Top 50. Valencia CF. 50/01. Mario Kempes

 

La Coupe du Monde gagné par Diego Maradona au Mexique additionnée à ses frasques et  ses exploits avec son club de Naples, Lionel Messi autoproclamé meilleur joueur du monde par les médias du fait de sa constellation de Ballon d’Or et de son palmarès très fourbi avec le FC Barcelone ferait presque oublier que juste avant ses deux ogres médiatiques, un autre joueur argentin avait ouvert la voie…

Certains pensent que Messi est un génie, que Maradona est un extra-terrestre, mais que pensé de Mario Alberto Kempes ?

Le jeu de Mario Kempes était loin d’être aussi ennuyeux que celui de Messi. Kempes et Maradona sont plus proches l’un de l’autre que de Messi trop éloigné du fait d’un physique quelconque couplé à un jeu monocorde. Kempes c’est d’abord une expression corporelle, buste en avant, gaucher, de longue jambe accentuée par le fait que le joueur jouait bas baissées. Kempes tenait d’un danseur de tango, une démarche élégante, des accélérations foudroyantes, des crochets incisifs et le petit plus, un toucher de balle qui lui permettait en pleine course de pousser le ballon de quelques centimètres de stopper net puis de redémarrer avec un crochet à la clé qui mettait ses adversaires chaos, le temps d’ajuster le gardien, El matador n’avait plus qu’à saluer son public.

Résumer le jeu de Kempes à ce type d’action serait faire preuve de peu d’intérêt et d’ignorance, car le beau Mario possédait une palette de jeu très diversifié. Kempes c’était un jeu de tête hors norme, une rareté pour un joueur argentin. En position d’axial, au premier ou second poteau, en déviation, Kempes mettait à rude épreuve les gardiens adverses.

Kempes était aussi un redoutable tireur de coups francs et de penalty. Il ne frappait jamais deux fois de la même façon, il variait ses coups au maximum. Il tirait de l’intérieur ou pied ouvert, au milieu des cages, à ras de terre ou à mis hauteur ou bien en lucarne ou en force ses penaltys. Il en était de même pour ses coups francs en lucarne, sous la barre transversale, à ras de terre, ou toute en puissance, Kempes usait d’une gamme de coups de pied très élaborés.

 

 

  Sauveur de la patrie

 

Carrière

Kempes fait son apprentissage de joueur au club Instituto CA de Cordoba. Il est rapidement transféré dans le club de Rosario Central où il s’épanouit. Il débute en sélection et joue durant le Mondial disputé en Allemagne alors qu’il n’est âgé que de vingt-ans.  Deux années plus tard, il rejoint l’Espagne et le FC Valence.

D’emblée de par son expression si personnelle, il séduit la foule du Mestalla-Luis Casanova. Kempes s’adapte assez vite au jeu pratiqué en Liga. Il remporte à deux reprises le titre de meilleur buteur du championnat d’Espagne, le fameux Pichichi.

En 1978, il rejoint son pays pour disputer la Coupe du Monde. Kempes semble déjà étranger à cette formation, il met un peu de temps à se remettre dans le bain, alors que l’Argentine stagne et ne montre pas grand-chose de probant aux yeux du monde sans parler de la pression monstre du au contexte local.

L’abrazo refait surface, il tire la sélection vers le sommet et la mène à la victoire finale. Kempes est élu meilleur joueur de l’année, même si du fait d’être argentin, il ne peut participer à l’élection du BO réservé aux joueurs européens uniquement.

Tout semble aller très vite pour le beau Marion, mais il n’en demeure pas moins préoccupé par sa condition physique. Ses premières années en Liga ont été rudes pour ses jambes, c’est un championnat rugueux, violent avec une tripotée de psychopathes qui traine dans chaque club. Kempes prend des coups, beaucoup de coups, trop de coups…

Sur sa lancée, il remporte la Coupe du Roi en battant le Real Madrid au stade Vicente Calderon, il inscrit les deux buts de la rencontre du pied droit ! La saison suivante sous la houlette d’Alfredo di Stefano, il remporte la Coupe des vainqueurs de Coupe. Kempes semble avoir fait le tour de la question tant sur le plan financier que footballistique. Six mois plus tard, il rentre en Argentine. Il signe pour le club de River Plate et ses champions du monde. Il reste une saison, le temps de remporter le championnat en marquant le but final face à Ferro.

River Plate n’a pas les moyens d’honorer le transfert de la vedette argentine. Le club  se résout à le rendre à Valence. Kempes retrouve ses marques, mais certaines choses ont changé. Il est accablé par des blessures récurrentes qui lui font manquer la moitié des rencontres. Il marque encore, mais le ressort semble cassé.

Le Mondial espagnol confirme ce que certains pensent. Kempes miné par ses pépins physiques a perdu de sa vitesse, il est moins étincelant au point de devenir un joueur quelconque. Il quitte la sélection alors qu’il n’est âgé que de vingt-huit ans, Maradona a pris la relève…

Deux ans plus tard, il délaisse Valence pour de bon et atterrit dans le club de l’Hercules Alicante. Il joue une rencontre sur trois, mais inscrit plusieurs buts, il étale ce qui lui reste de talent. Kempes est un joueur déclassé qui certes est encore jeune, mais il ne possède plus une condition physique optimale pour jouer au top niveau, les coups, toujours les coups…

Il quitte l’Espagne pour l’Autriche. C’est dans le Tyrol qu’il finit sa carrière de joueur, un championnat peu médiatisé où il peut se soigner en toute tranquillité…

Au milieu des années quatre-vingt-dix, il rechausse les crampons pour une rencontre avec Rosario Central, il marque face à Newell’s, mais la fête est gâché par le coach et les supporteurs d’ Old Boys qui ne veulent pas entendre parler d’un match en l’honneur du « tifon argentin », puis avec le club du Valencia, il score à trois reprises face au PSV Eindhoven…

 

 

 

 

 

Dans l’histoire face à Maradona et Messi

Diego Maradona et Lionel Messi on beaucoup du fait de leur succès atténué l’image de Mario Kempes, c’est une certitude. La modernité des médias à fortement contribuer aussi à altérer l’image d’ El Matador et de sa contribution au football à travers le temps.

Pourtant si l’Albiceleste éprouve autant de problèmes à être compétitive dans les différentes phases finales de Coupe du Monde et en Copa America, elle le doit un brin à Mario Kempes, le sauveur de la patrie. Les sélectionneurs défilent, les joueurs aussi, mais rien ne change. Les formations argentines se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Un jeu simple fait de passe pour remonter le terrain et approcher la surface de réparation adverse avec comme seule finalité de s’en remettre à l’exploit individuel du joueur vedette, Messi en l’occurrence.

Cette vision du jeu à marcher à deux reprises par le passé, alors jamais deux-cent trois, mais Lionel Messi n’est pas Diego Maradona, tout le monde le sait, mais il n’est pas n’ont plus Mario Kempes, ça, peux le savent…

 

 

 

 

 

 

Yves Alvarez

Yves Alvarez

16 Comments

  1. Ouh la, tu va t’attirer les foudres de tout bord de la part des acculturés pré-pubére, en avançant que, peut-être, Kempes serait meilleur que Messi, lol…

    En phase sur tout avec ta description du joueur et de son parcours. Le match qui résume le mieux Kempes est pour moi le match face à la Pologne du Mundial Argentino, ou il ouvre la marque d’une tête sublile sur un déplacement d’une rare intelligeance et ou il double la mise d’un crochet chirurgical pour fixer son défenseur à l’entrée de la surface…

    J’avais mater l’un de ses matchs face au Barça aussi, me souviens plus vraiment de l’année, Valencia avait gagné 4-2 avec une action de trés grande classe de Kempes qui s’était jouer de toute la défense catalane avant de conclure. Un crack !

    • J’ai vu et lu bien pire, sur un site d’information sportives, réputé, genre « Sport en direct.fr », à peu près cette phrase: « Luis Suarez, le plus grand joueur uruguayen de l’histoire, devant Diego Forlan ». J’ai tout de suite pensé à toi !

    • Je suis prêt à prendre les paris, si l’Argentine remporte la CM d’ici un an, je suis certain que Messi ne sera pour rien dans l’affaire, c’est l’équipe qui aura fait le job…..
      Il n’a jamais été capable de sublimé et de tirer ses coéquipiers vers le haut, certes, c’est une machine à buts, le meilleur dans cet exercice, mais ce n’est pas un créatif, là, est la différence avec les deux autres…

      • Humm, franchement, aucune chance que l’Argentine remporte la CM.
        T’as vu l’équipe? Et encore plus que les joueurs qui la composent, il y a un néant collectif ahurissant.
        On est vraiment dans une période très pauvre du football mondial, pourtant ça n’a jamais autant brassé du pognon, comme quoi…

        • Bien d’accord avec toi, quand je pense que certains pensent sincérement que l’arrivée de Sampaoli va les transformer, lol…

          2éme partie de ton com: tout à fait d’accord: La libéralisation du foot a provoquer un immense enrichissement économique, mais a provoquer un tel appauvrissement qualitatif, s’en est effrayant…

      • Je sais bien que l’Albiceleste ne fait peur à personne, mais sait-on jamais, le système a besoin de vendre Messi à n’importe quelle sauce, par contre, une débâcle est possible…

        • La roue peut tourner si vite, un an encore (que d’équipes, jadis, à s’être d’un coup sublimées…)… Maintenant, bon : avec une sélection construite pour et autour d’un joueur acculturé, lequel – facteur aggravant – pratique par affinités électives…

          Oui, on ne peut exclure un scénar genre Brésil 2014 : des coups de pouce pour tenir aussi longtemps que possible, et puis……….et puis tomber sur une formation institutionnelle, imbaisable…….et boum? L’Argentine aura toutefois déjà bien moins de pression que n’en eut le Brésil chez lui, déjà ça de pris!

  2. Pied gauche, pied droit… Malgré un physique avantageux, et même dans « l’arrache » : beaucoup de délicatesse……….et puis, oui : que de diversité, en effet…!!

    Intrinsèquement supérieur à un Messi? Eh bien ça ne me choque pas…

    Pour plupart des Européens (d’ailleurs souvent les mêmes qui, par exemple, sacraliseront sans réserve les plus institutionnelles dégueulasseries de formations telles « grand-Milan », « grand-Ajax », « grand-Barca » etc…), malheureusement : je crains que son souvenir ne reste longtemps encore embarrassé par certaines modalités du sacre mondial de 78…………

    J’oublie parfois son passage en Autriche, en fin de carrière (à ce propos : le First Vienna ce n’est pas n’importe quoi!)……….. A son instar et même époque, j’ai souvenir aussi de Hansi Müller, + un autre joueur illustre aussi (le nom me reviendra)…

  3. J’ai enfin le temps de commenter calmement cet article. Le problème numéro 1 de Kempes c’est sa WC 78. Il y a eu pression d’un célèbre secrétaire d’état US. La phase de groupe a été disons assez particulière lors du dénouement argentino-péruvien… reste la finale où il y a une élégance incontestable. On notera l’absence de Maradona visiblement pas nécessaire.

    Le problème c’est la WC 82 ( cependant le format était très inégalitaire quand on voit la gueule des groupes…) mais malgré tout c’est un grand échec. La cohabitation avec les jeunes pousses n’aura pas fonctionné. Il était pourtant encore relativement jeune…

    Après le comparer à Messi ou Maradona est , je pense , très difficile. Le réhabiliter n’est pas à remettre en cause. Toute personne connaissant un minimum le football ne peut que constater que le bougre a du talent. Mais détail à noter : sa modestie tel un Rensenbrink.

    Jeu de tête ? Batistuta c’est pas mal aussi dans le genre…

    Par contre pour être n’étant pas très fan de Messi je pense qu’il faudrait éviter de l’associer à Mario. Les footixs et autres fanatisés se rueraient pour défendre leur dieu. Et puis faut avoir du courage pour aller contextualiser les particularismes ( qui sont des qualités chez les joueurs d’exceptions) face à la froide mécanisation du jeu ( bien qu’en ayant du talent soyons honnêtes). D’ailleurs dans le débat Messi-Ronaldo bien que ne prenant pas parti , Ronaldo7 semble être un peu plus complet…

    • Je partage de A à Z ton dernier paragraphe…sauf un truc : évidemment qu’il faut bousculer les fanatisés dans leurs certitudes! ; et puis quoi encore :o)

      Batistuta, bien vu…mais bien vu aussi, Yves, pour cette espèce de spécificité argentine dans le jeu aérien, car réflexion faite…

      • Je n’ai plus le courage ( ni le temps)… On peut discuter avec des Alex des Magic des Yves ( quand on a la chance de les croiser) ou tout simplement des gens ouverts ( il y en a) mais écouter des braillements de fanatisés… a la limite pour d’autres sujets mais le foot… Bon rétablir quelques vérités de temps en temps pourquoi pas…

        Kempes c’était solide…

  4. « Lionel Messi n’est pas Diego Maradona, tout le monde le sait, mais il n’est pas n’ont plus Mario Kempes, ça, peux le savent… »
    Sujet polémique: et Di Stefano l’est-il ?
    Et Sivori, à quelle place ?
    En attendant un passionnant Top Argentine, à moins qu’ Alain s’y colle !

    • Di Stefano est dans le même style que Messi bien qu’organisateur du jeu, – attaquant pur pour Messi – ……..Même, style pour l’aspect répétitif tel un virtuose qui répète ses gammes, chaque jour qui passe, mais il n’y a pas l’étincelle…

      Di Stefano s’est raté en sélection avec l’Argentine et l’Espagne, ce n’est pas le fruit du hasard…Il en est de même pour Messi, peu importe si Adidas le pousse à établir le record du meilleur marqueur, il ne sert à rien…

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