argentin, est également revendiqué par beaucoup à Buenos aires…

                  Faut les comprendre aussi les hermanos, ils n’arrivent toujours pas à accepter et pardonner au Général de Rosas d’avoir vu la plus belle de leur région prendre son indépendance…

                  L’Uruguay, c’est un peu ce que la Wallonie est à la France pour l’Argentine, l’une de ses région (oh lala, si mon pére me lisait…) qu’elle ne méritait pas, et qu’elle a donc vu lui filer entre les doigts. Pour la Wallonie, c’est les Bourguignons qui ne se montrèrent pas au niveau. Pour l’Uruguay, ce fut les fédéralistes argentins…

                  • Son Sud-est vaut le coup d’œil…et cependant je n’irai jamais jusqu’à dire que la Wallonie (concept fort artificiel, pensé surtout comme une réponse au nationalisme flamand) ferait la plus belle province de France… :o)

                    Les charmes de l’Uruguay? Ma doctoresse, à Kinshasa, était belge quoique mi-libanaise mi-argentine…………..et à l’écouter, je cite : l’Uruguay était la plus belle province d’Argentine (sic)……….. Ne pas me taper sur la tête : ça reste un compliment! :o)

                    • Les Bourguignons? Oui, en substance c’est un bon résumé.

                      Le Téméraire crut régler l’affaire en rasant Liège, siège d’un Etat indépendant qui séparait les Etats bourguignons en deux, et contrariait donc ses desseins…avant de mourir devant Nancy – justice immanente, merci les Lorrains!

              • Orf, tu sais, beaucoup de clubs des deux cotés du fleuve se sont accaparés l’héritage et l’aficion de Gardel après sa mort, c’est un monument national, tu pense bien…

                Gardel avait des affinités avec quelques hauts dirigeants de Nacional, oui. Et pour cause, icone et idole de la bourgeoisie portégne du début des années 20, il se rendait et se produisait toujours aux diners organisée par ses hauts dignitaires chaque fois qu’il venait à Montevideo. Le public de Nacional était également fait pour lui, plus « bourgeois », « éduqués », « connaisseur »…

                Pas oublié que jusqu’au milieu des années 40, la base des supporters de Peñarol était surtout constitué d’ouvriers, de paysans et d’immigrants tés récent. Très peu avait les moyens de pouvoir se rendre ou acheter un CD de Tango…
                Celui de Nacional était plus « urbain », « aristocratique », « élitiste ». Encore aujourd’hui, les bolsos nous insultent toujours de cul-terreux, de métèques vendeurs de roses (ça me fait bien marrer ça, à croire que tous les hinchas de Nacional sont uruguayens depuis 300 ans…) ou d’ignares dans leurs chants à chaque Super, mais on sait leur répondre également, ne t’en fait pas :)…

                Si Gardel était sup d’un club, c’était le Racing Avellaneda, comme Peron et Kirshner, il avait de la sympathie pour Nacional, oui, mais de la a en être supporter, non.

                Pour en revenir à Gardel le musicien, je l’ai toujours trouvé un peu surfait. Attention, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit… Certains de ses morceaux sont des chefs d’oeuvre absolu, mais je continue à croire que son adoption si rapide par les salon bourgeois de Buenos Aires (et leur puissance médiatique de l’époque…) lui ont valu une reconnaissance que d’autres auraient tout autant mérité (Pugliese, Canaro, Di Sarli…).

                Ce n’est que mon simple avis de petit amateur de Tango aprés tout, mais pas mal de gens la partagent en Argentine…

            • Zitarrosa ? Le stress, d’une part: c’était un homme à cran, qui n’arrêtait pas de voyager, de donner des concerts aux quatre coins du continent, qui se reposait très peu, n’avait pratiquement pas de vie de famille. La fin de sa vie a également été très tourmenté: persécutées par les différentes dictadura locale sur ordre de la CIA pour cause de « paroles musicales marxistes » (lool…), il dut vivre 10 ans à Mexico, ou il était devenu un peu parano, craignant beaucoup qu’on l’assassine (c’était un admirateur de Trotsky, donc forcément…).

              Ajoute à cela le fait qu’il n’eut pas une vie très facile, commença par exemple à travailler sur les champs dés ses 10 ans et fumait une bonne trentaine de clopes par jours depuis ses 15 ans, l’arrêt cardiaque était malheureusement inévitable…

          • Charlo ? Remarquable interpréte, acteur de grand talent, pianiste virtuose…

            J’aime beaucoup l’acteur, oui. Le chanteur est trés agréable à entendre également, sa voix est sublime.
            Mais bon, un peu comme si tu le demandais de choisir entre Aznavour, Brel et Ferré. J’adore Aznavour, vraiment. Mais je ne le mettrait jamais au même niveau que des Brel, Ferré ou Brassens. Pour la simple et bonne raison que ses derniers furent les auteur-compositeur de leurs propres oeuvres, tandis que le premier n’en fut qu’un (remarquable) interpréte…

            La scéne musicale que tu a copié, tiré s’un célébre film des années 30, n’est d’ailleurs pas de lui,mais de Francisco Canaro, que j’évoquais plus haut, celui la, toute grande classe, la créme de la créme !

            Gatica ? Il a son petit public ici aussi, oui, mais ce n’est pas en Argentine ou en Uruguay qu’il remplira ses plus grandes salles…
            Et pour cause, un truc qui a l’air un peu bête dit comme sa mais… A l’oreille d’un portégne, l’accent chilien est absolument insuportable musicalement. On doit déja bien se concentrer pour comprendre ce qu’ils racontent dans une banal discussion, mais alors lorsqu’ils chantent, mon Dieu mon Dieu…

            Et puis bon, cela va sans dire, mais depuis 82, tout ce qui vient du Chili n’est pas forcément trés bien vu à Buenos Aires…

            • « Aznavour n’en fut qu’un (remarquable) interpréte »

              Mon cher Santiago, tu dois confondre (avec Montand peut-être), car il est l’auteur ou le compositeur, mais le plus souvent les deux, d’environ un millier de chansons.

          • Aaah, Osvaldo Pugliese, je le met pour ma part au sommet de la pyramide des compositeurs de Tango !

            Son parcours est également admirable. C’est l’un des rares (le seul peut être ?) compositeurs de Tango issue d’un Monde ouvrier et d’un quartier miséreux de Buenos Aires. Il ne se soumit jamais aux critéres convenu de la bienséance bourgeoise portégne en matiére d’interprétation de ses oeuvres, ce qui lui valut le boycott et la mise à l’écart de ses derniers durant quasiment toute sa carriére… Mais ça ne l’atteint jamais, il s’en foutait royalement, il déclara même un peu avant sa mort: « Jamais je n’échangerais une représentation  dans un café sombre de la Villa Crespo contre une soirée à la Scala !’
            Il ne fut reconnu à sa juste valeur qu’au crépuscule de sa vie, et aprés la fin de la dictature. D’ailleurs, dans cette vidéo, on voit qu’il dut attendre ses 80 ans pour avoit la chance d’être produit au Théatre Colòn, lors d’une soirée homage à son oeuvre entiére…

            Bon, malheureusement, les sida musical venu de Colombie ou de Puerto Rico sponsorisé à grand coup de propagande US déferlent à une vitesse grand V ici aussi pour pervertir les oreilles de notre jeunesse. Je ne sait pas si je parviendrais encore à rester calme si j’entend encore un petit con ecouter son despacito avec le volume a fond quelque part, je ne promet rien…

  3. Question nombre de nationalités, on atteint le record en la personne de :
    Daniel Barenboim, chef d’orchestre, d’origine juif russe, né à Buenos Aires est de nationalités argentine et israélienne. En 2002, il reçoit la nationalité espagnole et, depuis janvier 2008, il est également porteur d’un passeport palestinien. Et en plus, il parle couramment le français.

    • Oui, c’est assez classique en Amérique du Sud d’avoir 2-3 voir 4 passeports ou nationalités, cela ne sera plus le cas dans les années à venir.

      Moi, j’ai la nationalité uruguayenne, un passeport syrien et il me faudrait une simple mâtiné pour en avoir un italien. Et après 12 ans en France, je suis éligible à demander la nationalité également..

      Je pourrais presque égaliser Barenboim tiens 🙂 !

      • Voilà un truc que je garde du mal à comprendre, Santiago : la patrie a conservé, par chez vous, un je ne sais quoi de sacré………………et cependant on y redouble plus volontiers de nationalités et passeports???

        Le pompon que j’aie vu, c’était en Afrique… Un dignitaire (no more comment), dont j’avais dû m’occuper de la situation familiale, était titulaire de 4 nationalités dans un pays où la double-nationalité est…interdite ; l’exemple vient toujours d’en haut, dit-on…

        • Ben oui, c’est lié à l’histoire démographique du continent…

          L’immigration de masse ne s’est véritablement tarie qu’au début des années 60. Beaucoup de gens ont encore un pére ou un grand-pére immigrés. Je l’avais dit plus haut, mais cela va s’estomper d’ici une petite dizaine d’années…

          Ensuite, bien évidemment, les premiers à avoir conserver les passeports des pays de leurs grands-parents furent bien sur les aristocrates et grand-bourgeois des nouvelles villes du Nouveau-Monde, c’était pour eux leur unique moyen de se rendre réguliérement sur la Terre des ancêtre, et d’apporter ensuite toute innovation technologique européene dans leur nouvelle patrie…

          Aujourd’hui, c’est plus « folklorique » qu’autre chose…

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